<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417</id><updated>2012-01-29T19:26:34.243+01:00</updated><category term='humanité'/><category term='foi'/><category term='croyance'/><category term='institution'/><category term='valeur'/><category term='société'/><category term='karma'/><category term='comportement'/><category term='emploi'/><category term='psychologie'/><category term='mantra'/><category term='relations internationales'/><category term='pensée unique'/><category term='chômage'/><category term='trésor'/><category term='diplomatie'/><category term='action'/><category term='ANPE'/><category term='philosophie'/><category term='attitude'/><category term='rhétorique'/><category term='révolution'/><category term='sagesse'/><category term='alimentation'/><category term='radio'/><category term='Internet'/><category term='illusions'/><category term='argent'/><category term='conscience'/><category term='bouddha'/><category term='daimoku'/><category term='actualité'/><category term='culture'/><category term='justice'/><category term='télévision'/><category term='sociologie'/><category term='communication'/><category term='commerce'/><category term='démocratie'/><category term='représentation'/><category term='profession'/><category term='médias'/><category term='décision'/><category term='jeunesse'/><category term='bouddhisme'/><category term='magie'/><category term='politique'/><category term='compréhension'/><category term='prière'/><category term='travail'/><category term='éveil'/><title type='text'>éveil aux valeurs humaines</title><subtitle type='html'>L'éveil, c'est pour vous, c'est pour moi... c'est pour tout le monde</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>30</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-1944792154614075406</id><published>2011-06-05T19:23:00.003+02:00</published><updated>2011-10-04T19:34:27.022+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='psychologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='révolution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='humanité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='médias'/><title type='text'>| Une vague de super-héros pour une génération d'impuissants |</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Le cinéma est un révélateur puissant de l'état d'esprit des populations.&lt;/span&gt; Les attentes, les frustrations, les manques, les vides sociologiques et idéologiques sont bien souvent représentés et assouvis par des films, des séries, des spectacles dans une société mondialisée complètement communicante. Le formidable développement du numérique et des réseaux, du partage des données, licite ou illicite, ont contribuer à la construction d'un panorama visible qui embrasse l'ensemble de la planète et permet à qui aime observer de voir évoluer le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;En regardant les blockbusters et les best-sellers qui forment l'essentiel de la consommation culturelle mondiale&lt;/span&gt;, la vision est frappante. Que ce soit dans le monde occidental ou dans "l'autre", il serait impossible de ne pas voir l'émergence d'une nouvelle mythologie fondée sur le culte du super-héros. Ce dernier, autrefois figure réservée aux initiés, aux "geeks", ou au travers de figures des arts martiaux, aux spécialistes du genre. Le super-héros est le personnage de référence. Tour à tour vampire immortel et invincible, personnage mythique de l'Antiquité remis au goût du jour, héros de bandes-dessinées des années 30, 50 ou 70, maître des arts occultes, champion de la médiumnité, ou encore expert des arts martiaux, le super-héros et sa contre-partie aux atours féminins mais aux attributs typiquement virils, sont de retour sur tous les écrans et dans tous les romans de fort tirage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Le super-héros n'est pas nouveau.&lt;/span&gt; C'est la force de son omniprésence, ainsi que la mondialisation de son impact. Quel que soit la culture, la société, ou la région du monde, les nouveaux héros de film et de romans sont doté(e)s de pouvoirs surnaturels, de capacités hors du commun, d'attributs autrefois exclusifs de la divinité. Ils sont invincibles, résistants à la souffrance et aux blessures, capables de surmonter toutes les difficultés et pour beaucoup totalement immunisés à la mort. Nul doute que ce type de héros aie toujours eu un écho au sein d'une population jeune, mal intégrée dans une société ayant le culte de la santé, du sport, du combat physique, et de l'esprit de compétition. Et il était prévisible que ces lectures d'adolescence aient un impact sur la production littéraire et audiovisuel, deux générations plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il y a là un problème. &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Le super-héros n'est pas un phénomène de mode.&lt;/span&gt; Si des éditeurs comme Marvel, ou DC Comics ont diversifié leurs activités dès la fin des années 80, ce n'est pas pour autant que les super-héros ont envahit les écrans, ni les romans. Il aura fallu attendre la première décennie du vingt et unième siècle pour voir les super-héros crever l'écran et occuper la quasi-totalité des espaces culturels de grande consommation aussi bien pour les enfants, que les ados ou les adultes. Les super-héros sont partout et se multiplient comme des lapins. Il suffit de regarder la programmation des cinémas ou les tables des sorties récentes dans les librairies de chaînes pour se rendre compte de l'évidence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Alors quelle attente cette abondance de super-héros comble-t-elle ?&lt;/span&gt; Loin de toucher un public ciblé, la nouvelle vague des super-héros semble embrasser la totalité de la population en âge de lire ou d'aller au cinéma. Et comme toujours dans un effort marketing, il est montré au public ce qu'il attend et ce qui satisfait sa frustration. Si la puissance des super-héros est immense, elle est à la mesure de l'impuissance du public qui enchaîne les films et les lectures. Nous sommes bien et bel face à une génération entière d'impuissants en manque de pouvoir, de projet, d'espoir, de force, de vitalité. Il y a dix ans, les jeux vidéos étaient l'exutoire de référence pour cette immense frustration qu'engendre une société à forte dominante capitaliste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Aujourd'hui, l'ensemble des populations asservies, désincarnées, dépourvues de rêves propres, &lt;/span&gt;déshumanisées et complètement déconnectées de leurs potentiels provoquent un appel d'air dans lequel s'engouffrent les producteurs et éditeurs de produits de divertissement. Et ces divertissements s'articulent sur le sentiment général d'impuissance : politique, sociale, familiale, individuelle ou collective. Le super-héros vient combler ce décalage, offrant au regard du spectateur le modèle de l'invincibilité et de l'immortalité qu'il ne pourra jamais atteindre mais qu'il appelle de ses vœux. Cette nouvelle mythologie qui envahit les écrans et les livres supplante des religions moribondes, brouille des croyances antiques et perturbe davantage l'équilibre intérieur des individus. Car aussitôt le spectacle triomphant terminé, il faut vite en trouver un autre identique ou approchant pour renouveler l'expérience et perpétuer l'illusion de puissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Ce nouveau culte des super-héros se bâtit&lt;/span&gt; au travers de l'exploitation de licences de BD, de remakes de vieux films de série B, de séries empruntées à la littérature de genre si longtemps méprisée, ou encore de romans qui 30 ans plus tôt seraient publiés au rayon de la littérature de gare. Dans un monde sans Dieu et sans dieux, les super-héros pullulent, se reproduisent à l'infini, offrant de multiples facettes auxquelles se raccrocher et réaliser sont transfert psychologique. Mais leur statut presque divin interdit aux simples mortels que nous sommes de les égaler, ni même de les sublimer. Faute du recul qu'apporte la culture au sens traditionnel du terme et surtout faute de maturité dans une société de l'esclavage mental permanent, le culte du super-héros accentue l'impuissance et condamne les individus à la consommation régulière, telle une drogue culturelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Les super-héros d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec ceux des années 70.&lt;/span&gt; Bien que faisant référence à la pulp culture, ou à la littérature de genre ou encore aux comics américains, les super-héros qui fleurissent sur les écrans et dans les best-sellers sont essentiellement des substituts stériles, dépourvus d'histoire, de personnalité, de particularismes qui faisaient leur efficacité. Les super-héros de maintenant sont lisses, "streamlined", correspondant à des critères marketing afin de plaire à tous, de générer un maximum d'adhésion et éventuellement un bon nombre de produits dérivés. Ils sont comme des poupées ou des figurines portés à l'écran ou intégrés dans des histoires romancées. En cela ils ressemblent au fast-food, tout est dans la pub, rien dans l'assiette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Il est à craindre que cette multiplication de super-héros qu'ils soient antiques, modernes, fantastiques ou réalistes ne soit le signe d'une période de régression sociale&lt;/span&gt;, d'amoindrissement des personnalités individuelles et de compensation psychologique d'une forme d'esclavage radicale et entièrement nouvelle. Cette nouvelle forme d'esclavage a souvent été évoquée dans nombre de romans de SF du vingtième siècle et dans quelques œuvres  de premier plan de la littérature classique. Comble de l'absurde, elle est ouvertement décriée dans ces mêmes romans et comics qui sont aujourd'hui devenus des spectacles d'effets spéciaux et des best-sellers contemporains.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-1944792154614075406?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/1944792154614075406/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=1944792154614075406' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1944792154614075406'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1944792154614075406'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2011/06/une-vague-de-super-heros-pour-une.html' title='| Une vague de super-héros pour une génération d&apos;impuissants |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-1390888540899454778</id><published>2009-12-03T12:50:00.002+01:00</published><updated>2009-12-03T12:53:30.479+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='action'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='révolution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sociologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sagesse'/><title type='text'>| Se changer pour changer le monde |</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Changer la société en commençant par se changer soi-même...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'idée est séduisante mais purement Socratique. La liberté d'action ou de pensée ne suffisent pas, d'autant qu'elles ne sont que des vues de l'esprit, ou plutôt le fait d'interprétations personnelles et relatives. Ce qui manque dans la proposition de changement personnel, ou de révolution intérieure, c'est le modèle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Qu'il soit ancien, adapté ou nouveau, c'est le modèle que cherchent tous ceux et celles qui désirent le changement.&lt;/span&gt; Il ne s'agit pas simplement de changer (le mécanisme) mais aussi de passer d'une forme à une autre, de changer vers quelque chose d'autre (la transformation). Et si l'exemplarité personnelle est un facteur incitatif du changement, il ne peut être force de loi par le fait de sa singularité. Plus simplement, ce qui est bon pour moi ne l'est pas nécessairement pour les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;le changement est à l'origine de la fabrication de l'espace et de la dynamique politiques&lt;/span&gt;, c'est sur les modèles et sur les contre-modèles que tout le monde se casse les dents : les politiciens, les philosophes, les sociologues, les intellectuels de toutes sortes, les idéologues et les oracles post-modernes. On ne produit que des fictions ou des interprétations limitées par les conceptions individuelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Jusque ici, on s'est servit de l'utopie et/ou de l'histoire pour fabriquer l'avenir&lt;/span&gt; souvent de manière mutuellement exclusive, l'un contre l'autre. Cette oscillation constante entre l'idéalisme (fiction du futur) et le matérialisme (interprétation du passé) n'a débouché que sur des révolutions factices, où une élite a remplacé une autre élite dans un schéma pyramidal qui confine au Moyen-Âge féodal. Et le plus souvent, ces déplacements de puissance se sont fait dans le sang et les larmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Car changer soi-même pour changer la société, c'est aussi changer pour changer les autres. &lt;/span&gt;Pourquoi vouloir changer les autres ? Pourquoi vouloir façonner la société à notre idée tout à fait personnelle ? N'y a-t-il pas là un antagonisme irréductible qui ne peut déboucher que sur la confrontation et la violence ? Ne faut-il pas repenser la notion même de changement à l'aune de cette nouvelle ère des flux et de la liquéfaction des relations humaines.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;&lt;br /&gt;Les frontières s'effacent, les identités se dissolvent,&lt;/span&gt; les cadres sont polymorphes et les représentations sociales deviennent protéiformes. Le tout s'opère de manière conjuguée à l'échelle planétaire provoquant toutes sortes de réactions spontanées et imprévues. Dans un tel monde, le passé et le futur deviennent des notions floues, indiscernables, vagues, susceptibles d'être modifiés par nos perceptions et nos projets.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;&lt;br /&gt;Le changement serait donc une constante, pas un projet.&lt;/span&gt; Et le projet serait une activité à la fois dirigée et instable. Il serait à écrire au quotidien en l'enrichissant de tous les échanges et du renouvellement. Il serait le produit de l'individu tout autant que de son dialogue régulier avec les autres. Peut-être est-ce cela le modèle de société pour l'avenir : réécrire tous les jours son identité, son projet existentiel, son histoire personnelle. Et par là réussir, non à changer le monde, mais à accepter les transformations du monde plutôt que de tenter vainement de résister au courant des métamorphoses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Une telle conception ne reposera plus seulement sur la production et la recherche de modèles, mais surtout sur l'usage et l'échange. &lt;/span&gt;Elle suppose une réelle prise de conscience des données présentes, sans trop s'attacher à des rêveries futures et hypothétiques et en résistant modérément au poids des souvenirs et de l'histoire. Elle nécessite donc la combinaison de deux vertus : l'honnêteté et la responsabilité. Et bien qu'elles soient souvent absentes de notre milieu quotidien, ces vertus ne sont ni abstraites, ni symboliques. L'honnêteté comme la responsabilité sont des attitudes fondées sur une perception personnelle et intime. N'est-ce pas là le début d'une révolution intérieure ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-1390888540899454778?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/1390888540899454778/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=1390888540899454778' title='60 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1390888540899454778'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1390888540899454778'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/12/se-changer-pour-changer-le-monde.html' title='| Se changer pour changer le monde |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>60</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-731483506210522985</id><published>2009-08-23T11:22:00.001+02:00</published><updated>2009-08-23T11:24:18.208+02:00</updated><title type='text'>| La société de l'irréductible retard |</title><content type='html'>Lewis Caroll décrivait dans Alice aux pays des merveilles, un lapin à la fois étrange et familier. Ce lapin blanc est obsédé par le temps et est constamment en retard. Il passe le plus clair de ces apparitions à répéter qu'il est retard, qu'il est trop tard, que le moment est déjà passé. Bien souvent, en regardant autour de moi, j'ai la saisissante impression que Lewis Caroll décrivait ainsi et prophétiquement le devenir du monde moderne, et après lui, la société occidentale post-moderniste dans laquelle nous essayons tous de vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tous les efforts déployés par les médias, les journalistes et la technologie de l'information pour raccourcir le délai entre le fait et sa relation au public, le retard reste irréductible et tout ce que nous voyons à la télé ou dans les journaux, ou même sur Internet appartient au passé au moment même où nous en prenons conscience. La radio reste le seul outil d'information en direct, en temps réel. Pourtant malgré l'engouement qu'elle connaît à nouveau, ce ne sont pas les programmes d'information en temps réel qui sont les plus prisés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors même que le retard est perçu comme un handicap, voire comme une condition impolie et méprisable par notre société, il est totalement accepté quand il s'agit de ce que nous percevons de la réalité du quotidien. Et cette culture du retard semble avoir envahie la totalité de nos activités humaines au point que toute forme d'anticipation ou de prospective est considérée comme une absurdité et ressentie comme un risque. Personne n'aime les retards, ni être en retard, mais tout le monde se méfie des projections et des promesses de lendemains meilleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le lapin d'Alice, le nez rivé à la montre, nous poursuivons notre course folle à travers notre propre vie en ne considérant que le passé comme certitude et le retard comme une condition naturelle de la marche de l'univers. Ainsi, nous acceptons, tous, qu'il est déjà trop tard, que nous avons manqué le train et qu'il faut maintenant s'en accommoder et réagir en conséquence. C'est trop tard, alors tant pis. Passons à autre chose. Résignés et gagnés par les regrets, nous regardons avec nostalgie les hypothétiques solutions que nous aurions pu trouver pour des problèmes du passé et qui auraient, sans nuls doutes, changé, pour le meilleur, notre présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette disposition pour le retard porte une autre caractéristique en elle. Celle de l'érosion rapide, voire de la désintégration de l'espoir. A force de voir très bien ce que l'on a raté, ce que l'on n'a pas su régler à temps, il nous vient ce sentiment diffus et croissant, années après années, qu'il n'y a pas de moyen de faire les choses à temps. En dépit de nos efforts, souvent courageux, rien n'y fait, il est déjà trop tard. Aucune solution ne semble possible. Aucun projet ne va aboutir. Ce fatalisme invisible et souvent inconscient nous détourne de notre capacité toute simple à changer les choses dans le couple, dans la famille, dans le village ou le quartier. Par extension, il nous coupe de toute volonté de changer la société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une telle disposition d'esprit, je trouve logique, bien que totalement irrationnelle, l'obsession du lapin pour sa montre. Et il en va de même pour tout le reste dans notre monde apparemment réel, sérieux et rationnel. Tout le monde est obsédé par le temps, les délais, les plannings, les échéances... Et par là même, les dépassements, les retards, les ratages et les manquements se multiplient par légions plongeant notre petit univers rationnel dans le chaos et l'anarchie. D'ailleurs la crise financière actuelle n'est pas le fait de mauvais placements, ni d'une mauvaise anticipation des risques. Elle est essentiellement due à un problème de retards répétés et en chaînes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les banques ont prêté trop tôt à des familles et des couples qui étaient en retard dans la consolidation de leur situation financière, puis qui se sont retrouvés en retard pour rembourser les échéances. Les investisseurs ont demandé trop tôt aux banques des bénéfices sur ces prêts et ces dernières n'étaient plus capables de générer les fonds nécessaires dans les temps demandés. Et d'un même mouvement, tout le monde s'est mis à exiger d'être payé sans délai des sommes imparties. Manquant de temps pour trouver des solutions et mettre en œuvre des mécanismes pour reconstituer des pertes et étaler les paiements, tous les acteurs économiques se sont volontairement mis dans une situation de crise. D'un moment à l'autre, tout le monde a décidé qu'il était trop tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet enchaînement est typique de toutes les crises. Mais ce qui reste inconscient c'est le processus. Tout le monde, comme le lapin blanc, pense que c'est la faute de la montre qui tourne trop vite et qui ne nous laisse pas assez de temps ou bien qui souligne la perte de notre temps précieux. Personne ne pense : « mais au fait, c'est moi qui décide si j'ai assez de temps ou non ! » Personne ne dit cela car suspendre le temps équivaut à considérer le présent et à remettre en question tout le dispositif de retards accumulés que nous croyons être notre vie. Et s'il faut choisir entre une remise en question pleine d'interrogations et la poursuite de notre situation acquise et familière, la balance penche toujours vers ce que l'on connaît déjà, aussi inconfortable que cette dernière puisse être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En manquant de temps, nous bénéficions d'un passé stable et identifié. Le retard, bien que réprouvé en apparence, nous console et nous réconforte. Car quand il est trop tard, il n'y a plus de choix à faire et nous sommes enfin débarrassés de la responsabilité de notre situation. Nous pouvons dès lors nous noyer dans nos chagrins, nous envelopper de nos regrets et nous plaindre ad nauseam de notre triste sort. Finie la recherche de solutions, terminé le combat quotidien pour faire avancer les choses. Tout espoir devient inutile et ce n'est pas notre faute. Il est juste trop tard et c'est ça la vie. On y peut rien. Alors passons à autre chose... La boucle est bouclée. La montre marque à nouveau minuit, une nouvelle journée peut se mettre en marche, toujours dominée par l'irréductible retard.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-731483506210522985?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/731483506210522985/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=731483506210522985' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/731483506210522985'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/731483506210522985'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/08/la-societe-de-lirreductible-retard.html' title='| La société de l&apos;irréductible retard |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-1188013497442335540</id><published>2009-08-16T21:22:00.003+02:00</published><updated>2009-08-17T15:13:48.250+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='valeur'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophie'/><title type='text'>| Les fidèles et les traîtres, un nouveau paradigme moral |</title><content type='html'>La légende veut que le vieux Malraux ai dit un truc du genre : « le 21 siècle sera spirituel ou ne sera pas ». Désolé André, mais le 21e siècle est là et la spiritualité n'est pas au rendez-vous, loin de là. En revanche, intégrismes, sectes, clubs, initiés, cercles, gourous et délires mystiques sont légions. Ils touchent toutes les couches de la population, toutes les cultures, toutes les classes sociales. Portés par les peoples, icônes païennes modernes, les croyances du 21e siècle sont un vaste fatras incompréhensible et nébuleux pareil à une bouillie d'éléments incompatibles entre eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, un schéma de pensée, ou plutôt une articulation culturelle se dégage de ce carnaval bigarré. Si autrefois, la morale et l'éthique construites par les religions et les spiritualités tentaient de séparer le monde entre bien et mal, aujourd'hui le paradigme à changé et désormais, le monde se divisera entre les fidèles et les traîtres. Car la démarcation entre le bien et le mal est devenu si floue, si imperceptible, que ce dualisme n'est plus qu'une donnée relative relevant de la seule sensibilité individuelle. Il est donc plus simple de diviser le monde entre ceux qui sont pour moi et ceux qui sont contre moi, cette dernière catégorie regroupant tous ceux qui ne sont pas pour moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce curieux clivage, relevant de l'appropriation des relations interpersonnelles par les enfants en pleine phase de socialisation, se révèle dans l'ensemble des liens qui unissent les individus dans les sociétés industrielles contemporaines. Que ce soit dans les relations amoureuses ou amicales, dans les relations de travail entre collaborateurs ou bien partenaires, dans les relations sociales entre voisins, citoyens, électeurs, militants, représentants, fonctionnaires... Ce qui relevait autrefois d'un serment institutionnel propre à des corps constitués comme les églises, les ordres de chevalerie ou de magistrats s'étend aujourd'hui à l'ensemble de la société, comme si le fait d'être né quelque part et d'entretenir des liens avec les individus de son environnement immédiat nous obligeaient ipso facto.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce clivage entre le fidèle et le traître est particulièrement visible dans les environnements politiques et les mouvements religieux. La similitude entre les deux sphères est telle qu'il est souvent difficile de les différencier tant elles s'appuient toutes deux sur les cultes de personnalités, l'adhésion inconditionnelle et la croyance indiscutable en des dogmes souvent difficiles à étayer d'une argumentation sans failles. Et grâce à ce clivage, il devient aisé de reconnaître « les siens » et de marginaliser « les autres ». Tous ceux et celles qui de voue pas le culte, n'adhère pas inconditionnellement et de démontre pas une croyance indiscutable sont des traîtres ou soupçonnés de le devenir dans un avenir plus ou moins proche. Et dans une telle démarche, le soupçon équivaut à la culpabilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fidèle est donc celui qui cultive le respect et l'adoration du personnage central. Dans l'entreprise, ce sera le supérieur hiérarchique au plus haut niveau visible. Dans le parti, ce sera le président ou le secrétaire général. Dans l'église ce sera le dignitaire qui gravite au plus près du pape ou de son équivalent. Le fidèle n'aura pas d'autre préoccupation que de travailler à garantir les intérêts de son maître, qu'il désignera sous des vocables plus consensuels et moins tranchés comme mentor ou personnalité auxquels il apposera les qualificatif de respectable, estimable, admirable...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fidèle est aussi celui qui fera preuve d'une adhésion inconditionnelle aux directions de l'organisation et de ses dirigeants. Pièce de la machine institutionnelle, le fidèle sait qu'il a son rôle à jouer et bien que mineur, voire insignifiant aux yeux des « autres », il est essentiel à l'accomplissement du projet de l'organisation et de ses dirigeants. La position subalterne est magnifiée, gonflée artificiellement par une rhétorique de l'effort invisible, de la récompense inéluctable mais différée, de la fierté discrète mais réconfortante. Le fidèle est sûr de l'impact de son action car il est investit d'une mission.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin le fidèle est celui qui ne perd pas de temps à remettre en question les dogmes de l'organisation, ni l'autorité de ses dirigeants, et ce quelles que soient les conditions, les erreurs manifestes ou les entorses manifestes au plus élémentaire sens commun. Pour faire la démonstration de son attachement aux dogmes, le fidèle s'en fait le porte-parole, souvent spontanément, sans besoin d'ordre de la part de la direction. Il calque son comportement et sa posture intellectuelle sur ces dogmes et les faits siens. Il démontre ainsi son dévouement et sa fidélité. Et par la même, il affirme sa profession de foi sans jamais émettre la moindre contestation sur la validité de ce qu'il affirme haut et fort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fidèle est donc admirable par son courage, par son abnégation, par les efforts spontanés qu'il déploie et par le sens du dévouement dont il fait preuve. Il est un militant fiable, un bon élément, un collaborateur digne de confiance, un pratiquant assidu, un membre motivé... Autant de qualificatifs qui le caractérisent et lui donnent les lettres de noblesse et de reconnaissance qu'il recherche pour combler le vide sidéral qui était sa vie avant de rencontrer la voie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le traître est tout le contraire, et par extension tout le reste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le traître refuse d'obéir à l'ordre naturel des choses. Il préfère stupidement s'opposer à ce qui est pourtant accepté par les fidèles. Son attitude déraisonnable et défiante est intolérable et provoque des souffrances qu'il faut éviter aux fidèles. En refusant le culte du chef, il démontre un manque total de discernement et son ignorance des choses de ce monde. Il est donc arrogant, négatif et vindicatif. Il ne peut comprendre la grandeur du chef, de la personnalité, du dignitaire car il est trop absorbé par sa propre personne, par son égoïsme et sa passion narcissique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En contestant les conditions d'adhésion, le traître fait déjà la preuve de sa mauvaise foi et de sa fourberie. Il remet en question les termes mêmes du contrat social, des dispositions admises par le plus grand nombre et tente de fissurer l'ordre social. Car le traître souhaite rompre l'harmonie des fidèles et faire régner l'anarchie, le désordre, le chaos. Sa stratégie n'a d'autre but que de prendre le pouvoir et de renverser l'autorité. Alors il cherche les failles dans l'adhésion des fidèles et tente ainsi de corrompre le lien presque sacré qui unit les fidèles et le corps constitué, l'institution. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin le traître ne peut comprendre la foi. Celle-ci lui est étrangère parce qu'il est incapable de surmonter la barrière de l'intellect, de l'esprit petit-bourgeois, d'un matérialisme qui empêche de voir grand, de voir plus loin que sa propre vision, plus loin que son petit ego. Le traître n'a donc aucun respect pour les articles et la profession du dogme. Pire, il les remet en question, les discutent de manière historique et factuelle, occulte la dimension symbolique et l'idéal, et ramène la croyance à une affaire triviale, dégradante, basse. Car le traître ne sait que poser des questions biaisées, que proférer des critiques infondées car dénuées de convictions profondes. Il n'a aucune morale et cherche à pervertir l'éthique qui forme le socle de comportement des fidèles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le traître est par essence détestable et méprisable. Sans foi, ni fidélité, il n'a pas d'identité et encore moins de valeur pour l'institution, pour le courant, pour le mouvement. Il est un parasite dont il faut se défendre, qu'il faut chasser faute de quoi, il sera telle une pomme pourrie dans le panier. Le traître ne mérite ni la confiance, ni la sympathie, car il ignore la réciprocité et la modestie. Sa marque est celle de la contestation stérile et de la sournoiserie la plus vile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le traître et le fidèle sont les deux stéréoptypes de la nouvelle morale contemporaine que l'on dit libérale, mais qui n'a rien de libéral. Ils forment les deux modèles de comportement dictés par les tenants d'une éthique aveugle qui ne tient compte que des fins au détriment des moyens. Et cette éthique, mue par la rapacité et le gain individuel maximal, ne peut s'encombrer de notions comme le bien et le mal qui ne permettent pas de classifications simples et tranchées comme celles du traître et du fidèle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 21e siècle est celui de la disparition du bien et du mal et de leur remplacement par la fidélité et la trahison, deux valeurs présentes dans tous les grands courants religieux et idéologiques de la planète. Mais faute d'un culte de la pertinence et d'une pratique concrète de l'éveil, cette culture dualiste de la fidélité et de la trahison nous fera sombrer dans une longue période de terreur et d'obscurité comme nous en avons déjà connues dans l'histoire humaine.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-1188013497442335540?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/1188013497442335540/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=1188013497442335540' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1188013497442335540'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1188013497442335540'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/08/les-fideles-et-les-traitres-un-nouveau.html' title='| Les fidèles et les traîtres, un nouveau paradigme moral |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-2609636292140201066</id><published>2009-08-14T12:06:00.002+02:00</published><updated>2009-08-16T21:22:01.877+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='action'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='humanité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sagesse'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='comportement'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='conscience'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='politique'/><title type='text'>| Conscience planétaire et responsabilité sociale individuelle |</title><content type='html'>Où que nous regardions : cynisme, impunité, démagogie et exploitation des plus faibles par les plus féroces. Où que nous regardions, la réalité nous fait horreur. Mais devant tant d'exactions, de souffrances et de choses effroyables, que faire ? Que peut l'individu seul face à la misère, à la violence, à la cupidité ? Faire groupe ? S'unir ? Comment ? Personne ne veut entendre de discours de solidarité, de sacrifices supplémentaires, de concessions... Et puis que veux dire société aujourd'hui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui n'ont rien voudraient que ceux qui ont quelque chose fassent quelque chose. Mais ceux à qui il reste encore quelque chose à perdre n'osent pas se dresser contre ceux qui  ont tout, qui ne craignent rien ni personne tant ils sont protégés par le droit qu'ils ont fabriqué, par les lois qu'ils ont édictées, par les armées qu'ils ont dressées à obéir et par l'absence de merci et de compassion dont ils savent parfaitement faire usage. Alors plutôt que de s'opposer, de se révolter ou de résister, ceux qui ont encore quelque chose à perdre, se taisent, regardent de l'autre côté, et courbent l'échine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre époque est celle de la conscience planétaire. Des satellites balayent chaque parcelle du sol. Des caméras sont intégrées dans des millions de téléphones portables. Des câbles et des ondes relient les populations qui bénéficient de l'électricité. Ceux qui ont encore quelque chose à perdre ne peuvent pas ignorer ce qui se passe de l'autre côté de la véritable ligne de démarcation de la fracture numérique : celle qui sépare les pays occidentalisés des autres, de tous les autres. Au travers d'innombrables canaux de diffusion, l'Occident reçoit les images terrifiantes de l'autre monde. Et ces images terrifiantes rappellent à tous ce qui arrive à ceux qui ont tout perdu, à ceux qui n'ont plus rien...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu de gens, en Occident, mesurent les réalités de ceux qui vivent dans l'autre monde. Il n'est pas facile de s'imaginer un lieu sans électricité, sans eau, sans chauffage, sans trottoir, sans téléphone, sans courrier... Et encore moins un lieu sans commerces, sans institutions, sans hôpital, sans police, sans pompiers, sans lois, sans travail, sans argent... Car c'est cela l'autre monde, un univers sans société. Personne ne peut se l'imaginer, ni se le représenter. Aucun film, aucune photo, aucun témoignage ne saurait donner la mesure de ces enfers. Tout ce que nous avons, ce sont des mises en scène froides, calculées, destinées à déclencher telle ou telle réaction, émotion, intention. Qui pour signer une pétition. Qui pour envoyer de l'argent. Qui pour être rappelé à l'ordre. Qui pour satisfaire une curiosité morbide...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il apparaît donc que nous ne savons rien en dépit de l'extraordinaire déploiement de moyens de communication. Il apparaît aussi que nous ne pouvons rien car incapables de nous fédérer, de faire preuve d'un minimum de solidarité, nous ne pouvons que nous présenter individuellement face à ces désastres humains, sociaux et politiques. Et seuls, nous sommes impuissants, démunis et honteux. C'est ce dernier sentiment que combattent certains d'entre nous en rappelant que la vie n'est pas un épisode de dessin animé pour enfants, qu'elle n'est pas un conte de fées... Et qu'il est grand temps de se réveiller et de prendre conscience de la réalité (horrible) du monde. Il faut même l'accepter comme inévitable...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde n'est pas peuplé de bisounours. Mais il n'est pas peuplé de monstres non plus. Et ceux qui voudraient nous présenter un monde cruel, méchant et impitoyable tentent de cacher une réalité pourtant simple. En s'éveillant à cette réalité, il nous serait possible de prendre l'initiative et de bâtir un nouveau monde. En nous éveillant à cette réalité, que l'on tente par tous les moyens de nous faire ignorer, il nous serait possible d'agir individuellement et collectivement de manière efficace. Cette réalité que l'on occulte n'est pas ancienne et sa force va croissant depuis près d'un siècle. Cette réalité, ce secret que les puissants tentent de bâillonner, c'est le nombre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrefois, aux temps où les populations étaient rares et éparses, l'adage voulait que ce soit l'union qui fit la force. Et pendant des siècles tous les pouvoirs ont employé cet adage pour asseoir et maintenir leur pouvoir. Les rapports de force étaient entretenus entre les groupes les plus puissants. Mais avec l'explosion démographique et la mondialisation de la conscience, le paradigme a complètement changé. Avec une population de six milliards d'êtres humains, l'union est devenue impossible. Même avec les meilleurs moyens de communication du monde, l'union est impraticable. Et par le même principe, régner devient impraticable. Trop de différences, de caractéristiques spécifiques, de particularités séparent les individus et échappent aux tentatives d'homogénéisation du marketing, de la politique ou des intégrismes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nombre est trop grand. Et non seulement il est trop grand mais il suffit aujourd'hui d'une fraction de ce nombre pour accomplir ce qui demandait une mobilisation mondiale il y a seulement cinquante ans. Et ce sont ces fractions qui sont devenues déterminantes dans tous les rapports de forces, dans tous les affrontements, dans toutes les négociations. Devant des nombres incontrôlables et difficilement réductibles, les détenteurs de puissance sont obligés de mener des campagnes de terreur afin de paralyser les populations. En maintenant une fraction importante de son propre groupe dans un régime de peur, il est possible de maintenir une population entière sous contrôle. Mais cela n'est vraiment efficace que si le monde entier applique le même régime. Or c'est également devenu impossible. Il y a toujours des groupes plus libres, moins terrifiés, moins sujets à la pression du marketing de la peur, voire enclins à défier le pouvoir en place...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nombre est démesuré et cela ne va qu'en augmentant. Neuf milliards d'individus dans trente ans. Un défi sans mesure à la volonté de contrôle des puissants sur le reste du monde. Un défi et peut-être même une gageure. Car le déploiement des moyens nécessaires pour contrôler une telle population dans un nombre aussi grand, dans une diversité de langues et de cultures aussi variée, sur une étendue géographique totale expose les tyrans à la multiplication des erreurs d'appréciation, à l'extension des poches de résistance, des zones et des phénomènes incontrôlables et incontrôlés. Ainsi Internet, autrefois réseau militaire et scientifique, que l'on croyait transformer en réseau commercial, échappe à tout contrôle. Et plus on essaye de le contrôler et plus les tentatives échouent, s'inversent et produisent des effets indésirables de désordre incontrôlable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le nombre est le nouveau paradigme du 21e siècle et probablement du 3e millénaire. Le nombre n'est pas un groupe. Il est accumulation. Le nombre n'est pas une force. Il est la réalité qui sous-tend toutes les forces. Et chacun de nous fait partie du nombre, non comme une parcelle, un fragment ou un élément secondaire... Chacun de nous est le nombre. A la manière d'une cellule du corps humain, nous pouvons agir selon des comportements très variés au sein du nombre. Nous pouvons être bénéfique(s) ou bien nocif(s). Le nombre pourra alors nous accepter ou nous combattre. Un cancer commence toujours par la mutation d'une seule cellule. De même qu'un enfant a pour origine une seule cellule. Et ainsi chacun de nous a une influence certaine sur le nombre. Prendre conscience de cette influence, c'est déjà accepter notre responsabilité sociale individuelle. Et c'est sur cette responsabilité sociale individuelle que doit se bâtir notre action au sein du nombre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne sommes ni seuls, ni isolés, ni fondamentalement différents. Nous pouvons agir sur notre monde en tirant parti du nombre, en diffusant notre message autour de nous, en faisant preuve d'influence, si modeste soit-elle. En nombre suffisant, notre influence devient une force invincible. Nous n'avons pas besoin d'adhérer à un parti, à une cause, à une religion ou à une idéologie pour construire ensemble un projet, que ce soit pour tracer une route, pour planter des arbres ou pour acheminer de l'eau. C'est le nombre qui a toujours été le ciment pour toutes les réalisations humaines. Et si autrefois, le nombre était restreint et l'économie fondée sur la rareté, aujourd'hui le nombre est colossal et l'économie pourrait parfaitement être fondée sur l'abondance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moins de 3% de la population détient plus de 80% des richesses de la planète. Ils sont peu nombreux, isolés et perdent de plus en plus le contrôle du monde. Ils n'ont pas besoin de toute la population mondiale pour se maintenir au sommet de la pyramide qu'ils ont construite. Ils en font la démonstration depuis longtemps en utilisant seulement une fraction relativement faible en nombre. C'est à cette fraction qu'il faut maintenant s'attaquer. Non en la détruisant comme le revendiquent les extrémistes de tous poils. Car elle sera aussitôt remplacée par une autre génération, plus jeune et bien plus docile. Mais en lui faisant prendre conscience de son rôle et en l'aidant à enrayer la machine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est par la pédagogie et par une prise de conscience morale que nous pouvons toucher cette fraction. Au travers des écrans qu'elle regarde, des téléphones portables dont elle se fait l'apôtre, des ordinateurs et des outils informatique qu'elle croit maîtriser, nous pouvons toucher cette fraction et lui dire notre message. Si cette fraction vacille, c'est tout l'empire qui tremble. Et si cette fraction cesse de travailler pour ceux qui ont tout, l'empire mondial s'écroulera. Il suffira de cesser le travail pendant quelques jours seulement... Seulement quelques jours et ce sera fini... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais alors qui sont ceux et celles qui forment cette fraction du nombre qui enrichit les plus riches et les maintient au pouvoir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est moi. C'est vous. C'est nous.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-2609636292140201066?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/2609636292140201066/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=2609636292140201066' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/2609636292140201066'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/2609636292140201066'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/08/conscience-planetaire-et-responsabilite.html' title='| Conscience planétaire et responsabilité sociale individuelle |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-2455096524191526877</id><published>2009-07-29T10:00:00.001+02:00</published><updated>2009-07-29T10:02:20.650+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='croyance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='représentation'/><title type='text'>| L'eau, déesse aux multiples aspects |</title><content type='html'>Subissant l'effet cumulé de nos pollutions et des dérèglements climatiques constatés depuis dix ans, l'eau est devenue à la fois un sujet de menaces et de pénuries. Elément de base de l'existence sous toutes ses formes, l'eau est la composante majoritaire de tous les organismes. Elle est autour de nous. Elle est en nous. D'aussi longtemps que l'on puisse s'en souvenir, l'eau a toujours été divinisée et s'est manifestée dans les croyances humaines sous des formes variées liées qui au fleuve, qui à la pluie, qui à la mer, qui aux sources... L'eau est d'un point de vue bouddhique, une des forces primordiales de l'univers : elle est une déesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Une déesse redoutable&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;L'eau est devenue une des principales menaces pour les êtres vivants et l'environnement. Les catastrophes naturelles liées à l'eau se multiplient aussi bien sous la forme de tsunamis ou de tempêtes tropicales, que sous la forme d'inondations spectaculaires que l'on avait pu recenser dans de nombreux pays asiatiques ou du sous-continent indien. La nouveauté est que les pays situés dans des zones plus tempérées commencent à ressentir les effets de ces mêmes catastrophes que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis.&lt;br /&gt;Les dérèglements climatiques constatés par des institutions comme le GIEC (Groupe Inter-gouvernemental des Etudes sur le Climat) sont à la source de cette amplification des catastrophes naturelles dans lesquelles l'eau tient la plus grande part. Plus précisément, la fonte des glaces due à l'effet de serre se trouve à l'origine de la plupart de ces événements. Elle s'accompagne d'une série d'autres menaces importantes pour la faune, la flore et surtout les populations humaines de la planète.&lt;br /&gt;La fonte des glaces tant aux pôles que dans les zones en altitudes a des effets secondaires sur le niveau des mers et sur le débit des cours d'eau, notamment des grands fleuves. Quand on mesure que la moitié de la population mondiale vit à moins de 60 kilomètres d'une côte, et que les fleuves constituent depuis toujours les principaux bassins d'implantation des populations, les enjeux de la montée du niveau des eaux deviennent particulièrement alarmants. Pour des pays comme le Bengladesh dont la quasi-totalité de sa surface est comprise dans le gigantesque delta où se rejoignent le Gange et le Bhramapoutre, les conséquences seront dramatiques.&lt;br /&gt;La fonte des glaciers telle qu'elle est observée aujourd'hui ne pourrait être stoppée que par une soudaine glaciation. Ce scénario catastrophe, quoique improbable pour l'instant, est évoqué dans une adaptation cinématographique hollywoodienne, &lt;i&gt;Le Jour d'après&lt;/i&gt; (Roland Emmerich, 2004). Le film décrit comment les dérèglements climatiques conduisent à l'arrêt des échanges thermiques du Gulf Stream et déclenche une glaciation aussi rapide que soudaine. Bien que de nombreux éléments de cette fiction soient discutables, le scénario a le mérite d'alerter de façon frappante sur les dangers inattendus et les menaces que l'eau porte en elle lorsqu'elle n'est pas respectée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Une déesse indomptable&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;En attendant le scénario catastrophe dont nous ne connaissons pas la forme définitive, les glaces continuent de fondre et les océans montent. Cette fonte des glaces se caractérise tout particulièrement au pôle nord, dans la zone Arctique, où la banquise a diminuée de plusieurs millions de kilomètres carrés de surface et perdu la moitié de son épaisseur dans les seules deux ou trois dernières décennies. Les glaciers du Groenland fondent malgré les polémiques autour de la vitesse de cette fonte. En Antarctique, seule une partie des glaces semblent être touchées pour l'instant par le phénomène de réchauffement climatique constant. &lt;br /&gt;Mais quelles que soient les hypothèses, la fonte des glaces contribuent indubitablement à la montée du niveau des eaux. Toutes les évaluations démontrent une augmentation du niveau de 20 à 60 cm au cours de ce siècle. Cette montée des eaux n'a rien de spectaculaire dite de cette manière, mais il faut s'éveiller à l'impact qu'un tel chiffre peut avoir sur l'ensemble de la planète et sur ses populations. D'autant que l'effet conjugué au fil des décennies et des siècles ne peut être stoppé. La montée des eaux continuera tout au long du 21e siècle et se poursuivra dans le suivant, et celui d'après.&lt;br /&gt;La montée du niveau des mers aura des effets secondaires difficiles à mesurer du point de vue démographique et alimentaire comme notamment la salinisation des terres et de l'embouchure de nombreux cours d'eau. Souvent choisies pour la richesse des sols et des eaux, ces zones disparaîtront inexorablement au cours des deux siècles prochains, car l'effet de montée du niveau des eaux est durable et ne sera pas stoppé par un ralentissement même notable de l'effet de serre et donc du réchauffement du climat.&lt;br /&gt;Enfin une dernière menace est l'assèchement des fleuves et des rivières. La plupart sont alimentés par les grands glaciers en altitude qui eux aussi subissent une fonte accélérée. Dans un premier temps, les grands cours d'eau seront sujets à un gonflement considérable provoquant des inondations graves et inattendues car située dans des régions autrefois considérées comme à l'abri de ce type de catastrophes. Puis quand il ne restera plus rien à faire fondre, les cours d'eau subiront des phénomènes d'épuisement. Cette diminution des ressources en eau auront non seulement des conséquences directes sur les populations, notamment celles vivant à proximité des zones désertiques et semi-désertiques, mais aussi sur la nature et la richesse des sols.&lt;br /&gt;Ainsi l'eau, connue autrefois pour ses propriétés bénéfiques sur les cultures, deviendra dans bien des régions la source de stérilité des sols et de désertification. Elle sera aussi la cause d'une réduction des terres disponibles conduisant à des conflits territoriaux (comme on en voit déjà aujourd'hui) et des concentrations dangereuses de populations déplacées et démunies. Ces conditions deviendront le ferment d'épidémies qui bénéficieront de la promiscuité et de la pénurie pour frapper durement ces mêmes populations et toutes celles qui seront en contact avec elles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Une déesse empoisonnée&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;L'eau est devenue une déesse empoisonnée par l'action conjuguée du réchauffement climatique, de mauvaises pratiques d'irrigation et des pollutions chimiques et industrielles. Face aux excès et aux pratiques irresponsables des sociétés humaines, l'eau dispose d'un pouvoir invisible et insidieux, l'empoisonnement. N'ayant aucune propriété de purification des agents et des matières que nous y rejetons, l'eau transporte et nous rend toutes nos souillures sous des formes souvent amplifiées.&lt;br /&gt;Dans un cycle infernal que nous identifions parfaitement aujourd'hui, notre industrie, notre traitement des sols et surtout nos déchets ménagers transforment des rivières et des fleuves bouillonnants de vie en égouts à ciel ouvert. Nombre de nos rivières ne sont plus propres à la pèche des poissons et nécessitent un traitement particulier pour rendre l'eau potable. Plus généralement dans le monde, des fleuves tels que le Rio Bogotta, la Volga ou encore le Yang Tseu sont désormais dépourvus de toute forme de vie animale et d'une rare vie végétale souvent toxique pour les sociétés humaines qui vivent le long de ces cours d'eau.&lt;br /&gt;Nos poisons tuent ce qui vit dans l'eau, qui vient nous empoisonner à son tour. Le cycle est parfaitement réglé. Nous polluons l'eau avec des agents extrêmement toxiques tels le pyralène, l'arsenic, le mercure, le soufre, les phosphates, les acides divers et bien d'autres encore. Ces agents s'accumulent dans les formes de vie qui résident dans l'eau. Ils en tuent une partie et endommagent les autres qui par le mécanisme de la chaîne alimentaire se retrouvent dans notre propre nourriture. Ainsi régulièrement, on interdit la consommation de l'eau ou des produits de telle ou telle rivière, réduisant les ressources de la population locale et de celles qui de manière lointaine en dépendaient. Mais cela ne s'arrête pas là.&lt;br /&gt;L'eau ainsi empoisonnée devient impropre à l'irrigation et menace les cultures. Or, dans beaucoup de régions du monde et pas seulement dans les pays en développement, l'irrigation est la clé de voûte de la production alimentaire. De cette manière, le poison ne nous revient pas seulement sous sa forme animale mais aussi sous sa forme végétale. Et quand on sait combien on agresse déjà les sols et les cultures avec toutes sortes d'agents chimiques dangereux pour se prémunir contre d'autres sortes de ravages, les risques encourus se multiplient de manière géométrique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Faire de la déesse notre alliée&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;L'une des propriétés des divinités bouddhiques, fonctions naturelles de notre environnement, est de devenir les alliées de ceux et de celles qui s'éveillent aux mécanismes fondamentaux de la vie. Mais pour réaliser cette alliance, c'est aux individus et aux formes de vie qui peuplent la planète de comprendre et de reconnaître la valeur et la fonction des forces qui sont à l'œuvre dans notre éco-système. Sans cette prise de conscience, les actions possibles, les attitudes et les responsabilités à prendre sont dénuées de sens et finissent par être abandonnées et occultées par l'ignorance et la négligence. Il existe de nombreuses façons de renouer avec la déesse de l'eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;•Une première façon d'agir est de développer des moyens de désalement de l'eau de mer. &lt;br /&gt;Aujourd'hui, ce procédé n'est pas du tout au point car très consommateur d'énergie. Cela pose des problèmes de ressources en terme de combustibles et en terme de pollution de l'air par production de davantage de carbone qui vient renforcer l'effet de serre. Mais la solution reste viable si l'on parvient à développer des nouvelles techniques de production d'eau douce à partir de l'eau de mer.&lt;br /&gt;Ce procédé, en l'état, est une nécessité absolue pour contrer la désertification et l'assèchement des grands cours d'eau dans les zones arides. Et bien que de nombreux efforts sont encore nécessaires et attendus, c'est encore le procédé le moins coûteux pour permettre à des régions très étendues de ne pas souffrir de pénuries et donc de ne pas entrer dans des situations de conflits et de tensions avec ses voisins plus ou moins proches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;•Une deuxième façon est évidemment d'économiser l'eau. Cette économie de l'eau passe à la fois par une responsabilisation des individus et des entreprises dans leur utilisation et conservation de l'eau comme ressource. &lt;br /&gt;Il est difficile de créer ex nihilo une véritable culture de la protection, de la préservation et de l'économie de l'eau auprès d'une population large. Mais un effort de communication par la répétition et une authentique pédagogie à tous les échelons de la scolarité et de l'âge adulte permettent, sur la période d'une seule génération, d'obtenir des résultats visibles. C'est ce que démontrent les populations de beaucoup de régions du monde et pas seulement situées dans la sphère occidentale. &lt;br /&gt;Pour ce qui est des entreprises, les collectivités disposent des outils législatifs pour créer des mesures incitatives d'une part et des réglementations solides d'une autre part pour en finir avec les abus et les excès de certaines industries qui ne protègent ni l'environnement ni les ressources naturelles. Il est clair que c'est d'abord par la pédagogie auprès de la population et l'acceptation d'une culture de la préservation qu'il sera naturellement plus simple et plus logique de conduire les entreprises dans le chemin vertueux du respect des ressources et de l'environnement.&lt;br /&gt;Mais les collectivités doivent également montrer l'exemple en conduisant une politique d'excellence en ce qui concerne tant le réseau d'alimentation que les étapes du retraitement de l'eau. Il est toujours étonnant de voir combien les fuites d'eau dues à un réseau public médiocre, voire défaillant, sont la source d'une perte de la ressource et combien celles-ci sont négligées et même ignorées par les particuliers comme par les collectivités. Il est encore plus étonnant de voir des régions pauvres en eau où l'entretien des réseaux d'approvisionnement et des puits ne font pas partie des priorités. L'économie de l'eau n'est pas l'affaire des «autres », ni celle d'une poignée de compagnies concessionnaires plus préoccupées par les dividendes de leurs actionnaires que par une gestion saine qui ne pèse pas de manière écrasante sur les usagers. Elle est d'abord la responsabilité de chacun.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• Une troisième façon de procéder est de recycler davantage les déchets que nous produisons et qui polluent l'eau.&lt;br /&gt;Le recyclage des ordures ménagères ou industrielles est une évidence. Mais les populations ont toutes les difficultés du monde à mettre en pratique une idée aussi simple. La raison principale est l'absence ou la pauvreté des solutions mises en place. Le coût de ses solutions vient ajouter une difficulté supplémentaire. De sorte que le recyclage pèche à plusieurs titres : faible information, faible engagement politique local, mauvaise stratégie, coût de recyclage élevé pour un rendement faible, etc.&lt;br /&gt;De nombreuses entreprises d'envergure internationale se sont investies dans ce marché mais sans faire les efforts nécessaires pour construire un marché compétitif, solide et efficace en terme de résultats. La difficulté provient à la fois de la complexité des situations locales et surtout d'une nécessité d'usage des matières recyclées pour obtenir un coût abordable.&lt;br /&gt;Aujourd'hui, il est plus onéreux d'utiliser des matière recyclées qui sont pourtant un progrès écologique. Cette absurdité provient de l'incapacité du marché à se structurer et à développer des stratégies locales spécifiques. Notre société est trop habituée à jongler avec des masses importantes pour faire baisser les coûts sans regard pour les particularités et les détails. En uniformisant l'offre, on uniformise la demande. Mais ce mécanisme ne fonctionne en aucun cas dans le recyclage des déchets.&lt;br /&gt;Il est donc nécessaire de repenser les mécanismes économiques des technologies et des marchés de recyclages afin de les rendre plus attractifs pour les industriels et d'en finir avec les politiques de communication dites de Green-washing (litt. laver en vert) qui permettent aux entreprises de se dire écologiques parce qu'une partie mineure de leur production est respectueuse de l'environnement. Il faut espérer que la nécessité politique mondiale de développer des technologies vertes permettra la conversion des industries polluantes et de nouvelles industries totalement vertes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;•Une quatrième façon est de recycler davantage l'eau elle-même aussi bien à des niveaux régionaux qu'au niveau du particulier.&lt;br /&gt;L'idée d'utiliser et même de consommer des eaux usées est culturellement rebutante pour la plupart des gens. Pourtant, quand on y pense, l'eau du robinet n'est rien d'autre que de l'eau usée que nous retraitons pour qu'elle soit de nouveau propre à la consommation. Si les procédés sont discutables et peuvent être améliorés, il ne fait aucun doute que le recyclage de l'eau par des stations d'épuration est entré de manière définitive dans notre culture technique. Reste à améliorer notre contrôle de ce cycle d'épuration et surtout les entreprises qui ont concession pour la gestion de l'eau.&lt;br /&gt;Mais ce n'est là qu'une étape. Dans notre quotidien, il existe des technologies récentes qui permettent à un foyer moyen de recycler quantité de son eau pour quantité de ses besoins. La récupération des eaux de pluie ou bien les matériaux de couverture végétaux ne sont que quelques exemples probants de notre capacité individuelle à recycler l'eau. &lt;br /&gt;Comme nous l'avons dit précédemment, le problème est le manque totale d'information des acteurs de ces nouvelles technologies souvent occultées par les concurrents historiques qui voient d'un mauvais œil la venue d'une innovation concurrente. Ce manque d'information provient également d'un effort insuffisant de la part des acteurs institutionnels souvent préoccupés par des enjeux et des échéances électorales et parfois noyautés par des groupes de pression gagnés à la cause d'acteurs industriels qui ne souhaitent pas voir des nouveaux venus troubler l'ordre établit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;• Une cinquième façon est de développer de nouveaux agents capables de combattre la pollution ou bien de l'absorber.&lt;br /&gt;Cette perspective est encore plus difficile à admettre pour le plus grand nombre que la précédente. Pourtant il existe déjà de nombreux agents capables de capturer certaines formes de pollution de l'eau. Les épinards sont connus pour leur capacité de capture des métaux lourds. D'autres plantes d'intérieurs sont des dépolluants naturels. Dans l'eau, certains algues et certaines espèces animales sont des chasseurs de pollutions diverses tant d'origine chimique que d'origine naturelle.&lt;br /&gt;Dans le monde des bactéries on commence à compter de nombreuses alliées capables de prodiges inédits comme de dévorer certaines matières polluantes. Certaines sont capables non seulement de se nourrir de nos déchets mais elles ont également la capacité de résister aux pires conditions de vie : déshydratation totale, radioactivité, empoisonnement, etc. La recherche en la matière, si elle n'est plus utilisée pour la production d'agents pathogènes militaires, ouvre de nombreux horizons permettant d'imaginer la mise au point d'armées de bactéries capables de nous débarrasser de nombre de nos pollutions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme nous le voyons, les stratégies économiques de l'eau sont plurielles et ne sont pas antagonistes entre elles. Elle se situent à des niveaux multiples allant d'une responsabilité transnationale à des activités de terrain très localisées. Il ne s'agit pas ici de faire le catalogue exhaustif des solutions mais plutôt d'attirer l'attention sur la simplicité de mise en œuvre et surtout l'existence de pistes à suivre. Ce qui manque, c'est d'abord une volonté collective et informée, mais celle-ci ne fait pas tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;Faire la paix avec la déesse de l'eau&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;Nous l'avons vu tout au long de ce modeste article, ce qui compte c'est n'est pas tant de transformer des technologies ou des usages, mais plutôt le changement de l'état d'esprit dans lequel nous vivons avec les forces actives de la nature. Tout dépend du regard que nous avons sur la nature et comment nous la considérons. A la différence des courants de pensée philosophiques de l'Occident qui tendent à placer l'homme au centre et comme dominateur de la nature, l'Orient laisse une place prépondérante aux entités divines, aux dieux et aux déesses qui incarnent de manière cosmique les forces naturelles de l'univers et des mondes qui le constituent.&lt;br /&gt;Considérer l'eau simplement comme une molécule ou seulement comme une ressource, c'est-à-dire adopter un point de vue strictement scientifique ou économique, ne suffit pas à donner la mesure de ce qu'est l'eau dans notre vie d'être humain. Car ces points de vue ne peuvent être considérés qu'à l'aune d'une conscience scientifique réelle et d'une culture particulièrement développée. Et même dans ce cas, il est bien des scientifiques et des économistes prêts à vendre leur âme au diable pour en retirer quelque profit personnel plutôt que de prendre le contre-pied d'intentions industrielles malveillantes et de desseins politiques rapaces.&lt;br /&gt;Faut-il pour autant diviniser tout à la manière des animistes ou des cultes chamaniques ?&lt;br /&gt;Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de revenir à un monde magique, plein de superstitions et de croyances parfois effrayantes. En revanche, je crois qu'il est nécessaire de retrouver le sentiment du sacré lorsque nous sommes face à des forces naturelles majeures, à des éléments constitutifs de notre vie et de notre environnement, sans pour autant leur prêter une intelligence humaine.&lt;br /&gt;L'eau est une déesse. Elle peut s'avérer bénéfique et nourrir notre vie, nous soigner, nous purifier, nous laver de nos souillures. Mais elle peut aussi prendre des formes malignes et nous rendre la vie impossible à son contact sous des formes souvent terrifiantes. Elle peut avoir l'air d'une matière fragile mais elle fait la démonstration de toutes les formes de la puissance que l'on prête aisément à une entité divine. Sous toutes ses formes, elle nous dépasse tout en faisant partie de chacun. Elle protège celui qui s'est éveillé à sa nature et à son pouvoir. Elle est dangereuse et même mortelle pour l'ignorant ou le cupide qui la considère comme une simple commodité.&lt;br /&gt;Ainsi la déesse de l'eau fait partie de notre panthéon de divinités modernes. Elle demeure l'une des forces primordiales qui permet la vie sur cette planète. Sans elle, nous ne sommes rien, car elle constitue plus des deux tiers de notre être. Sans elle, rien ne vit.&lt;br /&gt;N'est-ce pas cela la marque incontestable d'une déesse...?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-2455096524191526877?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/2455096524191526877/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=2455096524191526877' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/2455096524191526877'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/2455096524191526877'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/07/leau-deesse-aux-multiples-aspects.html' title='| L&apos;eau, déesse aux multiples aspects |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-6951918247316581949</id><published>2009-07-17T11:28:00.001+02:00</published><updated>2009-07-17T11:30:06.324+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bouddhisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='attitude'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='représentation'/><title type='text'>| L'illusion est maintenant parfaite...|</title><content type='html'>Le ciel est béton, les nuages fumés. La pluie menace. Le tonnerre gronde encore après avoir rugit toute la nuit. L'atmosphère sait se déchaîner et personne ne peut prévoir ni quand, ni comment, ni où... En jetant un coup d'œil aux multiples bulletins météo du début de semaine, on envisageait un temps mitigé, de belles éclaircies, des matinées ensoleillées et des nuages l'après-midi ou inversement... En bref, les prévisions étaient fausses.&lt;br /&gt;Pourtant, les gens continuent de consulter la météo à la télé, sur Internet, sur leurs iPhones, à la radio. Ils ne sauront rien du temps qu'il fera demain, puisque les spécialistes eux-mêmes n'en savent plus rien. Prévoir les conditions climatiques du lendemain est devenu un exercice proche de la prédiction astrologique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'ailleurs, l'astrologie et les techniques divinatoires n'ont jamais eu autant de succès. L'échec des églises et des cultes divers à réaliser le bonheur tant attendu et si souvent promis y est aussi pour quelque chose. Alors on en revient à de bonnes vieilles méthodes : les cartes, la position des corps célestes, les chiffres, la voyance... Les technologies de l'information donnent un coup de pouce considérable à ce retour en force. Elles garantissent l'ubiquité, l'instantanéité, l'anonymat... Des pouvoirs divins sans avoir à rendre quoi que ce soit au Tout-puissant.&lt;br /&gt;Les prévisions deviennent prédictions. La marge d'erreur est tolérée. L'approximation est attendue. L'interprétation va de soi. Les résultats sont inégaux, mais pas plus que les prévisions météorologiques ou les marges bénéficiaires des sociétés cotées en bourse. 30% de bonheur en plus, 30% de rien du tout, 30% d'emmerdements et 10% de surprises, bonnes ou mauvaises. C'est selon le point de vue dans lequel on se place.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'économie mondiale, qui a avalé toutes les économies locales, n'est pas exempte de cette nécessité divinatoire. Prévoir l'inflation, le chômage, la croissance, les profits et les pertes, autant d'objectifs qui semblent simples à l'énoncé, mais qui impliquent une telle somme de facteurs qu'il est impossible de les anticiper. Alors on fait appel à des analystes, à des prospectivistes, à des spécialistes de l'ingéniérie financiaire, à des oracles modernes qui, sous couvert de termes techniques et d'un vocabulaire ésotérique, font des paris sur l'avenir pour augmenter le plus possible la rentabilité des actifs qui leurs sont confiés.&lt;br /&gt;Les prédictions deviennent des projections et des scénarios. La marge d'erreur est appelée risque. Les risques sont réduits par des garanties. Les garanties sont données par des experts et des compagnies d'assurances, qui n'ont aucun moyen de garantir quoi que ce soit sinon de payer la note en cas d'échec. L'édifice est creux, fabriqué d'accords tacites et de promesses couchées sur le papier que l'on appellent contrats.&lt;br /&gt;En rapprochant le « temps qu'il fait » du « temps qui passe » et celui qui passe du « temps qui est de l'argent », je me rend compte de l'absence de substance de toutes ces attentes et de toutes ces stratégies. Mais si elles sont si vides, pourquoi ont-elles une prise si forte sur notre quotidien, sur nos vies individuelles et collectives, sur notre histoire ? Car en dépit de l'abstraction de ces concepts, de leur évidente inefficacité et de leur vacuité avérée, on continue à croire que la météo nous dira s'il fera beau demain, que la divination nous dira si nous allons être heureux et que l'économie fera notre fortune...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La croyance est la clé de cette absurdité. La croyance est le moteur. La croyance est la substance de cette illusion parfaite. Je dis parfaite parce qu'elle atteint maintenant sa limite. La perfection est limite, cristallisation, image figée dans le temps et dans l'espace. Et l'illusion est enfin parfaite. Un seul pas en arrière et le recul est suffisant pour se rendre à l'évidence que la météo, l'oracle et le banquier nous mentent en même temps qu'ils se mentent à eux-mêmes, rendant l'illusion acceptable aux yeux de tous.&lt;br /&gt;Le dicton qui veut qu' « au royaume des aveugles, le borgne est roi », est complètement faux. Au royaume des aveugles, le borgne est dans la merde. A défaut d'être pointé du doigt, il sera pourchassé, condamné, transformé en bouc émissaire de l'aveuglement général, et éventuellement mis à mort. Les groupes produisent de la conformité. Et tout ce qui est concurrent est d'abord suspect, puis détesté et enfin combattu jusqu'à l'extermination pure et simple. C'est ce que l'on peut observer chez les colonies d'insectes, au sein des troupeaux de mammifères, chez les pingouins ou encore dans un vulgaire poulailler. Prenez une poule, peignez lui la crête en bleu et elle devient immédiatement l'ennemi, l'autre, le borgne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous vivons à une époque de grande croyance, mais nous vénérons de faux dieux, des idoles perverses, des vices que nous déguisons en vertus. Ces croyances immorales et contre-productives nous ont conduit à saccager notre environnement naturel, à rejeter les moyens d'émancipation intérieure, à corrompre nos relations inter-personnelles et à développer une soif inextinguible pour toutes les formes de morts réelles ou abstraites. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que les perspectives soient sombres, funestes et parfois même fatalistes. Mais ce ne sont là que les limites de l'illusion parfaite que nous avons tous contribué à créer et dans laquelle nous nous complaisons allègrement. Mon maître en bouddhisme, Nichiren, le moine japonais du 13e siècle, écrit dans une lettre : « l'insecte qui se nourrit de l'ortie en vient à oublier combien sa feuille est amère, de même que l'homme qui s'attarde dans les latrines en vient à oublier combien l'odeur est fétide. »&lt;br /&gt;Nous avons oublié comment vivre pour nous laisser prendre aux fantasmes et aux rêveries. Il n'est pas trop tard pour les dissiper, et nous éveiller à la réalité du monde, à sa beauté, à l'aspect précieux et même sacré de la vie sous toutes ses formes, y compris humaine. Ce n'est au final qu'une question de croyance(s). Nous pouvons continuer de vénérer le veau d'or et attendre que de providentiels Moïse, Jésus, Mahomet ou Bouddha viennent nous sauver de nos délires toxiques. Nous pouvons même croire que le salut sera dans l'au-delà...&lt;br /&gt;Ou alors nous pouvons prendre au mot ces prophètes et vivre au quotidien les principes simples, peu nombreux et profondément humanistes qu'ils ont laissé pour la postérité. Pour cela, il n'est nul besoin d'églises, de devins, de banquiers ou de présentateurs de la météo qui ne prêchent que pour leurs chapelles, leurs institutions et les illusions parfaites qui forgent le spectacle permanent mais sans vie qu'ils nous donnent à regarder à chaque instant de notre existence.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-6951918247316581949?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/6951918247316581949/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=6951918247316581949' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/6951918247316581949'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/6951918247316581949'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/07/lillusion-est-maintenant-parfaite.html' title='| L&apos;illusion est maintenant parfaite...|'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-3802734827284636935</id><published>2009-07-01T15:26:00.007+02:00</published><updated>2009-07-01T16:19:13.127+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='révolution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Internet'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='communication'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='politique'/><title type='text'>| Peut-on vivre sans Internet ? |</title><content type='html'>&lt;p class="zemanta-img" style="margin: 1em; float: right; display: block; width: 210px;"&gt;&lt;a href="http://commons.wikipedia.org/wiki/Image:Internet_map_1024.jpg"&gt;&lt;img src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d2/Internet_map_1024.jpg/300px-Internet_map_1024.jpg" alt="Partial map of the Internet based on the Janua..." style="border: medium none ; display: block;" height="200" width="200"&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="zemanta-img-attribution"&gt;Image via &lt;a href="http://commons.wikipedia.org/wiki/Image:Internet_map_1024.jpg"&gt;Wikipedia&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;Internet est partout. Toile géante qui couvre toute la planète, s'abreuve à tous les médias, y compris les canaux privés comme le téléphone, le courrier électronique et les conversations en ligne, le Web est le réseau le plus vaste jamais connu dans l'Histoire humaine. Bien que limitée par le déploiement du réseau téléphonique (terrestre, hertzien ou satellite) et par le prix d'une connexion domicile, la Toile est devenue en quelques années seulement le moyen de communication le plus performant, le plus rapide et le moins cher de l'économie mondiale. Et malgré la diversité des cultures, des ethnies, des langues et des traditions, Internet est aujourd'hui le vecteur de rapprochement et, pour reprendre l'expression de Thomas Friedmann, d'aplatissement du monde connu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, pendant plusieurs millénaires, nous avons pu vivre, évoluer, développer nos sociétés sans recourir à un média aussi vaste et aussi complet. A grands renforts de pierres, de tablettes d'argile, de peaux d'animaux domestiques, de roseaux, de chiffons et finalement de papier, il nous a été possible de bâtir un monde globalisé, n'ayant pour limites que celles de la planète. Et dans les deux derniers siècles, grâce à l'usage de l'électricité et des ondes radios, nous avons même pu surmonter les obstacles posés par l'utilisation de nos sources d'énergies actuelles (Charbon, gaz naturel, pétrole). En déployant un réseau téléphonique et des émetteurs de radio-fréquences, il nous a été possible de relier tous les points du globe par des contacts téléphoniques uniques ou multiples.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p class="zemanta-img" style="margin: 1em; float: right; display: block; width: 210px;"&gt;&lt;a href="http://commons.wikipedia.org/wiki/Image:WorldWideWebAroundWikipedia.png"&gt;&lt;img src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b9/WorldWideWebAroundWikipedia.png/300px-WorldWideWebAroundWikipedia.png" alt="Graphic representation of a minute fraction of..." style="border: medium none ; display: block;" height="162" width="200"&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="zemanta-img-attribution"&gt;Image via &lt;a href="http://commons.wikipedia.org/wiki/Image:WorldWideWebAroundWikipedia.png"&gt;Wikipedia&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;L'Internet est-il seulement une extension naturelle ou logique de tout ce déploiement de techno-science ? Non. L'Internet correspond à une nécessité humaine que l'on constate dès les premiers temps de l'humanité : celle de se relier et de partager un patrimoine intellectuel et historique commun. Il ne s'agit pas tant d'échanger des informations ou du savoir, qui était le but premier de l'Internet militaire et scientifique. Cette vision purement utilitaire et potentiellement marchande s'est avérée fausse et surtout contre-productive. &lt;br /&gt;Ce dont il est question sur Internet, c'est de permettre à tous les utilisateurs de s'exprimer dans un espace public et d'y faire apparaître leur culture, leurs histoires (si modestes soient-elles), leurs versions et opinions des faits dont ils sont connaissance (y compris quand leurs informations ou perceptions sont totalement ou partiellement fausses ou bien biaisées). Ce dont il s'agit c'est de l'esprit du partage autour du feu. Ce dernier est remplacé par un écran lumineux. Les autres veilleurs sont là, comme au bon vieux temps, autour de l'écran, des ombres légèrement éclairées par la lumière froide. Ce qui diffère c'est évidemment le nombre de feu. Au lieu d'en avoir un seul, il y en a un par veilleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le feu de l'ancien temps, l'Internet sert à tout. Il permet la communication entre les individus, la congrégation par delà les frontières, la communion de destin et de narration, l'échange d'informations utiles ou futiles, savantes ou purement factuelles, et enfin il permet le partage de l'expérience et sa communauté. Tout comme le feu, une fois allumé, il n'est pratiquement plus possible de l'éteindre sauf à régresser tant les usages sont multiples, les possibilités innombrables. Internet est le feu nouveau, et il est devenu impossible de s'en passer. Il est le facteur déterminant d'un changement de civilisation, tout comme l'utilisation du pétrole l'a été, le déploiement de l'électricité, l'usage du téléphone ou la circulation du livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme tout les outils majeurs, Internet n'est pas encore entièrement domestiqué. Les veilleurs n'ont pas encore compris sa valeur réelle, intrinsèque, permettant de grandir les individus et non de les réduire. Comme au jour de Noël, les utilisateurs d'Internet, partout dans le monde sont encore dans la période de découverte du nouveau jouet. Ils en admirent la merveille, les fantasmes, les couleurs, la diversité. Mais peu l'utilise, en tire productions et développements, le mette réellement à contribution. Cela ne signifie pas pour autant que l'Internet soit un gigantesque gadget comme a pu être la platine musicale ou le lecteur de DVD ou de VHS. Internet, à l'instar de la radio et dans une certaine manière la télévision, est un canal médiatique par lequel les contenus circulent, mais cette fois dans les deux sens. Et ce n'est finalement pas le canal qui est incontrôlable mais bel et bien les contenus. Les grandes dictatures actuelles ne s'y sont pas trompées, les puissants et les valets du pouvoir non plus. Alors une guerre mondiale se livre en ce moment même pour saturer l'Internet d'une propagande marchande et restrictive, une homogénéisation normative et radicale qui permettra non de brider les capacités de l'Internet, mais d'en réduire la portée dans les esprits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Internet est devenu indispensable et à terme il sera entièrement gratuit. Ceux qui tentent par des manœuvres diverses et des stratégies sournoises de le limiter, de manipuler son contenu et de s'ériger en maîtres des réseaux ne sont rien d'autre que les seigneurs féodaux d'une nouvelle forme de Moyen-Âge au cours duquel il est possible que la censure exercée aille bien au-delà de ce qu'on reproche aujourd'hui aux cultes d'hier. Car autrefois, le feu de la veillée réchauffait les veilleurs et invitait à la communauté. Mais il servait aussi, le cas échéant, à éloigner les loups, les brigands et si nécessaire à incendier les forteresses de ceux qui souhaitaient régner sans partage. Aujourd'hui, comme hier, le feu de l'Internet est un outil de création, de communauté ou de destruction massive. Il dépend de ceux et de celles qui en font l'usage de déterminer ce qu'il en sera. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="margin-top: 10px; height: 15px;" class="zemanta-pixie"&gt;&lt;a class="zemanta-pixie-a" href="http://reblog.zemanta.com/zemified/169fb937-6b5f-4d42-8324-9305aff2e352/" title="Reblog this post [with Zemanta]"&gt;&lt;img style="border: medium none ; float: right;" class="zemanta-pixie-img" src="http://img.zemanta.com/reblog_e.png?x-id=169fb937-6b5f-4d42-8324-9305aff2e352" alt="Reblog this post [with Zemanta]"&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="zem-script more-related pretty-attribution"&gt;&lt;script type="text/javascript" src="http://static.zemanta.com/readside/loader.js" defer="defer"&gt;&lt;/script&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-3802734827284636935?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/3802734827284636935/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=3802734827284636935' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/3802734827284636935'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/3802734827284636935'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/07/peut-on-vivre-sans-internet.html' title='| Peut-on vivre sans Internet ? |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-489245871466759021</id><published>2009-06-24T18:00:00.002+02:00</published><updated>2009-08-05T08:55:36.939+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='médias'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='communication'/><title type='text'>| Facebook, le parc d'attractions de la vie des gens |</title><content type='html'>J'ai longtemps résisté à Facebook, comme j'avais longtemps résisté à MySpace, à Friendfeed et à bien d'autres réseaux dits « sociaux ». J'ai pourtant une grosse activité de blogueur depuis plusieurs années et je passe beaucoup de temps sur le web à lire, à écouter, à voir, à discuter... Mes résistances à FB et consorts (ceux qui ont un intérêt commun dans une même affaire) sont toujours les mêmes : le projet n'a rien de social malgré la dénomination américaine qui ne signifie  pas tout à fait  la même chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Facebook n'échappe pas à la règle et se trouve à mi-chemin entre la secte moderne et le parc d'attractions à l'américaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Facebook est une secte parce qu'il faut être inscrit pour y pénétrer et y évoluer. Pas moyen de voir ou de lire sans inscription (ou devrions-nous dire sans abonnement). Et celle-ci est la garantie permettant à l'entreprise Facebook de gagner des millions sans en reverser un centime à la masse des contributeurs. Ça aussi c'est le principe de la secte : tu entres, tu payes et tout ce que tu as en contrepartie c'est... rien. Car ce que je peux faire sur Facebook, je peux aussi bien le faire ailleurs et sans rien payer ni demander une inscription quelconque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La notion de parc d'attraction est secondaire au principe de secte. Facebook est un spectacle permanent. On y passe son temps à diffuser des informations que l'on pense pertinentes, à coller des photos, des vidéos, des articles, en majorité empruntés à d'autres qui eux-mêmes les avaient déjà pris ailleurs.  Et le spectacle est vivant, en temps réel. On peut se retrouver à écrire une réaction ou un commentaire et en même temps d'autres réactions et commentaires viennent s'ajouter. On est dans l'univers de Facebook comme un touriste à Disneyland ou aux studios Universal. On ne sait où donner de la tête tant les divertissements rivalisent entre eux et touchent tous les champs de l'action sociale. Et c'est en cela que l'appellation « sociale » entre peut se justifier. Mais ça s'arrête là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais en fin de compte, à quoi peut bien servir Facebook ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un côté, c'est le parc d'attraction géant et protéiforme où chacun  trouve son compte de passivité ou d'activité. En somme, c'est un excellent moyen de contrôle, une sorte de nouvelle congrégation sans le merdier religieux. Et en plus, c'est une initiative du secteur privé donc l'institution est sauve, lavée de tout soupçon de volonté normative. Les américains ont inventé mieux que l'Eglise pour former et façonner les esprit : ça s'appelle le marketing.&lt;br /&gt;De l'autre, Facebook est un Speaker's Corner mondial où ceux et celles qui ont un message peuvent le faire passer à autant d'inscrits que possible. La stratégie est simple : se faire un maximum de relations (l'objectif étant d'en toucher environ un bon millier) et ensuite de répandre son message avec plus ou moins d'adresse. le message peut être politique, social, philosophique, religieux ou, le plus souvent, commercial. Il est là en marge, dans la publicité, mais aussi déguisé sous  forme de petites applications rigolotes, de tests et de quizz sur votre personnalité, sur vos goûts, sur vos intentions...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Facebook est l'un des projets les plus intéressants de ces dernières années au même titre que des choses plus avant-gardiste comme Second Life ou plus terre-à-terre comme eBay. Il fait la démonstration que l'Internet et les internautes sont prêts pour participer à des projets d'expérimentation et d'influence en temps réel sans plus aucune réticence ou contestation.  Ne reproduisant pas le modèle mass-market, l'Internet marchand a été un échec relatif. Mais l'Internet Marketing est un succès complet. En jouant sur les leviers émotionnels et sur l'envie irrépressible de socialisation, les réseaux limités (professionnels ou « sociaux ») se sont imposés sans aucun problème. Et, bien que l'on produise une littérature abondante sur les problèmes d'identités numériques, de fichage ou de vie privée, peu de gens perçoivent que les réseaux sociaux ne sont que le cheval de Troie de la monétisation des données personnelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Facebook démontre que les débats sont dépassés. Peu importent votre nom, votre date de naissance ou encore votre situation amoureuse. Ce qui importe c'est votre réaction ou non-réaction à des stimuli dans le grand laboratoire Facebook. Il a suffit d'appliquer la règle  « du pain et des jeux » qui, transposée à Facebook, devient : des relations sociales et du divertissement. Avec une recette simple, des dizaines de millions de gens sont devenus les rats de laboratoire dont rêvaient les grandes compagnie de stratégie et de consulting.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, dans ces conditions, pourquoi continuer à pratiquer Facebook et à l'alimenter ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question est légitime et la réponse évidente. La particularité de Facebook et des autres « réseaux sociaux » est qu'à tout moment un rat de laboratoire peut se transformer en expérimentateur. En prenant conscience des mécanismes en place, il est possible de créer un espace de réflexion et de discussion qui fausse l'intention première des concepteurs. Pour cela, il suffit de ne pas adhérer à la règle du jeu. Produire sa propre littérature, ses propres références, ne jouer à aucun des jeux proposés, n'adhérer qu'à peu de groupes et de causes tout en créant des groupes et des causes absurdes, ne cliquer sur aucune publicité, n'accepter aucune application apparemment utile, inventer des informations, raconter des histoires, foutre la pagaille... Voilà qui promet d'être plus intéressant que la  satisfaction que procure la puissance de l'affichage, de l'exposition, que la jouissance  de ce que Andy Warhol appelait « le quart d'heure de célébrité ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Facebook n'offre rien de plus qu'un simple blog avec, en plus, la possibilité  d'inviter des amis à venir faire la claque devant votre mur. Il n'est ni plus simple ni plus maniable que des service de blogs offerts gratuitement par nombre de fournisseurs (overblog, blogger, wordpress, etc.). Alors d'où vient son succès ? Tout simplement parce que c'est plus simple d'aller voir les singes en cage au zoo du coin que d'aller les observer de loin et patiemment en Tanzanie ou au Kenya.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-489245871466759021?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/489245871466759021/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=489245871466759021' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/489245871466759021'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/489245871466759021'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/06/facebook-le-parc-dattractions-de-la-vie.html' title='| Facebook, le parc d&apos;attractions de la vie des gens |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-5567961086359903475</id><published>2009-05-30T23:26:00.000+02:00</published><updated>2009-05-30T23:27:10.906+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='jeunesse'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='valeur'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='comportement'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='foi'/><title type='text'>| Où est la jeunesse ? |</title><content type='html'>Après un court séjour en Serbie, puis un saut dans le centre de la France, me voici dans le Sud à quelques kilomètres du centre européen d'entrainement de la SGI. Ma compagne, la mère de ma fille, participe au séminaire de la région Nord depuis jeudi et ce jusqu'à demain midi. C'est une occasion, encore, de faire un point sur le parcours et de se projeter vers l'avenir.&lt;br /&gt;Le « séminaire bouddhique » n'a rien à voir avec le séminaire catholique. On n'y devient pas moine, ni prêtre. Il s'agissait au départ de permettre à cent cinquante participants de se retrouver dans un même lieu, de prier ensemble, d'étudier ensemble et d'échanger sur leurs expériences respectives de la pratique du bouddhisme. C'était un lieu de rencontre spirituelle où l'on pouvait s'éveiller à la pluralité des points de vue, à la richesse des différences, à la multiplicité des parcours.&lt;br /&gt;Alors que je ne connaissais le bouddhisme de Nichiren que depuis seulement deux ans, j'ai participé à mon premier séminaire. Je me suis retrouvé dans la garrigue provençale, au pied de la Sainte Victoire avec 150 autres jeunes gens de 18 à 35 ans. C'était une époque étonnante où la jeunesse était présente dans le mouvement Soka, le mouvement pour la création de valeurs bouddhiques dans la société. Le souvenir qu'il m'en reste était que nous étions, filles comme garçons, les poumons de l'organisation. Nous participions à nombre d'activités bénévoles et nous avions le rôle d'animer les réunions de discussions par nos questions, nos expériences nombreuses et notre enthousiasme. Certes, nous n'étions pas tous solides, réfléchis ou empreints de bon sens. Mais c'était notre mission que de pousser le mouvement en avant en multipliant les aventures humaines.&lt;br /&gt;Quand je regarde rétrospectivement cette époque, je me demande très sincèrement ce qu'il en reste. Car je ne vois aujourd'hui presque rien de cet extraordinaire désordre en action en train de constituer notre histoire. La jeunesse a disparue. Elle n'a pas entièrement quittée le mouvement. Seul(e)s certain(e) l'ont fait et pas tous de manière définitive. La plupart de ces membres de la jeunesse Soka sont devenus les hommes et les femmes de leurs départements respectifs. Car notre organisation copie la structure japonaise en séparant dialectiquement hommes et femmes, les jeunes hommes et les jeunes femmes, la jeunesse et le reste.&lt;br /&gt;Alors que le maître spirituel de ce mouvement, Daisaku Ikeda, encourage depuis des décennies les pratiquants à trouver et à édifier des successeurs, nous autres français n'avons trouver personne pour nous succéder. Les jeunes sont devenus vieux et personne n'a prit réellement la relève...&lt;br /&gt;Que nous est-il arrivé ? Quelles sont les raisons pour lesquelles la jeunesse française n'est visiblement pas intéressée ou bien peu informée sur le courant dynamique et révolutionnaire de notre mouvement de création de valeurs ?&lt;br /&gt;On peut chercher et analyser, proposer des théories ou bien constater des faits et des événements déterminants, mais la vérité n'est pas dans les raisons superficielles que l'examen historique et factuel peut nous révéler. La seule et unique raison est l'épuisement de notre croyance. Nous, membres de ce mouvement pour la création de valeurs bouddhiques dans la société française, ne croyons plus à la possible réalisation de la paix par l'établissement d'une philosophie adaptée à notre temps, à notre société, à notre pays.&lt;br /&gt;Oui, nous avons fini par constituer une articulation institutionnelle solide et conforme. Oui, nous proposons des cours d'étude sur les enseignements de Nichiren. Oui, nous faisons l'apologie du maître de la Soka Gakkai, Daisaku Ikeda. Oui, nous prions sincèrement, avec plus ou moins de régularité, devant l'objet de culte. Et oui, nous continuons d'organiser des réunions de discussion et des réunions générales pour nous encourager mutuellement de nos expériences respectives. Mais quels sont nos résultats concrets depuis 1962 ?&lt;br /&gt;Ils sont faibles. Nous parvenons à peine à ne pas être mis à l'index dans des « référentiels » préjudiciables et anti-républicains. Nous peinons à réunir nos membres plus d'une fois par mois pour ne parler que des mêmes thèmes ressassés. Nous avons toutes les difficultés du monde à constituer un discours qui ne soit une parodie ou une exégèse du discours du maître, qui lui-même fait l'exégèse de Nichiren et son propre maître.&lt;br /&gt;Socialement, nous sommes invisibles. Dans l'espace public, nous sommes inexistants. Et s'il prend l'envie à un curieux de vouloir nous étudier, il  devra se décarcasser pour trouver des références fiables, propres, claires sur notre doctrine, nos convictions et les dogmes de notre école. Il ne s'agit pas de devenir les concurrents médiatiques des Témoins ou bien des Scientologues. Il ne s'agit pas non plus d'éclipser le bouddhisme lamaïste des tibétains ou bien l'élégance du zen. Mais il ne s'agit pas non plus de rester parqués dans notre pré carré, si bien rangé soit-il.&lt;br /&gt;Tout cela n'est que le reflet de notre manque de croyance, notre manque de conviction qu'il y a une paix possible, une pédagogie efficace et bienveillance sincère qui permette de changer la société de manière abondante et inaltérable. Et parce que nous manquons de croyance, la jeunesse est incapable de nous suivre. Elle nous fuit... ou alors elle s'égare pour un moment seulement. Car la jeunesse ne se nourrit que de croyance. Elle ne dispose pas encore de l'expérience et de l'histoire pour bâtir son monde intérieur et encore moins un environnement ou une société. La jeunesse a besoin de croire, de toutes ses forces, dans un avenir, un projet d'envergure, un discours d'espoir. C'est la capacité de croyance qui caractérise la jeunesse. Et grâce à cette croyance, elle peut changer le monde.&lt;br /&gt;Nous manquons de croyance et nous laissons filer les jours, les semaines, les années sans opérer la réforme intérieure nécessaire pour devenir le phare de la jeunesse. Et ce n'est ni en faisant l'apologie d'un vieillard, ni en se faisant le porte parole de ces discours, ni en montrant un façade institutionnelle lisse et uniforme que nous débuterons ce processus de changement. La jeunesse est un bien précieux et aucun jeune homme et aucune jeune femme ne l'échangera contre un mausolée à la gloire fanée d'un mouvement vivant désormais dans le passé.&lt;br /&gt;Le futur de la jeunesse est devant nous. C'est ce que le président de la Soka Gakkai Internationale, Daisaku Ikeda, nous dit très clairement quand il déclare que la vie d'un homme commence à 60 ans ou bien à 80. Il s'agit une fois encore de rappeler à chacun que la Jeunesse ne désigne pas seulement une génération, ni une catégorie, mais bel et bien un état d'esprit combattif et opiniâtre. C'est avec cet état d'esprit que le fondateur de notre mouvement bouddhique, Nichiren, a composé son traité le plus important, La pacification du pays par l'établissement de l'enseignement correct. C'est aussi avec cet esprit que le premier président de la Soka Gakkai, Josei Toda (avant lui, la Soka Gakkai n'existait pas en tant que telle) a fait sa déclaration cinglante contre les armes nucléaires et condamner leur utilisation ou leur production. Enfin c'est toujours avec ce même esprit que mon maître spirituel, Daisaku Ikeda, a écrit la Révolution Humaine, attestant de l'esprit de la jeunesse au travers d'une monographie de son maître et du Mouvement pour la création de valeurs bouddhiques dans la société, la Soka Gakkai.&lt;br /&gt;La Soka Gakkai, mouvement pour la création de valeurs bouddhiques dans la société, est un mouvement de la jeunesse, pour la jeunesse et par la jeunesse. Il est temps que nous nous en rappelions et que nous retrouvions cet esprit jeunesse que nous avons perdu en cours de route. C'est seulement de cette manière que nous pourrons construire une organisation dynamique, fraîche et nouvelle sur le long terme.&lt;br /&gt;« Sur vos tombes, regrets. Sur la mienne, victoire éternelle...»&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-5567961086359903475?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/5567961086359903475/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=5567961086359903475' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/5567961086359903475'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/5567961086359903475'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/05/ou-est-la-jeunesse.html' title='| Où est la jeunesse ? |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-8862985097724533393</id><published>2009-03-27T11:08:00.006+01:00</published><updated>2009-03-28T12:10:09.489+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prière'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='action'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='révolution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bouddhisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='daimoku'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='croyance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='comportement'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='foi'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='attitude'/><title type='text'>|L'action fait la force|</title><content type='html'>&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Ou comment sortir d'un univers de discours&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'une des injonctions paradoxales les plus courantes dans le discours des pratiquants du bouddhisme Soka est de dire que l'union fait la force, car un individu ne peut rien tout seul. Et dans le même temps, de promettre que la récitation de Nam-Myoho-Rengué-Kyo permet de tout transformer et de faire bouger l'univers tout entier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce genre d'affirmation, il vaut mieux être clair.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soit l'éveil d'un seul est stérile et inutile, soit l'éveil d'un seul au principe de nam myoho rengué kyo lui permet d'avoir une réelle influence sur le cours de l'Histoire. C'est l'un ou l'autre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'on s'en tient à l'enseignement de Nichiren, l'éveil d'un seul a une réelle influence sur les autres et donc sur l'Histoire. C'est ce qu'il signifie sans équivoque dans une lettre, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;La Tortue borgne et le bois de santal flottant&lt;/span&gt; (LT 4, 35) : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Moi seul, Nichiren, ai commencé à réciter cela au Japon. Pendant plus de vingt ans, depuis l'été de la cinquième année de l'ère Kencho (1253), moi seul ai récité Namu Myoho Renge Kyo jour et nuit, matin et soir, sans discontinuer. Par contre, ceux qui récitent le Nembutsu sont au nombre de dix millions. Nichiren ne bénéficie du soutien de personne, alors que les partisans du Nembutsu sont influents et de noble origine. Mais, lorsque le lion rugit, les autres animaux se taisent, et la seule ombre d'un tigre terrifie les chiens. Lorsque le soleil se lève dans le ciel, à l'est, la lumière de dix mille étoiles disparaît sans laisser de traces.&lt;/span&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis il en remet une couche dans une autre lettre, &lt;span style="font-weight:bold;"&gt;L'Entité réelle de tous les phénomènes&lt;/span&gt; (Shoho Jisso Sho, LT 1, 97) : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Au commencement, moi seul, Nichiren, ait récité Namu Myoho Renge Kyo. Puis deux, trois, cent personnes ont suivi, le récitant et le transmettant aux autres. C'est également ce qui se passera dans l'avenir. &lt;/span&gt;»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette dernière déclaration, faite au 13e siècle s'est vérifiée. Aujourd'hui un peu plus de dix millions de personnes dans le monde récitent nam-myoho-rengué-kyo. Il est probable, par une simple intuition statistique, que le nombre des personnes connaissant ou ayant récité (pour essayer) nam-myoho-rengué-kyo soit trois ou quatre fois plus grand. Entre temps, la population de la planète a augmenté de manière géométrique jusqu'à un seuil vertigineux jamais imaginé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toutefois, si la SGI, le mouvement majoritaire dans les divers groupes qui se réclament de Nichiren, est la conséquence de cette déclaration, et par là même la preuve qu'un seul individu éveillé peut changer le cours de l'histoire, il reste à se demander ce que vont faire les millions de pratiquants actuels. En effet, Nichiren était un moine japonais, seul et perdu dans une île lointaine. Par son action et sa détermination visionnaire, il a une influence réelle sur des millions de gens à travers bientôt huit siècles d'histoire. Mais nous, qui vivons mieux, qui bénéficions de moyens de communication modernes, de richesses inégalées, d'une conscience réelle de tout se qui se déroule dans le monde, que faisons-nous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les trente dernières années, je n'ai personnellement noté aucune amélioration, ni progrès, ni même action concrète et déterminante pour la paix des peuples ou émancipation des individus. Au fil de mes lectures et de mes entretiens avec mes pairs, je n'en ai pas appris plus. Certes, je peux raconter des aventures et des moments privilégiés au cours desquels des personnalités hors du commun se sont illustrées sur des chemins nouveaux, libres et pacifiques. Mais force est de constater que l'histoire des hommes reste très imperméable aux idéaux de bonheur, de justice, d'égalité, de fraternité, de liberté de pensée ou d'action et ce malgré des discours et des déclarations tantôt utopistes, tantôt idéalistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela signifie-t-il que les enseignements de Nichiren soient faux ? Que les interprétations que l'on en fait sont inexactes, erronées...?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou cela ne signifie-t-il pas plutôt que nous n'avons pas encore dépasser le stade de l'enfance et que nous nous contentons de ramasser les fruits et les bienfaits cultivés par d'autres, sans jamais prendre le temps de semer et de cultiver nous-mêmes de nouveaux bienfaits pour les générations futures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous bénéficions directement ou indirectement des actions d'individus seuls mais déterminés à changer leur monde et celui qu'ils et elles envisageaient pour le lendemain. Et nous qui habitons dans ce lendemain, nous oublions d'agir à notre tour, de changer notre monde et celui de demain. Nous parlons beaucoup, nous déclarons nos intentions, nous professons nos espoirs et notre credo, arguant qu'il est suprême ou souverain, mais concrètement notre action est faible. Que nous soyons pratiquants chevronnés ou simples sympathisants, nous ne produisons que peu de valeurs réelles, peu d'actions d'envergure et surtout nous continuons de faire trop de compromis avec une réalité moche, inique et parfaitement intolérable du point de vue humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a 800 ans, le moine Nichiren a fait son boulot. Il n'avait pour lui que son kimono, sa carcasse, sa mémoire prodigieuse, sa culture bouddhique et son esprit de recherche. 800 ans plus tard, il permet à des millions de bénéficier d'un moyen unique et simple de transformer une existence de merde en une vie riche et nouvelle. Considérant que la SGI fêtera bientôt son 80e anniversaire, nous devrions voir des signes distincts et clairs d'améliorations individuelles et collectives à commencer par le Japon (où résident les 4/5e des pratiquants du monde).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelque chose cloche, n'est-ce pas ? Au Japon, la récession est galopante. La jeunesse détruite par la violence juvénile et le plus fort taux de suicide avant 18 ans (au coude à coude avec la Suède, autre modèle social). Les retraités divorcent en masse, incapables de vivre ensemble après trente ans d'une existence décalée. La politique est un panier de crabes dans lequel même le Komeito (parti « propre ») n'est pas épargné... Inutile pour moi d'évoquer la « crise » actuelle pour le reste du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors soit les enseignements de Nichiren ne sont pas valides, soit nous ne faisons pas notre travail. Nichiren ne pouvait pas changer la politique et la culture de son pays à lui tout seul. Mais nous ne sommes plus seuls. Nous sommes légions. Donc je pense très sincèrement que nous ne faisons pas notre part du marché. Nichiren nous donne le moyen de faire la révolution nécessaire à l'intérieur. En échange, nous faisons pacifiquement et sans fléchir la révolution à l'extérieur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ma part, je ressens que les gens, d'une manière générale, sont peu informés de ce qui se passe dans le monde, de ce qu'est l'esprit Soka, de ce qu'est l'éveil et l'enseignement de Nichiren, de ce que cela signifie dans des domaines comme l'économie, la politique, les relations sociales, les structures de la famille, de la parenté, du couple, dans les relations internationales, dans la diplomatie ou encore dans les articulations et les évolutions de nos sociétés qu'elles soient occidentales et industrialisées ou autres... Alors je prend sur mon temps pour publier des articles de fond, des notes, des traductions de textes inaccessibles en français... J'agrège des liens, des idées, des initiatives, des volontés et des bénévoles autour de projets permettant à tout un chacun de connaître le monde dans lequel il et elle vivent, la vision bouddhique que l'on peut en avoir et les alternatives qui existent face à un néolibéralisme destructeur et déclinant. Et comme les gens lisent de moins en moins, je passe à l'étape audiovisuelle (qui est mon métier) pour produire encore plus de documents de référence et pour essayer du mieux possible de créer un espace public construit autour d'actions concrètes, d'initiatives parfois locales, parfois internationales, de réalisations diverses qui prouvent qu'un monde nouveau peut émerger pourvu qu'on y croit et que l'on se donne les moyens de le mettre en œuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le processus de l'éveil n'est pas, à mon sens, un examen de conscience nombriliste. Il n'est pas non plus un exercice spirituel permettant de s'adapter à une réalité extérieure désagréable. L'éveil est une démarche permanente, quotidienne et concrète. Il se traduit dans le réel par des actes, des productions, des gestes et des constructions. Alors, la prière d'accord. Le partage, pas de problème. La communion, pourquoi pas. L'idéal, ce ne sera pas du luxe... Mais avant toute autre chose, passons à l'âge adulte et soyons à la hauteur de nos prétentions. Et si nos prétentions sont le monde, alors il va falloir s'y mettre dès maintenant...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-8862985097724533393?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/8862985097724533393/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=8862985097724533393' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/8862985097724533393'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/8862985097724533393'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/03/laction-fait-la-force.html' title='|L&apos;action fait la force|'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-1839652634027151161</id><published>2009-02-20T09:56:00.005+01:00</published><updated>2009-03-28T12:10:49.041+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='révolution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='comportement'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='alimentation'/><title type='text'>|Une vie toxique|</title><content type='html'>&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Ou la difficulté de vivre dans un environnement hostile&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;La vie a commencé sur notre planète dans un environnement parfaitement insalubre et totalement agressif, au point que les premières bactéries ont dû modifier leurs structures génétiques afin de commencer à produire des produits chimiques capables de transformer les composants de leur environnement particulièrement toxique.&lt;br /&gt;D'abord sous forme végétale, puis animale, les organismes complexes se sont eux aussi développés dans des milieux dans lesquels aucun de nous n'aurait pu survivre plus de dix minutes sans succomber à une affection spontanée fulgurante ou un choc allergique mortel.&lt;br /&gt;Les aménagements provoqués par la relation entre l'environnement (variations de températures, échanges chimico-physiques, productions et transformations d'origine gazeuse ou minérale, mécanique des fluides et des solides, etc.) et les organismes complexes autonomes (bactéries, faune, flore) peuvent être apparentés à la fois à une extraordinaire mécanique combinatoire merveilleusement harmonieuse ou bien à une guerre totale, sans pitié et apocalyptique. Cela ne repose que sur une manière de percevoir l'existence et la représentation que l'on s'en fait.&lt;br /&gt;Malgré cette paradoxale conflagration permanente à tout les niveaux, macro comme microscopiques, les individus continuent de soutenir l'idée farfelue qu'il y aurait un état naturel d'équilibre et de symbiose qui assurerait une hypothétique sécurité physique et mentale, une sorte de moment paradisiaque duquel découlerait à un état intérieur de calme et de perfection. Ce mythe, car il s'agit d'un mythe, se perpétuerait ad vitam (ou ad nauseam) dès lors que nous, les individus apparemment les plus évolués de cette planète, serions enfin en osmose avec l'environnement, adaptant notre comportement à l'infinie diversité d'événements qui surviennent, plutôt que de tenter de réduire et de contrôler notre espace de vie...&lt;br /&gt;Ce mythe repose tout entier sur une perception de l'univers et de l'environnement chaotique, destructeur, inorganisé, auquel l'être humain ne fait qu'ajouter plus de destruction, de toxicité, de pollution et de chaos. Il part de l'idée que le monde est impur et que l'esprit éclairé (on ne spécifie pas ici par quelle lumière) saurait remettre tout cela dans l'ordre et la pureté (originelle ou potentielle) par une juste relation avec l'univers et l'environnement. Et donc ce mythe repose sur une idée (très humaine) d'un monde originel ou d'un univers potentiellement pure, calme, parfait, harmonieux...&lt;br /&gt;Partant de ce mythe, la société moderne (ou post-moderne) s'invente des mouvements convulsifs de résistance aux changements et aux transformations qui naissent des innovations produites par cette même société moderne (ou post-moderne). On combat les OGM. On conspue l'industrie chimique. On jette l'anathème sur la malbouffe. On rejette l'électronique, le plastique, les cosmétiques, le téléphone sans fil, la radio, la télé, la bagnole... En bref toutes les saloperies que nous avons inventés et produites pendant les 300 dernières années.&lt;br /&gt;Ce rejet (ou ces combats citoyens pour l'écologie et le développement durable) n'est pas un simple fonctionnement réactionnaire et conservateur, nostalgique d'un passé fiction où les souvenirs d'antan étaient infiniment plus vivables que les horreurs actuelles. Il n'est pas non plus le fruit d'une analyse puritaine d'un monde tombé dans la consommation et la débauche. Et il n'est pas non plus les prémices d'un mode de vie alternatif qui n'a jamais concerné qu'une frange asociale.&lt;br /&gt;Le rejet et le militantisme contre toute forme d'innovation est le résultat du télescopage avec le futur. Notre développement individuel et collectif a considérablement accéléré notre rythme de vie, la vitesse de développement de nos sociétés et raccourci les cycles de renouvellement des progrès technologiques, scientifiques, humains... Tout ça va trop vite et nous n'avons plus le temps d'imaginer une nouvelle façon de vivre avec toutes ces nouveautés. Il y en a trop, trop vite, trop diverses et trop nombreuses pour que notre capacité d'intégration soit capable de les traiter toutes dans le laps de temps qui les séparent de la prochaine vague d'innovations.&lt;br /&gt;Alors nous fermons le guichet. Nous refusons. Nous sommes dans le déni, total ou partiel. Nous endiguons le ras de marée en produisant des barrières mentales, puis des discours fermés puis des attitudes intégristes et exclusives. Les moins résistants finissent chez le psy. Les plus résistants rejoignent les rangs des fantassins dans de vaines croisades contre le progrès trop grand et trop rapide. Car militant veut aussi dire soldat (lat. miles, le soldat).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pourquoi choisir la posture du combat ?&lt;br /&gt;La première raison est la pollution intellectuelle et spirituelle dans laquelle nous vivons. Tout le monde veut entrer dans notre tête et la bourrer d'une quantité astronomique d'informations publicitaires (pour la plupart), politiciennes, propagandistes, institutionnelles, quand ils ne s'agit pas de conditionnements pures et simples. Les marchands, les politiques, les leaders d'opinions, les spécialistes de ceci ou de cela, les chantres de l'économie, les défenseurs de causes perdues ou gagnées et tous les autres forment une légion qui marche sur notre cerveau, oblitère toute forme de pensée indépendante et créative, efface notre imaginaire pour le remplacer par une purée marron et informe dans laquelle ils planteront leurs idées médiocres, leurs avis misérables, leurs mots mal choisis et impropres, les discours creux et dépourvus de sens...&lt;br /&gt;Nous avons la tête polluée par les autres et par nos propres stupidités. Cela encombre et occulte notre capacité créative et de ce fait nous voilà incapables de faire face à la plus modeste des nouveautés.&lt;br /&gt;La seconde raison est que nous avons l'illusion que notre identité, nos goûts, nos idées, nos avis, nos représentations sont vraies et immuables. Et tout ce qui vient perturber ou contredire notre personnalité, notre ego, notre identité est ennemi. Il faut le rejeter, le confiner dans une cellule sous terre, l'oublier, l'occulter, l'effacer, le faire taire, le tuer, le détruire... Cette identité est une illusion, de la fumée, une fiction plus ou moins bien ficelée que nous croyons être nous, mais qui a été construite de bric et de broc au travers de l'éducation reçue, des influences diverses lors de l'enfance, de l'instruction scolaire, des contacts heureux ou malheureux avec la société, les sociétés, le monde... Et comme c'est la seule chose que nous connaissons, nous pensons (à juste titre peut-être) que c'est la réalité...&lt;br /&gt;Pauvres de nous. Incapables de savoir qui nous sommes réellement, pollués par notre itinéraire, assaillis par le cyclone permanent et en évolution exponentielle de l'information bidon, nous sommes incapables d'examiner calmement un événement, une nouveauté, d'en tirer des leçons et de l'améliorer comme il se doit. Et finalement, nous prenons le parti de devenir les soldats d'un mouvement de réaction contre le progrès, contre ce que nous avons nous mêmes appelé de nos vœux, secrètement ou bien ouvertement désiré, de ce que notre avidité insatiable de nouveautés et de sensations invoque sans cesse.&lt;br /&gt;Oui, nous vivons dans un monde toxique. Dès la naissance, comme le dit le philosophe, nous souffrons d'une maladie incurable qui nous mène au tombeau : la vie. Cette dernière est nocive aussi bien que prodigieuse mais les yeux fermés par l'aveuglement, les oreilles bouchées par la stupidité et la bouche cousue par l'étroitesse d'esprit, nous manquons de voir les merveilles et nous passons trop de temps à gesticuler sans cesse contre ceci, contre cela, pour finir épuisés, déçus, abattus, désespérés, pour ne pas dire déprimés... Car l'individu ne peut combattre le flux du temps, pas plus seul que collectivement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que faire ?&lt;br /&gt;Un slogan de 68 (comme c'est loin...) scandait : « Soyez raisonnables, demander l'impossible ! » Et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas demander l'impossible ? Le beurre et l'argent du beurre... Notre problème ce ne sont pas les téléphones portables, c'est le peu de soins et le prix démesuré qui est demandé pour une prestation nocive et de mauvaise qualité. Et tout cela pour le plus gros paquet de fric dans la poche d'obscurs et anonymes actionnaires qui peut-être sont vos gentils voisins. Notre problème ce n'est pas la pollution chimique c'est l'irresponsabilité de chaque employé d'AREVA, de MONSTANTO, de SUEZ, de TOTAL ou de VEOLIA qui accepte contre un salaire de misère d'aller faire une parcelle du sale boulot de ces « grands » groupes et de nous polluer l'organisme au chlore, aux phosphates, au paraben, aux phtalates, à la dioxine, au souffre, au mercure... On peut accuser les gros PDG et les banques, mais qui leur donne l'argent, le temps, la sueur, les efforts, la vie... Nous ! Toujours nous ! Et encore nous !&lt;br /&gt;Nous sommes les artisans des catastrophes qui nous tombent sur le coin de la gueule. Nous passons notre temps à nous plaindre de tout, à pleurer sur ce qui nous arrive, à combattre contre des moulins à vent, à faire semblant de faire de la politique en mettant le bulletin dans l'urne... Et finalement nous laissons d'autres décider de tout à notre place. Nous leur donnons tout : notre argent, notre temps, notre imagination, nos sentiments, et plus précieux encore notre vie. Et pour couronner le tout, nous le faisons de notre plein gré, sans sourciller, sans rechigner, comme de bons moutons bien éduqués, bien dressés. Nous n'avons donc aucune excuse... Et pour tout dire, nous n'avons pas de projet pour le substituer au projet d'esclavage mondial qui s'organise bien tranquillement en ce moment même.&lt;br /&gt;Nous ne sommes pas bêtes. Nous sommes des bêtes... La question n'est donc pas quand arrêterons-nous de consommer des téléphones portables. La question est : quand arrêterons-nous de bêler en troupeaux ? La vie est toxique. C'est vrai. Mais de tous les éléments toxiques que nous pouvons rencontrer dans l'univers, devinez qui est le plus toxique pour l'instant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-1839652634027151161?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/1839652634027151161/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=1839652634027151161' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1839652634027151161'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1839652634027151161'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/02/une-vie-toxique.html' title='|Une vie toxique|'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-7568549214194479682</id><published>2009-02-08T11:56:00.001+01:00</published><updated>2009-08-19T11:53:32.550+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='action'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='karma'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='révolution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sagesse'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='daimoku'/><title type='text'>| La stratégie du sûtra du Lotus |</title><content type='html'>La stratégie du Sûtra du Lotus, qu'est-ce que c'est ?&lt;br /&gt;Il y a bien des façons de répondre à cette question, tant du point de vue des enseignements de Nichiren que du point de vue de la tradition mahayaniste du Sûtra du Lotus.&lt;br /&gt;La stratégie du Sûtra du Lotus, à la lecture de la lettre intitulée ainsi, pourrait être entendue comme : « d'abord tu fais daimoku, et ensuite tu vois venir. » Et c'est souvent ce qu'on entend.&lt;br /&gt;Sous prétexte que les divinités bouddhiques nous protègent en tant que pratiquants du Sûtra du Lotus, notre pratique suffira à faire apparaître des solutions... voire les meilleures solutions. Cette interprétation est certes rassurante mais inexacte du point de vue du bouddhisme et plus particulièrement des enseignements de Nichiren Daishonin.&lt;br /&gt;Dans la pratique quotidienne du bouddhisme, le point de départ de toute chose est l'individu. C'est l'individu qui perçoit son environnement et c'est lui qui dote ce dernier des attributs de l'éveil ou de la souffrance. Tout dépend de sa perception. Mais la seule perception juste (première des huit nobles voies) ne suffit pas pour réaliser sa mission dans cette vie et parvenir à établir une existence solide.&lt;br /&gt;C'est ce que Nichiren évoque dans cette lettre quand il parle de l'épuisement de la bonne fortune. Il signifie ainsi qu'une force motrice est nécessaire pour alimenter une perception juste. Cette force motrice, ou force vitale, découle du principe inhérent à toute vie, à l'entité réelle de tous les phénomènes, à la Loi merveilleuse exposée dans le Sûtra du Lotus, en bref, tout découle de Myoho Rengué Kyo.&lt;br /&gt;La foi devient alors le pivot déterminant dans la démarche de tout individu. Quelle que soit sa capacité de perception de la situation, sa force propre, ses moyens et ses ressources matérielles, l'individu épuisera toute sa bonne fortune face aux différentes situations qu'il traversera au cours de sa vie. Sans une foi solide, c'est-à-dire une activité spirituelle réelle et profonde, l'individu n'aura aucune possibilité de régénérer, de reconstituer sa bonne fortune lorsqu'elle sera épuisée.&lt;br /&gt;A la lumière de cet enseignement, Nichiren encourage son disciple Shijo Kingo à utiliser la stratégie du Sûtra du Lotus avant toute autre. Il s'agit donc de poursuivre une pratique spirituelle fondée sur les principes livrés dans le Sûtra du Lotus. Nichiren rassemble cette pratique spirituelle dans la récitation de Daimoku et dans l'établissement du Gohonzon comme objet de culte.&lt;br /&gt;Il invite également Shijo Kingo à considérer le guet-apens qui lui a été tendu et duquel il s'est tiré indemne comme le signe que sa bonne fortune n'est pas épuisée et que l'action protectrice des divinités est efficace. Il conclut en déclarant sans concession que la lâcheté est autant l'absence de foi que la complaisance dans la plainte et les récriminations contre l'environnement et les coups du sort.&lt;br /&gt;La stratégie du Sûtra du Lotus repose sur la pratique régulière afin d'alimenter sa propre force vitale et revitaliser sa propre bonne fortune. Cette pratique soutient l'action concrète de l'individu en fonction de sa mission personnelle. Il ne s'agit donc pas d'une posture intellectuelle d'attente ou de dépendance vis-à-vis des divinité bouddhiques.&lt;br /&gt;Dans cette démarche, il n'y a plus de confusion entre les stratégies personnelles nécessaires  pour mener à bien sa mission en cette vie et la stratégie du Sûtra du Lotus nécessaire pour maintenir un état de vie élevé et une existence solide. La confusion, s'il y a, ne repose que sur une mauvaise appréciation de la situation, d'une posture d'attente (et de victime) et surtout d'un manque de foi dans la résolution des difficultés et de leur pouvoir moteur dans notre développement.&lt;br /&gt;En clair, pas de place pour la plainte, ni pour la providence. Le bouddhisme est une philosophie de l'action et une éthique de la responsabilité personnelle dans la construction de sa propre destinée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-7568549214194479682?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/7568549214194479682/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=7568549214194479682' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/7568549214194479682'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/7568549214194479682'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2009/02/la-strategie-du-sutra-du-lotus.html' title='| La stratégie du sûtra du Lotus |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-6916793413804221836</id><published>2008-12-12T11:54:00.001+01:00</published><updated>2009-08-18T11:58:51.961+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='action'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='psychologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='valeur'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='croyance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='foi'/><title type='text'>| Sans compromis, ni regret |</title><content type='html'>&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;ou comment opérer de véritables changements intérieurs et améliorer sa vie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien souvent, la réalisation d'un projet dépend de l'opportunité qui se présente. Mais aussi belle que soit cette opportunité, un meilleur emploi, une occasion en or... il nous faut prendre garde et nous défendre contre le pouvoir insidieux de nos propres voix négatives. « C'est toujours pareil ». « Rien ne change ». « C'est toujours la même chose ». Tout le monde entend ces petites voix mesquines lorsque l'opportunité se présente. Sans la force intérieure pour esquiver et repousser ces voix, toutes les chances sont contre nous. Elles influencent alors notre façon de pratiquer. Notre attitude intérieure s'effrite, cède à l'influence négative de ces voix et finalement l'opportunité passe sans se concrétiser en dépit de ce que nous croyons être nos efforts et sans que nous puissions rien n'y faire, exactement comme le murmuraient inlassablement ces petites voix à la périphérie de notre conscience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Quand on en est là, nos prières ont toutes les chances de ne pas se réaliser » déclarait Takehisa Tsuji, ancien vice-président de la Soka Gakkai. Au cours de la récitation de Daimoku, il est important de bien examiner les pensées qui nous occupent. Car ce sont ces pensées que nous projetons avec force dans l'univers. Grâce à la loi de causalité, nous fabriquons de cette manière notre réalité présente et future. Pour prendre l'image du miroir, si nous faisons un mouvement ou une grimace, le miroir nous imite et nous renvoie cette image. De même, si notre prière dévie de notre objectif, l'univers cristallise cette nouvelle orientation de notre croyance. Que l'on en soit conscient ou pas, nos désirs façonnent notre réalité comme notre image change dans le miroir si nous changeons notre position.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la lumière de ce principe, les situations et les événements que nous expérimentons sont du ressort de notre responsabilité personnelle. En effet, il ne dépend que de notre détermination à maintenir nos objectifs dans le respect de nos désirs pour obtenir une amélioration de notre qualité de vie ou la réalisation de tel ou tel projet. La récitation de Daimoku a donc comme but concret de résister à ces voix intérieures négatives, et à force d'entraînement régulier de ne plus être influencé par elles. Si lors de notre récitation, nous acceptons le compromis avec nos désirs, que nous écornons nos objectifs, ce manque de respect envers nous-même conduit inévitablement à de la frustration, à la souffrance et surtout à l'échec. Une fois votre décision prise, le compromis n'est pas acceptable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bouddhisme est affaire de victoire ou de défaite. Il ne s'agit pas de réaliser des moitiés de projets ou de satisfaire à moitié les désirs. Il s'agit donc de sortir de ce cycle négatif des compromis avec nos souhaits, nos envies de bonheur et la réalisation d'une vie épanouissante. Pour cela, il est important de prendre des décisions et de réciter Daimoku pour vous y tenir. En récitant Daimoku, vous forgez votre détermination, vous projetez la manière dont les choses vont changer, vous envisagez les choses que vous voulez voir se réaliser, vous examinez les différents aspects manifestes de votre projet. Dès lors votre force de pratique et la force de votre conviction vont se déployer et activer la force de la Loi merveilleuse et la force de la sagesse du Bouddha.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="margin-top: 10px; height: 15px;" class="zemanta-pixie"&gt;&lt;a class="zemanta-pixie-a" href="http://reblog.zemanta.com/zemified/6b57ae7c-2a92-493f-a14f-0ccee7c978af/" title="Reblog this post [with Zemanta]"&gt;&lt;img style="border: medium none ; float: right;" class="zemanta-pixie-img" src="http://img.zemanta.com/reblog_e.png?x-id=6b57ae7c-2a92-493f-a14f-0ccee7c978af" alt="Reblog this post [with Zemanta]"&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="zem-script more-related pretty-attribution"&gt;&lt;script type="text/javascript" src="http://static.zemanta.com/readside/loader.js" defer="defer"&gt;&lt;/script&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-6916793413804221836?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/6916793413804221836/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=6916793413804221836' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/6916793413804221836'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/6916793413804221836'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/12/sans-compromis-ni-regret.html' title='| Sans compromis, ni regret |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-5173977100294359852</id><published>2008-10-10T11:25:00.005+02:00</published><updated>2008-11-06T08:58:45.398+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée unique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bouddhisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='valeur'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='institution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='argent'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='illusions'/><title type='text'>| L'obscurité monumentale |</title><content type='html'>Ce matin, le plongeon ! &lt;br /&gt;Malgré toutes les annonces politiciennes et les messages rassurants des chantres du libéralisme mondialisé, les effets des expérimentations capitalistes américaines débarrassées de régulations publiques ont percuté les marchés internationaux. Toutes les places de marché ont accusé des chutes de 5 à 10%. La panique s'est emparée des investisseurs, de cette légion d'actionnaires anonymes et nantis qui veulent du rendement financier à deux chiffres. Ils n'ont certainement pas envie de perdre leurs précieux placements à la faveur des stratégies désastreuses des banques et plus généralement de la finance mondiale.&lt;br /&gt;L'argent virtuel s'échappe des places boursières où les risques démesurés généraient des profits financiers sans mesure. Il retourne dans les centaines de paradis fiscaux insulaires du Pacifique ou des Caraïbes. Les rats de la finance quittent le navire de la mondialisation capitaliste en rangs serrés.&lt;br /&gt;Les conséquences pour nous tous sont encore à venir. Moins d'argent et moins de financement auront pour effet de ralentir davantage les économies technocratiques et de moins en moins industrialisées de l'Occident. La baisse de l'activité aura pour sa part l'effet direct de faire grimper les chiffres du chômage et de mettre à la rue davantage de ceux qui ne connaissaient que la précarité. L'effet indirect sera d'installer les économies fortement financiarisées dans une position d'attente et de prolonger durablement les états de crise et les périodes d'austérité et de rigueur. Les opportunités de protectionnisme, de réformes extrêmes, de fermeture des marchés, de renforcement des lois restrictives, de marginalisation des minorités, des pauvres et des laissés pour compte... Personne n'y croit pourtant le monde de la banque est à expliquer aux agents aux guichets comment faire preuve de pédagogie et se montrer rassurants afin d'éviter les retraits massifs qui sonneraient la chute de nombreux organismes bancaires. Le spectre de la crise de 1929 et les visions de cauchemar de l'Allemagne de Weimar ne sont pas loin...&lt;br /&gt;Comment a-t-on pu en arriver là sans rien voir venir ? Comment avons-nous tous été aussi aveugles ?&lt;br /&gt;Le bouddhisme enseigne que notre monde est celui des illusions : un monde dans lequel les individus s'enlisent de leur plein gré dans les fantasmes et les mirages fabriqués par les désirs. Le plongeon spectaculaire de ce matin en est la plus parfaite expression. Cependant tout le monde continue, avec une inquiétude indicible et difficile à cerner, à vaquer à ses occupations, à poursuivre le même train d'existence sans vraiment prendre le temps de comprendre ce qui est en train d'arriver. Après tout la catastrophe est virtuelle. Elle est invisible. Et tout le monde répète qu'elle ne touche que les Etats-unis.&lt;br /&gt;De cette catastrophe mondiale, quelles sont les images que nous avons ? Quelles informations nous parviennent ? Que savons-nous réellement ?&lt;br /&gt;Rien. Absolument rien.&lt;br /&gt;Nous ne savons rien et nous entretenons cet état de fait. L'ignorance est notre alliée pour survivre au cataclysme. Nous ne savons rien et nous donnons toute notre confiance à des tiers pour nous tirer de là. Ces tiers, des élus, des financiers, des forces de police, des fonctionnaires du Trésor, des journalistes et des économistes, sont là pour nous protéger, pour veiller à ce que tout continue d'aller plus ou moins bien. Nous n'avons pas le temps de nous préoccuper de tout cela, de cette crise, de ces problèmes de crédit, de ces erreurs commises par d'autres, ailleurs, loin...&lt;br /&gt;Ce que nous voulons, c'est de continuer à vivre comme avant. Nous voulons continuer à percevoir des salaires, à consommer toute sortes de produits, à entretenir ce cycle satisfaisant et confortable de la vie moderne occidentale. Ce cycle ne doit pas être interrompu car nos besoins sont insatiables : carburant, nourriture, vêtements, maisons, frigos, voitures, téléphones portables, ordinateurs personnels, appareils photo numériques, ipods, téléchargements, spectacles, divertissements, séries télés, etc. Toujours plus et toujours plus vite !&lt;br /&gt;Et si des conditions extérieures entravent notre manière de vivre, notre « bonheur », notre confort tranquille, et bien tous les moyens seront bons pour combattre ces conditions hostiles et malvenues. Pour maintenir notre façon de vivre occidentale, nous sommes prêts à employer la force et la violence. A l'intérieur, notre puissance publique et ces agents de police sont de mieux en mieux armés pour « neutraliser » sans tuer, pour assurer que l'ordre et la loi soient respectés. A l'extérieur, nos forces militaires, au service de la « communauté internationale », peuvent intervenir pour détruire ceux qui menacent le nouvel ordre mondial, pour éliminer la menace terroriste, pour renforcer et s'assurer que les intérêts occidentaux ne courent aucun risque !&lt;br /&gt;L'obscurité fondamentale a pris des dimensions monumentales. Et que faisons nous ? Nous utilisons les Trois poisons de l'ignorance, du désir insatiable et de la violence. Alors plutôt que d'enrayer l'obscurité, nous la fabriquons en masse, de manière industrielle, selon des procédés performants et optimisés. Voilà comment nous n'avons pas vu venir la cascade de catastrophes qui vient nous percuter en ce vendredi 10 octobre 2008. Nous avons fabriqué ce présent et nous continuons de fabriquer un avenir encore plus sombre.&lt;br /&gt;Nichiren, moine bouddhiste du 13e siècle, a fait la démonstration dans un traité du Moyen-Âge que l'essentiel des catastrophes qui touchent les sociétés humaines ont pour origine l'attitude des mêmes citoyens de ces mêmes sociétés. Les problèmes sociaux et les cataclysmes, auxquels été confrontés les japonais du 13e siècle, n'étaient en rien différents des crises auxquelles nous sommes soumis. Malgré le caractère vernaculaire des termes, Trois calamités et Sept désastres, ce principe, exposé dans l'Abhidharma (Traité de la Scolastique) et dans le sûtra des Rois vertueux, est d'une singulière actualité.&lt;br /&gt;Pour le dire simplement, le principe des calamités et des désastres postule que l'absence de perception et d'action lucides dans le réel engendre toutes sortes de catastrophes naturelles et humaines qui ont pour source l'aveuglement individuel et collectif. Ainsi les désastres se présentent sous la forme de : perturbations atmosphériques, anomalies célestes, incendies de grande échelle, déluges spectaculaires et répétées, tempêtes, sécheresses et conflits de toutes sortes. Les désastres sont essentiellement conjoncturels et résultent d'une mauvaise relation avec l'environnement naturel ou humain. Les calamités, elles, sont au nombre de trois : la destruction par les armes, les épidémies infectieuses et les pénuries entraînant des famines. Elles sont le résultat direct de l'action humaine.&lt;br /&gt;Ce principe n'a rien d'un ensemble de prédictions millénaristes ou apocalyptiques. Il est facile à notre époque de reconnaître chacun de ces désastres ou calamités quelque part sur notre planète et généralement en suffisamment de lieux pour que le doute ne subsiste pas. Partout, les conflits, la pollution, les pandémies, le réchauffement climatique, les pénuries d'eau potable et maintenant de nourriture de base, les tsunamis, typhons, cyclones, tempêtes tropicales et autres déchaînements illustrent parfaitement des facettes d'un principe énoncé il y a deux milles ans.&lt;br /&gt;Dans son traité, le Rissho Ankoku Ron (traité pour la pacification du pays par l'établissement de la Loi correcte), Nichiren attribue l'origine des calamités et des désastres à la prolifération des Trois poisons comme seules valeurs de l'action humaine. Sa démonstration explique assez simplement comment le Désir insatiable (ou Avidité) entraîne pénuries et famines, comment la Violence (ou Colère) entraîne les conflits et la destruction par les armes, et enfin comment l'Ignorance conduit à la diffusion de maladies et à l'extension d'épidémies, souvent mortelles pour les plus démunis.&lt;br /&gt;Le constat est accablant. Il ne s'agit pas d'une crise, qui laisse entendre une situation provisoire ou passagère... Il s'agit de l'extension des Trois poisons à l'ensemble de notre planète et de tous les êtres qui la peuplent. Voilà ce qu'est réellement la mondialisation tant vantée par tous. Un monde divisé et ravagé par la terreur, l'aveuglement et la folie pour une durée aussi longue que l'environnement naturel le supportera, c'est-à-dire jusqu'à l'extinction de notre espèce... Sortir de ce cycle toxique et hostile s'avère une tâche insurmontable pour l'individu isolé. Elle ne peut s'accomplir qu'en retrouvant le chemin de la solidarité humaine et les valeurs qui la constituent. &lt;br /&gt;Alors comment mener une action lucide et conserver une perception toute aussi lucide ? &lt;br /&gt;En cessant purement et simplement d'alimenter notre existence personnelle des Trois poisons dans un premier temps. Puis en cessant d'alimenter notre existence collective de ces mêmes trois poisons, en cessant d'infliger aux autres ce que nous ne voulons pas qu'il nous infligent. Par quoi remplacer les Trois poisons ? Par les Trois vertus envers tous les êtres vivants : celle du Souverain, celle du Maître et celle du Parent. &lt;br /&gt;— Le Souverain est celui qui protège les êtres vivants. &lt;br /&gt;— Le Maître est celui qui transmet les connaissances et l'histoire du monde aux êtres vivants. &lt;br /&gt;— Le Parent est celui qui aime les êtres vivants. &lt;br /&gt;Protéger, transmettre et aimer, voilà les Trois vertus qui respectivement s'opposent à (et doivent remplacer) détruire, ignorer et accaparer.&lt;br /&gt;Ces valeurs ne sont pas spécifiquement bouddhiques. Elles sont connues de toutes les confessions dans le monde entier. Ce sont des valeurs universelles. Et si personne ne peut les manifester pleinement du jour au lendemain, nous pouvons tous commencer dès aujourd'hui apprendre à les manifester dans notre vie quotidienne. Les résultats sont assez faciles à percevoir et ils ne tardent généralement pas. S'ils sont au début modestes, l'exercice constant de ces Trois vertus permet au bout de semaines, de mois, d'années, de décennies de voir apparaître un monde différent, régit par d'autres principes que ceux qui actuellement nous emprisonnent aujourd'hui dans la prison des illusions et de l'obscurité fondamentale.&lt;br /&gt;Tout ce que nous avons à faire est de persister dans cet effort permanent... En aurons-nous le courage ? L'avenir nous le dira.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-5173977100294359852?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/5173977100294359852/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=5173977100294359852' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/5173977100294359852'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/5173977100294359852'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/10/lobscurit-monumentale.html' title='| L&apos;obscurité monumentale |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-473640899094890456</id><published>2008-09-24T10:34:00.004+02:00</published><updated>2008-09-24T10:42:04.035+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='révolution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bouddhisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='illusions'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='alimentation'/><title type='text'>| La conspiration mondiale |</title><content type='html'>Sur les conseils d'une amie, j'ai regardé des vidéos (Daily Motion, Youtube) sur le Codex alimentarius et je reste perplexe. Non sur le sujet, car il y a bien un codex alimentarius, un réseau de commissions privées et non publiques, souvent financées par de l'argent public sans contrepartie de décision pour le public, qui décident, au niveau international en dehors des juridictions locales et surtout des réalités du terrain, de l'ensemble des directives et réglementations dans le domaine de l'alimentation.&lt;br /&gt;Ce n'est pas, loin sans faut, le seul domaine dans lequel, en y regardant de plus près, nous n'avons aucune sorte de pouvoir d'intervention direct et représentatif. La gestion de l'eau, de l'énergie, des mouvements de populations, des formalités douanières, etc., la liste est longue.&lt;br /&gt;Ce qui me dérange dans la présentation faite par le Dr. Rima Laibow, psychiatre de son état, c'est le ton et le fond relativement paranoïaque de son discours. Je dirais à sa décharge que la vidéo est coupée ça et là, que le sous-titrage est approximatif et souvent faux, ne reflétant en rien les nuances de langage du Dr. Laibow, ce qui accentue ce côté paranoïaque de conspiration mondiale voulue par ceux qui ont mis en ligne cette vidéo. J'ai cherché la vidéo in extenso mais pas moyen de la trouver pour l'instant.&lt;br /&gt;Le problème que je rencontre souvent avec ce genre de cri d'alarme c'est l'incontournable complot mondial. Ce n'est pas qu'il n'y a pas une réelle connivence et conspiration de nombreuses organisations transnationales et de corporations industrielles puissantes. C'est qu'elles ne sont pas encore organisées dans le faisceau (fasciste) que décrivent grossièrement de nombreux &lt;span style="font-style:italic;"&gt;whistleblowers&lt;/span&gt; (les gens comme le Dr. Laibow qui attirent l'attention publique sur un problème social grave). Quand je dis pas encore, cela signifie qu'au terme de luttes invisibles du grand public, mais perceptibles pour ceux qui se donnent la peine de s'informer et surtout de réfléchir prosaïquement sur les événements, il se peut qu'un camp l'emporte et nous réduise à un fascisme d'un genre nouveau dominé par la technologie sécuritaire et les manipulations biogénétiques. Or ce n'est pas tout à fait comme cela que l'affaire nous est présentée. Et de la même manière que l'on nous abreuve d'une conspiration mondiale avec des recoupements nombreux et des similitudes stratégiques dans le camp des méchants conspirateurs, il y a une unité de discours de la part de la plupart des détracteurs du fameux complot mondial.&lt;br /&gt;Ce que dit le Dr. Laibow est documenté mais la façon d'articuler l'argumentation est biaisé. Il manque des liens de causalité et bien souvent les motifs ne sont pas les bons. Je n'entre pas dans la polémique ici mais il y a un principe de base qu'il faut garder à l'esprit quand on examine les discours et les actions : « à qui profite le crime...? ». Donc à qui profite ce discours alarmiste, terrifiant et radical ? La manipulation de la communication joue dans tous les sens. Pendant que l'on nous rebat les oreilles des dix troufions abattus dans le cadre de leurs missions et des risques qu'elle comportait, dans le champ de la politique intérieure, l'assemblée et le gouvernement font passer des lois qui réduisent les libertés individuelles. Donc pendant que le Dr. Laibow nous consterne avec les horreurs connues et archi-connues de IG Farben et du Codex alimentarius, que se passe-t-il en coulisses ?&lt;br /&gt;Les images ont le pouvoir de frapper l'imaginaire sans passer par le filtre intellectuel de la réflexion. C'est un avantage et un défaut.&lt;br /&gt;Il reste qu'il est important d'éveiller les consciences sur la valeur individuelle et sur le pouvoir de chacun à faire changer les choses. Plus encore, il s'agit d'éveiller les individus à leur capacité de mobilisation et de collaboration responsable afin de transformer la société dans laquelle ils vivent. De par le monde, un nombre grandissant de gens réussissent cet exploit. Je vous recommande à ce titre &lt;span style="font-style:italic;"&gt;80 hommes pour changer le monde&lt;/span&gt;, de Darnil et Le Roux, en Livre de poche, qui sont aller à la rencontre de personnalités certes discrètes mais efficaces qui entreprennent de transformer la société. Vraiment instructif. Je vous recommande aussi &lt;span style="font-style:italic;"&gt;The Take&lt;/span&gt;, de Avi Lewis et Naomi Klein, film documentaire sur les reprises d'usines et d'ateliers à Buenos Aires en Argentine après l'effroyable crise financière qui a mis à genoux le pays et détruit la vie des gens. Dans le même ordre d'idée, le travail de Marie-Monique Robin, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Monde selon Monsanto&lt;/span&gt; qui vaut d'être vu en vidéo (Arte Vidéo) et lu en livre (La découverte, 2008). &lt;br /&gt;Il y en a encore bien d'autres qui ont pour trait commun de s'attacher à susciter courage et responsabilité personnelle plutôt que terreur et hostilité primaire comme le font beaucoup de documentaires, d'émissions, de livres qui tirent la sonnette d'alarme et n'ont comme discours que la négation et le rejet.&lt;br /&gt;Nous vivons dans un monde assez moche, fragile, vandalisé par les masses incultes et stratégiquement dévoré par des industries nocives. Tout cela est vrai. Mais avoir raison n'a jamais créé de valeurs et la dernière des solutions et des postures à adopter est celle du conflit, car nous savons très bien où cela va nous mener... et surtout qui cela va enrichir davantage.&lt;br /&gt;La lutte (et non la guerre) en cours est celle des esclaves des Trois poisons (Stupidité, Egoïsme, Orgueil) contre toutes les autres factions périphériques qui tardent ou peinent à prendre l'initiative. Il n'y a pas de face à face binaire, bons contre méchants. C'est plutôt Illusion contre réalité. Que l'on soit bouddhiste, chrétien, écologiste, activiste, altermondialiste, libre penseur, anarchiste ou que sais-je encore... Il est temps de s'éveiller au fait que nous vivons dans le monde des illusions. Ces illusions naissent dans notre boite crânienne sans laquelle nous ne pouvons survivre sous forme humaine. Il s'agit donc de réformer notre façon de penser, de nous programmer autrement, d'effectuer une authentique révolution intérieure afin de purifier, de raffiner, de parfaire notre capacité de perception du monde qui nous entoure avec son incroyable foisonnement et son délicat agencement en contante transformation. &lt;br /&gt;Cet exercice quotidien repose sur la volonté de quitter une certaine forme de confort matériel pour parvenir à un équilibre intérieur qui fait fi des circonstances et considère tout obstacle comme une occasion de développement personnel et collectif. Les machinations grossières et technocratiques d'une petite minorité déshumanisée sont certes dangereuses mais elles ne sont pas de taille à résister à un mouvement de la multitude même partiel qui lui retire sa confiance et ses ressources. Que seulement 10% des clients d'une banque nationale se précipitent pour retirer leurs argents et leurs économies et la banque s'effondre en quelques heures. C'est ce qui est arrivé à Lehmann Bros., troisième banque américaine la semaine dernière. Comble de l'anecdote, c'est avec des deniers publics que l'état américain est allé sauver la banque... Dans quel monde vivons-nous ? Combien de temps les gens vont-ils encore se comporter comme des moutons dociles et inoffensifs ? Dans les conditions actuelles, les rebondissements de l'Histoire peuvent se dérouler en l'espace de quelques jours, parfois même de quelques heures...&lt;br /&gt;C'est maintenant que nous vivons des moments historiques et palpitants. Il ne faut pas en perdre une miette et contribuer aussi fort que possible dans la mesure de ses propres moyens. Moi j'écris et je diffuse mon message. Et vous que faites-vous ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-473640899094890456?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/473640899094890456/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=473640899094890456' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/473640899094890456'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/473640899094890456'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/09/la-conspiration-mondiale.html' title='| La conspiration mondiale |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-3417266953357294205</id><published>2008-09-18T09:46:00.008+02:00</published><updated>2008-09-24T10:33:47.248+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='commerce'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='relations internationales'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='société'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='démocratie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='argent'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='travail'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='politique'/><title type='text'>| Le profit, ennemi du bonheur |</title><content type='html'>Sans plus d'adversaires à son seul modèle économique, le capitalisme néo-libéral domine non seulement le monde mais également la façon de se le représenter. Le monde capitaliste est unique, indivisible, centralisé et pyramidal. Une poignée de possédants commande un cadre de décideurs parfaitement dressés, qui organisent une armée d'agents zélés, qui eux mêmes mettent en coupes réglées des légions d'esclaves d'un genre nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autrefois les esclaves étaient enchaînés par la nécessité de la survie. Mais l'histoire a prouvé que ce mode de coercition est contre-productif et parfaitement instable à moyen et long terme. D'autre part, l'esclavage est moralement rebutant et très difficile à soutenir du point de vue religieux, première forge de l'éthique individuelle. Toutefois, l'esclavage demeure l'un des principes les plus efficaces en matière de contrôle des populations et encore à ce jour, il est pratiqué de manière locale dans certaines régions du monde.&lt;br /&gt;Il a donc fallu inventer une nouvelle définition de l'esclavage et remplacer la survie par une autre nécessité vitale et absolue. L'esclavage devrait changer de nom et les chaînes qui lui donne ses caractéristiques de mécanisme de contrôle devraient se faire invisibles. Cette disparition de la servitude a été la partie la plus simple de la transformation de l'esclavage.&lt;br /&gt;L'esclavage repose sur une articulation simple : ta force de travail est à mon service exclusif et inconditionnel en échange de quoi je t'assure la survie. Les conditions de cette survie sont soumises à la conjoncture économique et à mon bon plaisir. Avec l'abolition de l'esclavage, des populations entières se sont retrouvées dans la rue, sans ressources, sans moyens, sans qualification, ni instruction. Souvent transplantées depuis des générations et jamais intégrées, elles se sont retrouvées à la merci d'une nouvelle forme d'esclavage entièrement articulée, cette fois, sur le travail salarié...&lt;br /&gt;Tu n'es plus obligé de donner ta force de travail. Tu la vends. Tu n'es plus contraint à l'exclusivité, pas plus que ton employeur. Tu n'es pas obligé de te plier aux conditions de travail imposées mais le prix à payer est de n'obtenir ni le travail, ni la rémunération correspondante. Sans rémunération, pas de subsistance, pas de protection, pas de survie possible. Adieu l'esclavage et bienvenu dans le monde du travail salarié. Au revoir l'asservissement, bonjour la dépendance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec la fin de l'esclavage comme premier moyen de contrôle des populations et des forces de travail, de nombreux mouvements populaires ont cherché à établir de nouvelles règles sociales pour se défendre contre les possédants et protéger les démunis nouvellement libérés de leurs chaînes. Car si l'esclavage, puis le servage ont été abolis sur des périodes assez longues, il n'y a pas eu de réel transfert de propriété au profit des affranchis. Les grands propriétaires terriens ont conservé l'essentiel de leurs biens (malgré des rebondissements révolutionnaires) et les grands industriels ont conservé les fortunes qui leurs ont permis de développer le monde dans lequel les descendants de ces affranchis vivent aujourd'hui.&lt;br /&gt;En Occident, seul un nombre restreint d'affranchis a réussi à se hisser à la hauteur des grands de ce monde, mais ils conservent la marque de leurs castes ou de leurs basses extractions. Pour le reste, les fortunes et les terres sont dans les mêmes mains depuis plus de deux siècles sans que les révolutions socialistes ne soient parvenues à en renverser le mouvement. Cette situation historique est entretenue grâce au pouvoir militaire et économique dont disposent les puissants. Telle est la réalité à gros traits du monde occidental.&lt;br /&gt;Dans le reste du monde, l'Afrique est toujours enlisée et maintenue dans la misère. l'Amérique latine peine encore à se remettre des traitements effroyables que lui ont infligés d'abord les européens, puis les nord-américains. Enfin l'Asie s'est transformée en vaste usine du monde régie par les règles sociales de servitude maximale du 18e siècle anglais.&lt;br /&gt;En y regardant de plus près, les occidentaux s'en sont plutôt pas mal tirés en abandonnant l'esclavage. Ils ont repoussé les guerres hors de leurs territoires, unifié les marchés commerciaux et les systèmes financiers, mis en coupe réglés des légions de salariés et se sont installés aux commandes d'un gouvernement mondial en usant de leur puissance de destruction et de leur contrôle exclusif des ressorts économiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La clé du succès occidental repose non sur la transformation de l'esclavage en salariat, mais sur le masquage des servitudes et des dépendances par la fabrication d'une fiction élaborée et efficace. Le salut et la rédemption inventés par les religions ayant été détruits par les Lumières et le libéralisme, il fallait un nouveau credo : le bonheur capitaliste et libéral. Rien à voir avec le bonheur tout court, notion philosophique relative et indéfinissable. Rien à voir non plus avec la plénitude ou l'éveil proposé par les philosophies orientales. Le bonheur capitaliste et libéral est tangible, pragmatique et s'inscrit dans la matière. Cette forme de bonheur est né de l'atténuation de la première nécessité, la survie. Lorsque la survie n'est plus un enjeu majeur sanctionné de vie ou de mort, que l'individu n'est plus autant menacé et que ses conditions lui permette d'envisager autre chose que ce qu'il va mettre dans son estomac une ou deux fois par jour, alors que cherche-t-il ? &lt;br /&gt;La réponse est le confort par l'accumulation de tout ce qui viendrait à manquer dans l'avenir.&lt;br /&gt;Dès son plus jeune âge, l'être humain développe une capacité tout à fait fascinante : le stockage. Au début de sa vie, bébé ne sait que faire de trois objets alors qu'il n'a que deux mains. Il lâche volontiers l'un pour prendre l'autre et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il se détourne de ces trois objets pour s'intéresser à autre chose. Mais assez rapidement, bébé découvre qu'il peut stocker le troisième objet, voire un quatrième et un cinquième dans des compartiments autres que ces mains. Ainsi sa bouche, puis les plis de ses vêtements, puis des récipients improvisés ou naturels deviennent des lieux de stockage de tout ce que bébé veux garder. C'est grossièrement sur cette phase de l'apprentissage de la vie que se construit notre propre capacité de stockage physique comme intellectuelle.&lt;br /&gt;C'est aussi sur cette particularité humaine que s'appuie tout entier le capitalisme libéral. Ainsi le bonheur capitaliste est le stockage et la possession de tout ce qui participe du confort individuel (le confort collectif n'étant nécessaire que s'il maximise le confort individuel). Sur cette base se sont construit le consumérisme, la propriété privée, l'exclusivité, la détention du capital, l'actionnariat et le profit. Cette dernière notion n'est pas conçue comme un développement intérieur mais comme la maximisation des biens déjà possédés et l'augmentation de leur valeur en quantité comme en qualité. C'est sur la notion de profit que le capitalisme libéral a orchestré la fiction du bonheur capitaliste libéral. Le profit étant une notion relative à la somme de biens possédée, il est parlant pour tous, à tous les échelons de la pyramide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'un point de vue bouddhique, l'esclavage reposait sur le premier principe des Trois poisons, la stupidité. Car quoi de plus stupide qu'une foule d'esclaves exploités par seulement une poignée d'esclavagistes. La peur de la mort était le moteur de la perpétuation de ce système. Mais le besoin de maximiser les profits a permis une meilleure survie des esclaves et les a libéré, contre toute attente, de la servitude. La stupidité a été anéantie par la rapacité, deuxième principe actif des Trois poisons. Pour contrecarrer ce nivellement, les puissants ont recours au troisième principe actif, l'orgueil, afin de maintenir les anciens esclaves dans l'univers de la rapacité.&lt;br /&gt;L'orgueil est une notion complexe qui en l'occurrence se définit par un sentiment de supériorité absolu des uns (les puissants) sur les autres (les faibles). Ces manifestations sont multiples mais toujours articulées sur la violence sous toutes ses formes : guerre, oppression, corruption, torture, etc. La stupidité se caractérise par l'absence de connaissance des choses, l'avidité par une obsession pathologique pour un nombre restreint de choses, l'orgueil par une perversion de la connaissance des choses de l'existence. Ainsi l'orgueil considère le stockage des ressources comme une source de pouvoir alors même qu'il ne s'agit que d'un moyen d'anticiper les aléas de l'existence. L'orgueil nous dicte de protéger nos biens contre les autres, de les repousser hors des limites de notre territoire, de tuer si nécessaire, de piller le bien des autres s'ils sont faibles ou moins bien organisés, de rivaliser avec ceux qui possèdent moins ou plus...&lt;br /&gt;Où que l'on regarde, le monde moderne ne diffère pas du monde ancien. Les Trois poisons sont à l'œuvre et dominent les esprits. Au point que la lecture des écrits de Nichiren, pourtant vieux de huit siècles, nous éclairent tout autant que s'il avait été écrits hier : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Notre monde est le domaine du Démon du sixième ciel. Ses habitants sont liés à ce Roi-Démon depuis le temps sans commencement. Il a non seulement construit une prison de vingt-cinq royaumes dans les Six Voies afin d'y enfermer toute l'humanité, mais il a aussi mis des fers aux pieds des femmes et enfants, et pris parents et souverains dans des filets qui obscurcissent le ciel. Pour masquer la nature de bouddha qui est la véritable nature humaine, il incite les hommes à boire le vin de l'avarice, de l'orgueil-colère et de la stupidité, et ne leur donne à manger que des mets empoisonnés qui les laissent prostrés sur le sol des Trois mauvaises voies.&lt;/span&gt; » (Lettre aux frères, Minobu 1275)&lt;br /&gt;En actualisant, voilà ce que cela donnerait : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Notre monde est dominé par l'illusion fondamentale. Ses habitants y sont attachés depuis la nuit des temps. L'illusion a produit non seulement des frontières et des systèmes afin d'y enfermer toute l'humanité, mais aussi des discriminations pour limiter les femmes et les enfants, et emprisonné les citoyens et leurs représentants dans des sphères artificielles qui les coupent du réel. Pour masquer la nature éveillée qui est la véritable nature humaine, l'illusion fondamentale abreuve les gens de consumérisme, de rivalités et de bêtises tout en les gavant de nourritures empoisonnées qui les laissent prostrés dans un monde de stupidité, de voracité et de bestialité... &lt;/span&gt;»&lt;br /&gt;Mais qui est donc ce Roi-démon du sixième ciel, ou cette illusion fondamentale ?&lt;br /&gt;Ce n'est pas une entité satanique ou une force négative transcendantale. C'est la capacité de chacun à se voiler la face, à faire preuve d'aveuglement et à se complaire dans les trois poisons alors même que l'on est parfaitement conscient de la trajectoire fatale que cela donne à notre vie individuelle ou collective. Cet aveuglement se nourrit de chaque cigarette que nous mettons à la bouche, de chaque injure que nous professons verbalement ou simplement en pensée à l'encontre d'untel ou d'unetelle, de chaque mensonge que nous inventons pour éviter une situation inconfortable, de chaque fois que nous prenons le volant le cerveau embrumé par l'alcool, de toutes les mesquineries et de toutes les brimades que nous subissons ou que nous faisons subir dans des emplois détestables et dénués de sens... La liste est sans fin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous les jours, nous fabriquons notre modeste et efficace contribution à cette masse informe et infinie de stupidité, de violence et de frustrations. Et tout cela dans un seul et unique but ressassé ad nauseam à la télé, sur les murs du métro, dans les magazines, dans les livres, dans le discours des politiciens et des autres : le profit. Oui le profit. Nous perpétuons ce cycle toxique qui nous empoisonne la vie pour le seul et simple profit personnel et égoïste. Nous coupant de la réalité de l'existence plus complexe, plus vaste que l'individu et surtout plus difficile à appréhender.&lt;br /&gt;C'est l'effort nécessaire qui nous rebute, car faute d'un moteur puissant comme la survie individuelle, nous sommes tous pareils... Nous préférons le confort personnel à la beauté du monde. Notre erreur est de croire que notre confort personnel peut échapper à la misère, à la guerre, à la famine, à la pestilence qui sera le lot des autres, des faibles, de ceux qui n'ont pas de chance ou qui n'ont rien compris...&lt;br /&gt;La récente crise financière que les médias étouffent autant que leurs maîtres politiques et industriels leur commandent vient subitement contredire le modèle si performant du capitalisme néo-libéral. Le malheur des surendettés américains qui finalement ont perdu le peu qu'ils possédaient en essayant seulement d'obtenir un toit sur la tête semblait cantonné au pays du capitalisme sauvage, les Etats-unis. Mais telle une épidémie, la crise s'est étendue. D'abord à la Grande-Bretagne avec des faillites bancaires spectaculaires aussitôt étouffées dans l'œuf, puis par l'effondrement de l'immobilier, valeur de référence et de réserve traditionnelle... Et maintenant, la crise arrive sur le continent européen, solidement cadenassé derrière la BCE, alors qu'aux Etats-unis, la troisième banque américaine fait faillite, que la deuxième compagnie d'assurance mondiale est quasi nationalisée par la Banque fédérale américaine.&lt;br /&gt;Il est curieux, voire suspect, de voir combien les pertes de la Société Générale ou du Crédit Agricole, passent rapidement à la trappe des journaux télévisés pour faire place à des conflits lointains, des problèmes écologiques insolubles ou des faits divers locaux. Mais c'est le propre des sociétés dominées par l'Orgueil, la Rapacité et la Stupidité que de masquer les chaînes de la servitude. Il faut continuer à consommer, à faire marcher le crédit, à ne pas céder à la panique, à faire tourner l'économie néo-libérale et à renflouer la finance internationale à la dérive. Et tout cela pour le profit de qui ? Des trois cent millions d'actionnaires qui possèdent le monde et des dizaines de milliers de gestionnaires qui démontrent leur incompétence à le gérer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains diront que j'exagère, que je caricature, que je considère des complexités économiques sous un angle simplificateur et populiste... Je ricane d'avance. Les gens se croient libres parce qu'ils ont un frigo, une bagnole et une baraque, mais ils oublient que tout cela est périssable et que le moment venu les compagnie d'assurance préfèrent un long procès à un règlement immédiat, comme c'est le cas à la Nouvelle Orléans en ce moment même. Les gens pensent que leur autonomie repose sur leur épargne et leur capacité de crédit, mais que se passe-t-il quand votre banque vous annonce qu'elle ferme ses guichets et qu'elle n'est plus solvable de vos avoirs ? Ça n'arrive pas qu'aux autres et pas seulement dans les républiques bananières d'Amérique centrale ou de l'Asie du Sud-est. C'est nos voisins anglais et américains qui en souffrent maintenant.&lt;br /&gt;Le Daichido Ron, un traité classique du bouddhisme Mahayana déclare que les trois poisons sont la source de trois calamités : la guerre, la famine et la pestilence. Nous croyions que ces scénarios catastrophiques étaient désormais oubliés et relégués aux confins de notre champ de vision et de notre actualité. Que chacun se réveille ! Le profit néo-libéral est l'ennemi du bonheur. Il ne profite qu'à une poignée qui contrôle plus de la moitié des actifs mondiaux. Tous les autres n'ont que des miettes qui leurs seront enlevées si les temps se durcissent. Car comme le dit un proverbe chinois : « Quand les gros maigrissent, les maigres meurent. »&lt;br /&gt;Au nom du profit et du pouvoir d'achat, le capitalisme néo-libéral détruit non seulement la planète mais aussi sa population humaine et animale. Devant l'ampleur du saccage, tout le monde ou presque semble s'en désintéresser. Que faire ? Comment combattre un tel mouvement ? Comment éveiller les consciences ? Comment trouver la force ? Toutes ces questions sont des feuilles de vigne que l'individu se lance à la tête pour éviter de prendre ses responsabilités personnelles dans la plus grave crise de l'histoire de l'humanité. Aujourd'hui, il suffit de brancher la télé pour voir que les trois calamités sont déjà là ! Elles sont localisées mais nous savons que le monde est désormais globalisé. Et la crise financière qui frappe toutes les places de marchés des pays dits «développés» est le premier signe que les fléaux se propagent désormais à l'échelle de la planète. &lt;br /&gt;Combien de temps allons-nous continuer à attendre avant d'agir ? Combien de temps allons-nous continuer à garder la tête dans le sable ?&lt;br /&gt;Changer le monde est un effort constant, quotidien et responsable. Il nécessite de s'informer, de se remettre en question, de contester et d'agir concrètement. Mon action principale est d'écrire et de diffuser mon message. Ceux et celles qui veulent en discuter sont les bienvenu(e)s. Les alternatives existent. Les gens qui suivent le chemin du changement sont là... Et vous que faites-vous ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-3417266953357294205?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/3417266953357294205/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=3417266953357294205' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/3417266953357294205'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/3417266953357294205'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/09/le-profit-ennemi-du-bonheur.html' title='| Le profit, ennemi du bonheur |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-1203569698900279048</id><published>2008-08-14T10:21:00.004+02:00</published><updated>2008-10-25T16:31:24.666+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='commerce'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='relations internationales'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='diplomatie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='politique'/><title type='text'>| L'extraordinaire modèle conquérant chinois |</title><content type='html'>La Chine part à la conquête du monde. Cet immense empire autrefois campé sur ses limites orientales est désormais la grande puissance, certes discrète, de notre monde globalisé. Mais la Chine ne suit pas les modèles impérialistes occidentaux, erreur commise par le Japon à la charnière du 19e et du 20e siècle. La Chine use d'une toute nouvelle stratégie puisée dans les traités de stratégie militaire des temps antiques. Son secret : la claire et nette séparation entre le commerce et la politique.&lt;br /&gt;Présente au Soudan, en Birmanie, en Iran, au Vénézuala, la Chine débarque non comme un état souverain mais comme une gigantesque corporation industrielle, en fait la plus grosse corporation mondiale : plusieurs dizaines de millions d'ouvriers à des tarifs horaires défiant toute concurrence, des centaines de secteurs d'activité, des liquidités en dollars quasiment infinies et la volonté de s'arroger les meilleures part de marché dans l'énergie.&lt;br /&gt;Que propose la Chine à des pays comme le Soudan ou le Tchad ? Le déploiement d'infrastructures d'exploitation des champs pétrolier actuels ou futurs, ce qui comprend aussi des routes, des infrastructures d'hébergement, des usines, des projets immobiliers, des chemins de fer, en bref les infrastructures qu'aucune autre corporation privée ne peut proposer à un gouvernement. Non seulement la Chine offre tout cela mais à des taux de remboursement interdisant toute compétition à des multinationales ultra financiarisées prisonnières du bénéfice à court terme.&lt;br /&gt;Quelles conditions la Chine impose-t-elle à ces pays ? Aucune ! Rien ! Nada ! Alors même que la banque mondiale ne consent des prêts qu'à des états qui s'engagent à respecter des gouvernances dictées par les gouvernements occidentaux (U.S. et Europe), la Chine déclare qu'elle n'intervient pas dans les affaires politiques et la souveraineté des peuples et des nations.&lt;br /&gt;L'Occident crie au loup dénonçant la politique du laisser-faire. Mais la Chine ne répond rien et se contente de laisser les états régler leurs propres affaires quelques soient les factions au pouvoir. Il n'y a aucun cynisme dans cette démarche gagnant-gagnant car non partisane. La diplomatie commerciale chinoise est bénéficiaire dans tous les cas et inscrit sa politique dans une séparation stricte entre le commerce et la politique, au grand dam de la "communauté internationale".&lt;br /&gt;La Chine dispose d'autres atouts efficaces pour repousser les tentatives hégémoniques des grandes corporations mondiales et des états qui leur sont soumis. Elle dispose d'un siège permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU, au même titre que les Etats-unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie. Son droit de veto lui permet de paralyser la seule entité qui intervient régulièrement dans les affaires intérieures des états "rebelles".&lt;br /&gt;Et si cela ne suffit pas, la Chine dispose d'une arme encore plus puissante : des réserves en dollars gigantesques. Premier bailleur de fonds des Etats-unis, la Chine dispose là du levier le plus puissant qui soit sur l'économie américaine et donc sur l'ensemble des corporations internationales.&lt;br /&gt;La Chine conquiert le monde, et les vieilles stratégies impérialistes occidentales ne sont pas taillées pour l'arrêter.&lt;br /&gt;Transformant le poison en élixir, la Chine a su et saura tirer parti des faiblesses apparentes du système libéral occidental pour le retourner contre les artisans historiques de ce dernier. La Chine change dans un monde qui tarde à entamer une transformation radicale de ses conceptions et de ses représentations. Et nous savons tous que les résistances au changement sont souvent les ferments de guerres aux dimensions mondiales...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-1203569698900279048?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/1203569698900279048/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=1203569698900279048' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1203569698900279048'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1203569698900279048'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/08/lextraordinaire-modle-conqurant-chinois.html' title='| L&apos;extraordinaire modèle conquérant chinois |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-6346013435960564419</id><published>2008-08-01T11:39:00.018+02:00</published><updated>2008-08-06T23:56:14.813+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sociologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='valeur'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='institution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='comportement'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='communication'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='attitude'/><title type='text'>| La Poste, au service du recouvrement |</title><content type='html'>La Poste est une institution extraordinaire. Créée par Louis XI pour acheminer les communications royales en temps de guerre (autant dire tout le temps), les relais postes vont bientôt rivaliser et détrôner les messagers d'universités (entièrement contrôlés par l'Eglise). Elle devient une institution républicaine avec la Révolution et l'Empire et accessible au public grâce à l'invention du timbre poste, contre-marque à valeur fixe contractuelle. Deux cents ans plus tard, La Poste est non seulement un service public de transmission du courrier privé et public, un service d'acheminement de marchandises et de biens mais aussi un organisme bancaire.&lt;br /&gt;En ouvrant ses services aux particuliers, La Poste a permis la naissance de l'espace de communication publique. Et au travers de cet espace public, elle a libéré la communication du carcan dans lequel l'avait emprisonnée l'Eglise et le Souverain. Pendant une période relativement longue du point de vue de l'Histoire récente, mais très courte du point de vue de l'histoire humaine, La Poste a permis l'émergence de la liberté de circulation de l'expression au même titre que la presse et l'imprimerie. Mais ce temps épistolaire est désormais révolu et cette institution sans égale est revenue sur ses pas pour retrouver sa position initiale.&lt;br /&gt;Aujourd'hui, qu'y-a-t-il dans notre boîte aux lettres ?&lt;br /&gt;Des lettres d'amour ? Des correspondances dignes d'être publiées à La Pléiade dans quelques décennies ou siècles ? Des manuscrits uniques et réfléchis sur la condition des hommes et de leurs sociétés ? En vérité, rares sont les occasions de se réjouir du courrier. Seules les cartes postales épisodiques de quelque amoureux de l'écriture émaillent un flux quotidien d'informations publicitaires et de courriers administratifs.&lt;br /&gt;La Poste est redevenue l'outil du pouvoir mais pas celui de l'Eglise et du Souverain. Elle est le service de notification de recouvrement de l'Etat et de la Banque. Et lorsqu'elle ne sert pas le pouvoir, elle se rémunère grassement sur la distribution de prospectus, de périodiques et de papiers publicitaires. Epluchez donc votre courrier et voyez vous mêmes : facture, facture, publicité, facture, publicité, facture, ad nauseam... On pourrait jeter le blâme sur le téléphone (encore géré par l'institution postale il y a seulement quarante ans) et sur Internet pour expliquer et justifier la relégation de La Poste à l'inconfortable rôle d'oiseau de mauvaise augure. Mais ce serait oublier le rôle original de l'institution.&lt;br /&gt;Ce rôle s'est transformé pour épouser les mutations capitalistes contemporaines. Dans la gouvernance mondiale des marchands, le service postal est naturellement devenu le vecteur de choix pour toutes les formes de recouvrement de créances et surtout celles des principaux acteurs de la gouvernance marchande : les organismes collecteurs et les organismes financiers qu'ils soient publics ou bien privés.&lt;br /&gt;Pendant un temps, nous avons entretenu le mythe d'une poste organique, véritable lien invisible et privilégié entre les individus. Nous avons même été jusqu'à croire que le courrier pouvait constituer une sorte de contre-pouvoir face à la propagande et au totalitarisme. Le facteur était une sorte de héros discret et fidèle, lié par un serment informel de bonne in de service. Mais cette mythologie cède le pas au réalisme cynique d'une époque vide de sens et de finalité dominée par la dictature des plus riches.&lt;br /&gt;Finie la poste de mamie qui vous envoie un petit pécule pour votre anniversaire. Finie aussi le postier sympathique qui vous amène des nouvelles de parents en province. La Poste, comme beaucoup d'autres institutions, a rejoint le camp du profit et de la performance. Et ouvrir la boîte aux lettres ou la porte au postier peut s'avérer nuisible au reste de votre journée. Du service des usagers, La Poste est maintenant au service du recouvrement. Par les temps qui courent, il n'est pas impossible que le postier, tout comme le pompier il n'y a pas si longtemps, devienne une cible privilégiée dans des contextes urbains explosifs et manifestement en décalage avec l'opulence des messages publicitaires et les demandes parfois injustifiées de créanciers avides et dépourvus de morale.&lt;br /&gt;Que faire contre cette apparente fatalité ?&lt;br /&gt;Seuls, notre marge de manœuvre est extrêmement limitée et l'impact de notre action est invisible. Mais collectivement, des opportunités se présentent. Pour combattre l'invasion publicitaire de votre boite aux lettres, le simple macaron ne suffit pas. Et il est important de savoir que le coût de collecte et d'élimination de cette inondation publicitaire s'élève jusqu'à 150 € par tonne de papier et de plastique. Sans compter que le coût d'envoi et de fabrication de ces publicités sont répercutés sur les prix des produits proposés.&lt;br /&gt;Pour la publicité qui ne comporte pas votre adresse, prenez le temps de la mettre dans une enveloppe sans la timbrer et expédiez là soit à l'annonceur, soit directement à la présidence de la république (c'est-à-dire à la chancellerie). Vous pouvez évidemment y joindre une lettre de protestation. Le coût de l'envoi est à la charge de celui qui reçoit le pli. Une autre stratégie est de mettre les prospectus non adressés dans les boîtes aux lettres jaunes de La Poste, puisqu'elle distribue plus de 50% de ces mêmes prospectus. Enfin, vous pouvez demander au facteur, au receveur des postes ou encore à la direction de la Poste locale de ne plus recevoir de prospectus non adressés. Parfois, vous tombez sur un être humain et il ou elle fait le nécessaire qui est votre droit le plus strict.&lt;br /&gt;Pour le courrier comportant votre adresse, c'est encore plus simple. Rayez votre adresse, inscrivez la mention "Refusé, courrier non sollicité", ne timbrez pas et hop dans la boîte aux lettres de la Poste.&lt;br /&gt;Pour les courriers de recouvrement, il faut encore s'adapter à de nouvelles conditions. Toutefois, l'intérêt principal de vivre en République est que l'information administrative est publique. Il est donc possible à tout un chacun de se saisir des textes de loi, des décrets d'application et sans aucune formation juridique de plaider sa cause. Bien qu'en France, les &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Class actions&lt;/span&gt; ne soient pas permises, il existe une foule d'associations de défense des consommateurs et des contribuables très expérimentées sur le terrain de la contestation républicaine. En recevant des courriers hostiles, émanant d'organismes de recouvrement, d'huissiers ou autres créanciers, il est simple et souvent peu onéreux (une adhésion simple à l'association en question) de se faire conseiller dans des cas de litiges, y compris avec les institutions de la République.&lt;br /&gt;Une fois de plus, il faut savoir que les litiges constituent une part considérables des bénéfices et des chiffres d'affaires de milliers de sociétés privées ou juridiques et que les délais de mise en recouvrement se sont réduit de manière radicale en seulement 20 ans. Il est donc important et responsable de toujours considérer l'éventualité d'un conseil, d'une démarche de défense ou de contestation dans tous les litiges qui se présentent... Tout le monde y a recours (car personne n'aime le sale travail) et nul n'est à l'abri.&lt;br /&gt;En conclusion, bien que La Poste abandonne son rôle de ciment social pour devenir un rouage dans la machine de recouvrement de créances, il nous est encore possible de transformer le poison en élixir et de mettre les moyens de La Poste à notre service tout en faisant porter le coût à des tiers apparemment anonymes et hors d'atteinte. Il ne s'agit pas de se montrer plus malin mais seulement de faire siens les principes institutionnels et républicains qui ont été déployés par nos aînés et ceux qui, en leurs temps, ont fait passer en priorité notre futur devant leurs intérêts immédiats.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-6346013435960564419?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/6346013435960564419/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=6346013435960564419' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/6346013435960564419'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/6346013435960564419'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/08/la-poste-au-service-du-recouvrement.html' title='| La Poste, au service du recouvrement |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-1216180451966511708</id><published>2008-08-01T10:08:00.001+02:00</published><updated>2008-08-05T17:01:06.356+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='relations internationales'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='actualité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='médias'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='justice'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='télévision'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='politique'/><title type='text'>| La justice internationale, une arme contre les peuples |</title><content type='html'>ARTE consacre cette semaine une série d'émissions thématiques sur les conflits dans l'ex-Yougoslavie, essentiellement centré autour de la Serbie et du symbole du régime de l'époque, Slobodan Milosevic. L'une de ces émissions porte sur le procès attenté par le Tribunal pénal international [TPI] de La Haie à l'encontre de Milosevic pour crime(s) de guerre et crime(s) contre l'humanité. Au travers de ces nombreuses émissions, démontrant un choix éditorial de qualité à la hauteur de la chaîne de télévision qui les diffuse, on redécouvre une chronologie et les témoignages filmés de nombreux protagonistes de cet événement que l'on considère maintenant comme l'histoire des Balkans, de l'Europe et du monde en général.&lt;br /&gt;Ayant de profond liens avec les serbes de France depuis plus de 25 ans et marié avec une française d'origine serbe, il m'est difficile de faire la part des choses étant personnellement impliqué dans cette histoire, même de façon lointaine. Pratiquant le bouddhisme Soka depuis plus de vingt ans, ces événements ont d'autant plus d'importance qu'ils posent de manière aiguë l'impact de la guerre, de la haine raciale, ethnique ou culturelle et surtout de la justice sur la vie des êtres humains.&lt;br /&gt;Nul doute que les horreurs perpétrées par des forces armées en état de guerre, que les exactions des militaires et des francs-tireurs qui les accompagnent sont des actes intolérables et totalement inexcusables. Mais ce qui frappe l'esprit dans cette description méthodique selon des angles de vue toujours différents est la volonté de montrer une certaine image des réalités de l'époque et surtout des mobiles de tous les événements qui ont précipité les Balkans dans la guerre totale, civile et définitive. Au travers de cette articulation historique de notre Europe, ce sont les termes et les mécanismes des conflits contemporains qui émergent. Mais plus encore, avec la mise en œuvre, et dans une certaine mesure la mise en scène, du procès de Milosevic au TPI, ce sont les rouages invisibles des relations internationales qui affleurent pour qui sait les lire.&lt;br /&gt;Je n'ai pas la prétention de percevoir correctement les infinies subtilités de la Guerre des Balkans. Je ne suis ni diplomate, ni magistrat, ni avocat spécialiste des affaires internationales, ni militaire de haut rang et encore moins représentant politique. Mais je ne considère jamais les informations, surtout télévisées, comme vérités ou même reflets d'une vérité quelconque. Pour comprendre une telle complexité, j'essaye, à titre personnel, de parler avec autant de gens concernés que possible afin d'avoir des informations de première main, même tempérées par les émotions, les a priori et la culture individuelle. Ensuite, j'essaye de comprendre les situations du seul point de vue des individus, des êtres humains et non du roman que chacun raconte.&lt;br /&gt;Dans l'ensemble de la Guerre des Balkans, ce qui me frappe en premier lieu c'est le rôle, le poids et l'incroyable influence de ce qu'on appelle désormais la «communauté internationale». Qui est cette soi-disante «communauté internationale» ? La réponse évidente est de dire qu'elle est une autre appellation, plus populaire, de l'ONU. Mais ce n'est pas le cas. Dans tous les théâtres d'opérations de la «communauté internationale», Irak, Somalie, Yougoslavie, Iran, Palestine... ce n'est pas l'ensemble des pays de l'ONU qui a été représenté mais une portion réduite à une partie seulement, essentiellement concentrée dans le conseil de sécurité de l'ONU. Ce dernier est composé de 5 membres permanents (tous vainqueurs de la Seconde guerre mondiale) et de 10 membres non permanents renouvelés tous les 2 ans (selon un procédé relativement complexe qui les rend impuissants).&lt;br /&gt;La «communauté internationale» est avant tout une notion nébuleuse et inconsistante qui permet aux services de communication de désigner les coalitions de pays riches et avancés contre d'autres pays impliqués dans des règlements ou des conflits frontaliers dont les origines sont en majorité attribuées aux politiques de colonisations de ces mêmes pays avancés et riches désormais coalisés. Plus symboliquement, la «communauté internationale» désigne le camp du bien face aux forces du mal, quelles qu'elles soient, où qu'elles soient. Ces deux déclarations sont sommaires mais enfoncent de telles portes ouvertes que je ne perdrais pas de temps à élaborer sur une argumentation.&lt;br /&gt;Toujours dans cette Guerre des Balkans, le deuxième acteur spectaculaire est le TPI, le Tribunal pénal international. Ce dernier ne doit pas être confondu avec la Cour pénale internationale. Les TPI sont des tribunaux temporaires et exceptionnels décidés et imposés par le Conseil de sécurité de l'ONU, c'est-à-dire par la France, les Etats-unis, l'ex-URSS, la Chine et le Royaume-uni plus que les dix non permanents qui n'ont concrètement aucun poids. Ces tribunaux disposent de moyens considérables, entièrement financés par l'argent public de tous les adhérents payants de l'ONU et surtout de l'appui du Conseil de sécurité. Ils ont, nous l'avons vu, la capacité à déférer un chef d'état, élu légalement par sa population et à le considérer comme un simple accusé de droit commun au-delà de la juridiction légale et souveraine de son propre pays. Cette suprématie pose d'énormes problèmes de droit international relevé à plusieurs reprises par nombre de pays membres de l'ONU et critiqués en conséquence. &lt;br /&gt;Depuis les TPI pour la Yougoslavie (1993), celui pour le Rwanda (1994), les Nations unies, cette fois en assemblée, ont adopté, par le traité de Rome une Cour pénale internationale disposant d'une compétence plus large que les TPI. Mais les trois principaux membres permanents du Conseil de sécurité (Les Etats unis, la Chine et la Russie) ont refusé de le ratifier (ainsi que 85 autres pays). La CPI est une perte de contrôle évidente des trois plus grandes puissances du monde sur l'outil juridique international. A la lumière de cette fin de non recevoir, ces institutions apparaissent comme ce qu'elles sont : des instruments de rétorsion contre les états, et au travers des états, les sociétés et les peuples.&lt;br /&gt;En dépit de la déclaration d'intention des TPI, de juger des personnes et non des gouvernements ni des populations, la nature de l'intervention des TPI les extraient du champs de la puissance publique. La puissance publique dispose dans chaque pays et selon la nature des régimes gouvernementaux d'une force de police et d'un appareil judiciaire chargés de maintenir l'ordre et de faire respecter les lois édictées par les représentations populaires (chambres, assemblées, congrès, etc.). Les TPI se placent en surplomb de la capacité des peuples, de leurs représentations politiques et de leurs appareils judiciaires propres. A l'image des membres permanents du Conseil de sécurité, ils sont supérieurs aux intérêts des peuples et des pays.&lt;br /&gt;En faisant le procès d'un homme, en l'occurrence Slobodan Milosevic, le TPI dit ne juger ni le gouvernement, ni les populations. Mais l'homme d'état est le produit d'un régime, des institutions qui le constituent, des élus et des électeurs. Cette réalité a servit largement l'accusation afin de démontrer les chaînes de commandement et de charger l'accusé. Et même dans une dictature féroce (ce qui n'était pas le cas de la Yougoslavie), la population contribue également à la perpétuation du régime. Les exemples historiques tels que Gandhi, Mandela et d'autres démontrent la capacité des peuples à reprendre en main leurs destins nationaux et à cesser un collaboration passive. Il est donc hypocrite de déclarer que le TPI ne juge pas les populations et les régimes. Il est également hypocrite de déclarer que le TPI est une institution produite par la puissance publique internationale ou bien par une quelconque «communauté internationale» ou planétaire.&lt;br /&gt;Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, il aura fallu seulement dix ans pour voir apparaître de nouvelles institutions supranationales capables de permettre aux grandes puissances d'intervenir partout et en toutes circonstances en disposant d'arguments juridiques à l'appui de leurs politiques. Je ne dis pas qu'il ne fallait pas intervenir dans les conflits des dix dernières années (Rwanda, Serbie, Somalie, Koweit, Ethiopie, etc.). Je dis que les institutions juridiques internationales crées pour justifier les interventions armées sont également des armes et des moyens de rétorsion contre les états. Plutôt que de permettre l'émancipation, elles sont des outils de coercition, d'aliénation et surtout les ferments d'autres conflits sans fins, sans limites, sans frontières, ce qu'on appelle aujourd'hui le terrorisme.&lt;br /&gt;Au final, les véritables victimes de cette globalisation juridique, ce sont les peuples, les familles, les individus que ces mêmes institutions sont censés protéger et servir. Mais les serbes ont-ils été libérés du «joug» de Milosevic grâce au TPI ? Les Croates et les Bosniaques ont-ils bénéficié des conséquences de ces interminables simulacres de justice ? La situation locale est-elle meilleure ? Vivable ? Les jeunes générations ont-elles hérité d'un nouvel espoir, d'une nouvelle vie ? La réponse est toujours la même et le spectacle renouvelé de ces événements, qui ont eu lieu il y a plus de dix ans, continuent de hanter les populations locales et de démontrer l'impuissance des riches et des puissants à fabriquer une image de justice mondiale, suprême, bienveillante...&lt;br /&gt;Je remercie ARTE de nous rappeler combien nous autres occidentaux sommes incapables de déployer un modèle nouveau, innovant, de civilisation où les idéaux de justice, de fraternité et de tolérance seraient réalités. Mais peut-être est-ce là un rêve utopique, une illusion qu'il nous faut perdre pour devenir nous aussi des bourreaux indirects de ceux qui ne veulent pas courber l'échine devant le capitalisme triomphant qui domine le monde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-1216180451966511708?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/1216180451966511708/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=1216180451966511708' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1216180451966511708'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1216180451966511708'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/07/la-justice-internationale-comme-arme.html' title='| La justice internationale, une arme contre les peuples |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-5202305650632733537</id><published>2008-06-12T11:30:00.015+02:00</published><updated>2008-08-01T13:19:14.580+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pensée unique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='action'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='culture'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='radio'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='médias'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='rhétorique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='décision'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='conscience'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='télévision'/><title type='text'>| De la formule incantatoire à l'action concrète |</title><content type='html'>La formule incantatoire est devenue le trait caractéristique de la culture moderne. La rhétorique et la puissance du récit ont remplacé l'action concrète et la production de réel permettant à une grande majorité de politiques, de faiseurs d'opinions et de maîtres à penser de s'en tenir à la construction et au polissage de discours pleins de sens mais dépourvus de mise en œuvre. Cette domination du langage s'explique en partie par l'hégémonie sans conditions de l'image sur tous les autres vecteurs, soutenue par les technologies de l'audiovisuel et de l'information permettant désormais de s'adresser à tous partout dans le monde à n'importe quel moment du jour ou de la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lire implique un effort : déchiffrer, puis comprendre, puis assimiler et réfléchir pour finalement faire sien ou rejeter ce qui a été lu.  Lire sans comprendre revient à regarder les alignements de lettres et l'enchaînement des lignes. Et regarder ne comporte aucun effort. Observer et comprendre ce qui est perçu requiert culture et pertinence, mais regarder est à la portée de toutes les créatures vivantes dotées de capteurs oculaires. Les moutons regardent passer le train comme le chien et le berger qui les guident vers les alpages. Tous ont des yeux et si le train explose en marche, il ne fait aucun doute que homme, chien et moutons seront tous stupéfiés puis pris de panique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'image, à la différence de la lettre, a cette particularité de frapper l'esprit immédiatement. Elle est comme la parole dite. L'image frappe l'œil, la parole frappe l'oreille. Ensemble, elles forment un couple performant qui a permis à des générations entières de saltimbanques de divertir les foules, aux hommes de pouvoir de les influencer et aux hommes d'église de diffuser leurs dogmes. il n'est donc pas étonnant à ce que les technologies aient autant développé les moyens de diffuser l'image et le son au détriment de la nécessaire évolution du livre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le livre a toujours été le territoire des élites. Durant un court moment de l'histoire des êtres humains, il a été accessible au plus grand nombre au travers d'expériences telles que la presse, le livre de poche ou l'encyclopédie. La vocation, prenant sa source dans l'esprit des Lumières, était de diffuser les connaissances à tous et permettre l'émancipation vis-à-vis de la religion et de l'obscurantisme dogmatique. Deux siècles plus tard, pourtant inventeurs de l'édition et de la paperasse, les peuples arabes font aujourd'hui une démonstration terrifiante de l'aveuglement religieux. En Chine, inventeurs du papier et de l'académisme, on avait fait cette même démonstration de l'aveuglement idéologique dès les années 1960. A présent, le prix du papier, la désaffection considérable des jeunes générations pour l'écrit, la domination de la rentabilité et de la performance sur l'industrie du livre sont autant de facteurs destructeurs qui ruinent les efforts des esprits éclairés du 18e siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis les années 60, avec la « démocratisation » de la télévision, amplifiée par la révolution de la société de l'information à la fin des années 90, ce sont les médias audiovisuels qui tiennent le haut du pavé et qui dictent leur loi à toute forme de diffusion du savoir ou tout simplement de l'information. Grâce à ces nouvelles technologies, les individus se réinventent une société orale, personnalisée, où la communication passe moins par la relation épistolaire que l'on entretient avec les autres mais par les images et les sons que l'on partage, que l'on transmet, que l'on reçoit massivement à l'échelle de la planète. Car l'image, la musique et d'une certaine manière la gestuelle sont des langages internationaux compréhensibles au-delà des mots et de la langue. Mais ce miracle de la communication qui met en réseau la totalité d'un monde sur un même niveau de transmission des informations cache des décalages dans les réalités de chacun, gomme les différences sous le vernis de la dématérialisation et fait miroiter l'illusion du pouvoir des individus sur les grands systèmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans cette civilisation des images et des bruits, ceux qui manient avec compétence et habileté la langue et les symboles sont capable de produire des effets bien plus efficaces et bien plus durables que ceux produit par le tribun au sénat de Rome de l'Antiquité. Et bien que les orateurs grecs et romains soient encore les modèles des « parleurs » contemporains, la tribune a changé radicalement et le public ne se limite pas à des aristocrates policés et érudits. Car si les mots et les images ne sont que des arguments et des idées pour ceux qui les ont apprivoisés, ils deviennent des armes et des leviers envers ceux qui les méconnaissent et manquent à les maîtriser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi l'avènement de la civilisation de l'image a vu s'établir la suprématie des figures publiques, devenus les idoles modernes du monde du spectacle comme de la culture ou de la politique. On ne vénère plus des statues dans des alcôves de temples à colonnades. On scotche devant la télé en regardant qui la chanteuse milliardaire, qui l'acteur phare, qui l'intellectuel en vogue, qui la personnalité de pouvoir. Dallas et Dynastie sont devenus réalité tout comme par le passé des Jules César ou des Louis XIV avaient fait du divin leur ordinaire. Les écrans de notre vie quotidienne sont devenus les fabriques de la mythologie moderne et des symboles de la puissance, tout comme les cours et les temples l'avaient été autrefois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne compte plus les études, les essais, les pamphlets sur la question des médias et de l'obsession de contrôle dont ils font l'objet. Tous s'accordent à dire que les tentatives de contrôle sont plus fortes que jamais et tous persistent dans l'illusion que ces derniers sont encore un espace de liberté. Le mythe du libre arbitre à la peau dure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais en même temps que s'est développé une rhétorique médiatique, l'individu a été progressivement et rapidement submergé par un flot d'informations. Dans ce flux incessant et en expansion constante, l'individu a découvert l'état de dégradation de son environnement, les rouages trop souvent infâmes de la politique, les décalages effrayants de conditions entre les peuples... Devant ce raz-de-marée, les élites politiques, religieuses, industrielles et même intellectuelles ont développé de nouvelles stratégies et une culture médiatique spécifique. Cette nouvelle culture repose sur les principes anciens mais efficaces de la narration, de l'évocation symbolique, de la mise en scène. Ces principes qui ont constitué le théâtre, l'art du conte, de la dramaturgie, profanes ou sacrés, sont maintenant au service d'une rhétorique nouvelle et incantatoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant des siècles, le contrôle sur les populations s'est exercé en occultant et en restreignant le savoir et l'information. Mais l'explosion des écrans et des réseaux sur fibre optique a complètement transformé les anciens systèmes d'exercice du pouvoir. Tenter, comme le font les potentats chinois, russes ou les monarques du Moyen-Orient, de contrôler et de museler les médias reste une démarche vaine. En plus d'être relativement inefficace, cette stratégie ne fait qu'accroître le sentiment d'injustice et d'oppression qui finit toujours par coûter le pouvoir aux mêmes autorités à plus ou moins long terme. Et même ainsi, ces régimes totalitaires sont forcés de forger un discours, de raconter des histoires qui doivent sembler les plus plausibles afin d'atténuer l'opprobre dont ils feront l'objet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Désormais, les politiques, qu'elles soient gouvernementales, sociales, culturelles, religieuses ou industrielles, sont menées par des professionnels qui savent mettre en scène les événements, puis les mettre en perspective afin de faire valoir un point de vue parfois entièrement contradictoire mais complètement acceptable. Les OGM sont une expérience biologique à l'échelle de la planète dont personne ne connaît les répercussions à long terme, mais les firmes qui les développent n'hésitent pas à faire valoir qu'elles contribuent de manière décisive à lutter contre la faim et la pauvreté dans le monde. La France est la championne du monde de l'utilisation des pesticides dans son agriculture intensive mais elle fait valoir qu'elle est aussi la deuxième exportatrice mondiale de céréales, véritable et lucratif grenier de la communauté européenne. Les compagnies d'aviation sont proportionnellement les plus gros pollueurs de l'atmosphère par les rejets de gaz à effets de serre issus de la combustion du kerosène, mais elles sont aussi les garantes de la fluidité des échanges de marchandises dans des délais imbattables. Les exemples de ce discours paradoxal sont légion. Tout le monde voit midi à sa porte et personne n'est vraiment prêt à faire des concessions surtout s'il s'agit de réduire les profits annuels et de réduire son niveau de vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors devant ce double discours et l'aggravation quotidienne de la situation, que dire et que faire pour ne pas sombrer dans le désespoir et le pessimisme ? C'est là qu'entrent en scène les nouveaux maîtres de la rhétorique incantatoire. Leurs verbes de prédilection sont : devoir, falloir et pouvoir, leurs temps de conjugaison : le présent et le futur simple, leur personne préférée : nous. Leurs analyses sont fines, détaillées, documentées et leurs conclusions sont souvent justes. Leurs styles sont inégaux et l'intérêt qu'ils suscitent est divers. Politiques, journalistes, intellectuels, artistes, penseurs, philosophes, experts, spécialistes, responsables, chercheurs, ils exercent des fonctions reconnues, sont régulièrement invités à s'exprimer sur tous les sujets (y compris ceux qui dépassent leurs compétences) et constituent une sorte de tissu vivant de l'intelligence qui sait ce qu'il en est et ce qui doit être fait. La force de ce tissu : sa capacité d'évocation. « Nous sommes ici, mais nous pourrions être là-bas... Nous voulons changer et nous en avons les moyens... Nous ne pouvons continuer ainsi et il nous faut l'accepter...». Les déclarations d'intentions et les incantations creuses ne manquent pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Force est de constater que ce tissu intelligent produit une littérature considérable qui, pour les raisons que j'ai évoquées, n'est écrite qu'à l'attention des autres membres de ce tissu. Et si elle reçoit une forte promotion, elle sera achetée par ceux qui croient la comprendre ou ceux qui finiront par faire partie de ce même tissu intelligent. Cette authentique élite de la communication constitue également une formidable forge du discours éthique et moral ambiant. En la lisant, ou tout simplement en l'écoutant, à la radio, à la télé, sur Internet, en conférence, on a un aperçu assez précis de l'ensemble de principes auxquels il faut adhérer pour être du bon côté : celui de la raison, de la sagesse, de la bonté, de la bienveillance et du respect d'autrui. Le discours est fort, sensé, exemplaire, indiscutable. Les arguments font mouche et s'imposent comme vérité face aux bassesses de la politique politicienne, aux insolences des marginaux, à l'arrogance de l'argent roi et aux ignominies du pouvoir totalitaire... Mais le résultat en termes d'actions concrètes est généralement nul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceux qui parlent et qui construisent le discours ne sont pas vraiment ceux qui agissent. Alors pourquoi sont-ils ceux que l'on voit le plus sur les écrans ? Pourquoi occupent-ils et elles tout l'espace de dialogue ? Et ce malgré l'atomisation de la presse et des organes d'information... Comment se fait-il que tout le monde, c'est-à-dire la majorité des gens disposant d'une télé ou d'un poste de radio, continuent-ils à écouter et à regarder toujours les mêmes qui répètent toujours la même chose ? Ces questions peuvent trouver réponse que dans la religion. Si je croyais en Dieu, je dirais que c'est l'œuvre du Diable. Mais je pratique le bouddhisme, alors ce doit être l'œuvre de l'obscurité fondamentale... une autre sorte de Diable mais moins symbolique, moins iconoclaste et beaucoup moins amusant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la vérité est que les gens sont pour la plupart allergiques au changement et n'aiment écouter ou regarder que ce qui les conforte et les rassure. Ils savent bien en leur for intérieur que cette attitude les conduit fatalement dans une voie sans issue au bout de laquelle ils seront confrontés, bien trop tard, à ce qu'évoque le vieil adversaire de Cyrano, le comte de Guiche (devenu Duc de Gramont). Il décrit en ces termes cette pente fatale :&lt;br /&gt;« &lt;span style="font-style:italic;"&gt;On sent,—n'ayant rien fait, mon Dieu, de vraiment mal !—&lt;br /&gt;Mille petits dégoûts de soi, dont le total&lt;br /&gt;Ne fait pas un remords, mais une gêne obscure...&lt;/span&gt; »&lt;br /&gt;(&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Cyrano de Bergerac&lt;/span&gt;, Edmond Rostand)&lt;br /&gt;Alors on recherche dans la voix et la figure de ces sages, hommes et femmes de qualité et de renom, la certitude d'être sur le bon chemin, la bonne route, le bon côté, sans avoir besoin de faire, de produire, de créer. Ce qui permet de rester tel que l'on est, de se conformer à ce qu'on a fait de nous et de ne pas en bouger. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout en atténuant et en masquant partiellement les horreurs du monde, notre civilisation de l'image nous noient dans un océan de conformisme et de tranquillité qui nous anesthésie. Et pour ainsi dire, c'est ce que nous voulons. Car nous savons tous ce que signifie de ne pas adhérer à ce modèle complexe et séduisant du conformisme moderne. L'alternative nous place en dehors du système, hors de la société, du salaire, de la carte bleu, des congés payés, de la sécu, du prêt à taux zéro et du crédit d'impôt... L'alternative n'est même pas de devenir marginal, car il ne s'agit là que d'une autre forme de conformisme. L'alternative sera plutôt de résister à l'envie de se soumettre, de lutter contre notre propre indigence, notre fainéantise, notre chère et confortable inertie, de travailler à défaire les habitudes et les hébétudes, de combattre le système sous toutes ses formes et de ne pas tomber pour autant dans le chaos et la sauvagerie. L'alternative est humainement surhumaine. Et personne ne souhaite être surhumain de son propre gré et surtout seul...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors ce soir encore, nous rentrerons en écoutant les incantations de la radio pour retrouver le pouvoir d'achat, ou pour lutter contre les injustices, ou encore se remettre au travail. Puis après avoir couché les gosses, nous irons accomplir le rituel de la télé, les uns en étant pollués par les chaînes dites populaires et les autres en croyant échapper à la pollution sur des chaînes dites thématiques. Mais peut-être que ce soir, on n'allumera pas la télé. On ne parlera pas des non-événements survenus au sein de l'entreprise qui nous exploite sans le dire. On ne fera pas le tour des bobos des gosses ni de leurs notes à l'école.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce soir, il se pourrait que l'on décide de briser le cours de l'habitude et d'en parler, d'évoquer d'autres futurs possibles, une autre façon de vivre et d'envisager très concrètement comment le faire sans pour autant donner un coup de pied dans la fourmilière. Il ne tient qu'à chacun de nous de laisser le monde poursuivre sur sa trajectoire d'auto-destruction. De même, il ne tient qu'à nous, individuellement et collectivement, de nous organiser et de nous mettre en action pour remettre notre monde sur un chemin moins délétère, moins nocif pour nos enfants, moins difficile pour nous tous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je peux invoquer la paix dans le monde comme principal moteur de mon engagement philosophique. Je peux aussi invoquer la culture comme passerelle entre les peuples. Je peux en appeler à une réforme de l'éducation pour permettre l'émergence d'individus autonomes et responsables plutôt que des zombis sans buts et sans âmes. Enfin, je peux dire tout le bien que le bouddhisme peut amener à la société française en particulier et à l'humanité en général. Mais ce qui compte, ce qui restera ce ne sont pas les discours, les appels, les allocutions, les articles ou les livres, mais les actes. Qu'est-ce que j'aurais accompli en tant qu'être humain parmi les autres êtres humains ? Que vais-je laisser derrière moi qui restera pour les autres un encouragement à aller de l'avant, à se dépasser et à choisir l'alternative plutôt que le confort ? Cela, je ne l'ai pas encore accompli et c'est dans cette voie que je continue de m'exercer. C'est cela la pratique du bouddhisme. Alors que perpétuer la rhétorique dominante, redire ce que d'autres ont déjà dit même en mieux, faire l'apologie de personnalités remarquables pour s'attribuer une part si faible de leur mérite ou de leur renom, tout cela n'est en rien la pratique du bouddhisme ni le développement de l'humanité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'éveil représente une alternative notoire et efficace à l'inertie du modèle conforme. Rechercher l'éveil aussi bien par une pratique rituelle que par l'étude philosophique et surtout par une mise en application des principes dans le quotidien le plus trivial est certainement un des engagements les plus difficiles. La discipline personnelle et intérieure qui est requise est mise à l'épreuve des forces prodigieuses qui écrasent chacune de nos journées. Mais cette dynamique représente une authentique révolution intérieure qui permet de se forger une identité dans le réel et d'entretenir avec ce dernier des rapports essentiellement basés sur l'expérience concrète, c'est-à-dire le résultat de l'action manifeste. Ainsi il est possible de vivre l'illumination, en tant que prise de conscience aiguë de la réalité qui nous entoure, dans notre vie quotidienne et de trouver des solutions à nos problèmes personnels et collectifs. Car croire que l'illumination est une expérience que l'on fait à l'ombre d'un arbre dans un cadre bucolique ou exotique, c'est ne rien connaître du bouddhisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le temps n'est plus aux discours et aux déclarations d'intentions. Partout dans le monde, des voix s'élèvent pour dire les injustices et les décalages inacceptables dans une planète rétrécie par la révolution technologique. Difficile désormais d'ignorer ou de feindre d'ignorer le pauvre ou l'affamé à l'autre bout de la planète. Internet et la fibre optique l'ont transformé en voisin de pallier. Difficile aussi de se mettre la tête dans le sable pendant que des firmes transnationales sulfatent les champs, empoisonnent les eaux et les terres et tuent à petit feu la population pour le plus gros paquet de fric. Impossible de ne pas entendre les cris des victimes de cataclysmes, de conflits « régionaux », de régimes totalitaires... Il est temps que chacun de nous prenne ses responsabilités et commence à agir qui localement, qui plus largement, pour en finir avec le monde des trois poisons (violence, rapacité et aveuglement) et tenter de bâtir un monde nouveau qui ne reste pas au stade de l'utopie littéraire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inutile de dire enfin qu'une telle entreprise est à débuter dès maintenant...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-5202305650632733537?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/5202305650632733537/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=5202305650632733537' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/5202305650632733537'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/5202305650632733537'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/06/de-la-formule-incantatoire-laction.html' title='| De la formule incantatoire à l&apos;action concrète |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-6939713791406650964</id><published>2008-05-03T21:47:00.009+02:00</published><updated>2008-05-06T23:51:23.918+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='ANPE'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='emploi'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='chômage'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='profession'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='travail'/><title type='text'>| Renouer avec le travail |</title><content type='html'>Officiellement, les chiffres du chômage ont reculé en France pour la troisième fois consécutive dans les neuf derniers mois. Un peu moins de 2 millions de personnes sont désormais recensées comme demandeurs d'emploi. Le défi, à la fois individuel et collectif, pour surmonter cette situation est, pour nombre d'entre nous, une épreuve quotidienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux millions de demandeurs d'emploi est un chiffre très difficile à se représenter. C'est comme si la quasi-totalité de la population actuelle de Paris était au chômage. Deux million de personnes, c'est aussi la totalité des populations de Marseille, de Lyon, de Toulouse et de Nice réunies, pointant à l'ANPE. Additionnez les résidents de Nantes, de Strasbourg, de Montpellier, de Bordeaux, du Havre, de Rennes, de Reims, de Lille, de St Etienne et de Toulon et vous arrivez au même chiffre incroyable, irréel, impossible à raisonner. Ce qui est trompeur dans les chiffres que l'on entend à la radio ou à la télé, c'est la manière dont ils sont présentés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux, c'est juste un plus un. Et « millions » ne signifie rien de tangible. En revanche, si vous lisez 1 919 600 demandeurs d'emploi, ça commence à avoir une toute autre signification. Commencez à mettre des visages sur ces chiffres, en prenant par exemple des visages de demandeurs d'emploi qui gravitent dans votre cercle amical ou familial et multipliez-le par le chiffre des demandeurs d'emplois en France et vous avez aussitôt le vertige. Alors lorsque le 20 heures ou France Infos annoncent de manière tonitruante que le chômage est en net recul de 1,2%, il faut comprendre que près de 300 000 personnes de 15 à 60 ans (avec une forte majorité de 25-49 ans) ne sont plus recensés dans les statistiques complexes et complètement opaques de l'emploi en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela veut-il dire que toutes ces personnes ont trouvé du travail ? Non. Cela veut seulement dire qu'elles ne sont plus considérées par les statisticiens et leurs systèmes de recensement comme des demandeurs d'emploi. Exemple : vous êtes demandeur d'emploi depuis des mois, voire des années. En décembre, à la faveur des fêtes, vous trouvez un petit job occasionnel qui vous permet de travailler quelques jours. Aussitôt, vous disparaissez des statistiques de l'ANPE, de l'INSEE ou de tout autre organisme pour être fondu dans la masse de la « population active ». Vous n'avez certainement gagné que quelques centaines d'euros, ce qui vous permettra d'envisager les fêtes avec un peu plus d'entrain, mais fondamentalement rien n'a changé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Demandeur d'emploi » n'est pas une fonction dans l'existence sociale et spirituelle d'un individu. Le statut ne donne pas automatiquement droit à une indemnisation puisée dans les innombrables fonds mutuels auxquels nous cotisons tous quels que soient nos régimes sociaux. Cet état nous laisse bien souvent dans une sorte de zone de non-existence dans laquelle il devient rapidement difficile de se définir et de poursuivre sa construction personnelle dans cette vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Selon les tempéraments, chacun aborde différemment cet état social de « demandeur d'emploi ». L'appellation en elle-même a quelque chose de choquant, surtout pour les pratiquants d'une spiritualité qui a pour base la responsabilité et l'initiative personnelles. Le demandeur d'emploi est « en demande ». Et quelle que soit la manière dont on tourne le problème, ou le point de vue que l'on adopte, la société nous perçoit comme un individu « en demande », désormais incapable de produire et dépendant de ce que les autres vont donner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour beaucoup, cette période est le moment de combats importants, pour ne pas dire décisifs, qui nous amènent à dépasser les limites que l'on croyait être le périmètre de notre vie active jusque-là. Ces combats intérieurs et extérieurs ont pour champ de bataille notre vie et les relations que nous entretenons avec le monde qui nous entoure. Ils touchent notre perception de nous mêmes, la sensibilité et le regards de nos proches, la considération et le respect de notre environnement humain. Inutile de dire que ces combats s'accompagnent d'un lot considérable de souffrances diverses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment le bouddhisme considère-t-il le travail ? Quel est sa place dans la pratique quotidienne ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nichiren, moine bouddhiste japonais du 13e siècle, dit dans une lettre &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Réponse à un croyant&lt;/span&gt; (&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Lettres et traités de Nichiren Daishonin&lt;/span&gt;, T3, 307, ACEP) : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Considérez le service de votre seigneur comme la pratique du Sutra du Lotus. C'est précisément ce qui est dit dans le Hokke Gengi : "Rien de ce qui concerne la vie quotidienne ou le travail n'est si peu que ce soit différent de la réalité ultime." &lt;/span&gt;» Cette affirmation était d'un poids bien particulier dans un contexte où perdre son emploi équivalait à une mort certaine pour soi comme pour toute sa famille. Fidèle à son principe de cohérence avec la vie quotidienne, Nichiren explique ici à son correspondant que le service envers son seigneur fait partie intégrante de sa pratique du Sûtra du Lotus. Son travail est une composante de son existence spirituelle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une lecture moderne de cette lettre du 13e siècle nous rappelle que le travail est aussi une part importante de notre développement personnel et le lieu où nous avons de nombreuses opportunités de nous construire. Notre emploi a donc une importance majeure dans notre vie à la fois comme moyen de subvenir à nos besoins, comme théâtre de notre créativité et comme terrain d'entraînement dans l'interaction avec autrui au travers d'une foule de situations souvent imprévisibles.&lt;br /&gt;Socialement parlant, le travail est aussi le garant de notre statut social, de la reconnaissance que nous obtenons de nos pairs et le gage de notre existence et de notre poids au sein d'une communauté. Toutes ces facettes sont contenues dans cette simple phrase de ce moine japonais : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Considérez le service de votre seigneur comme la pratique du Sutra du Lotus.&lt;/span&gt; » La pratique du bouddhisme en particulier et de la spiritualité en général se révèle dans toutes les facettes de notre vie quotidienne et de notre action dans la société. De même, ces dernières s'inscrivent de manière cohérente dans la réalisation de l'éveil. Dans ce contexte, que l'on pratique ou non le bouddhisme, il devient évident que la perte du travail est vécue par n'importe qui comme un handicap social majeur, comme une souffrance morale, comme un vide spirituel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il serait facile dans cet article de démontrer comment la tradition judéo-chrétienne de la culpabilité et du péché ont façonné une sorte de cycle de la souffrance lié au labeur. Puis il serait aisé de démontrer comment les théories marxistes et les concepts libéraux ont indexés le travail sur le profit et réduit la mission de l'individu en ce monde à la seule production de richesses et de biens de consommation. C'est un exercice qui relève de la seule observation des effets, des conséquences et des répercussions. Or, ce qui importe dans la démarche bouddhique de l'école de Nichiren c'est la cause, la motivation, les ressorts intérieurs qui animent les actions humaines. Et quoi de plus significatif parmi les actions humaines que le travail d'un individu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis plus de 20 ans, de nombreux sociologues éminents tentent de construire une rhétorique sur la nature, la valeur et la destination du travail. Tous conviennent de la brutale transformation de celui-ci et de la nécessité de le repenser. Mais d'aucun ne peut apporter de solution concrète pour palier aux souffrances et aux difficultés rencontrées dans le quotidien par ceux et celles qui perdent leur emploi, sont en demande d'une nouvelle activité ou, tout simplement, peinent à retrouver un poste. La réponse à ce besoin de travail et à comment renouer avec le travail ne se trouve pas dans les ouvrages et les discours érudits des chercheurs en sciences humaines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lien que nous entretenons avec le travail ne repose donc pas sur les seules contraintes et limites imposées par les nécessités extérieures. Notre travail, qu'il soit activité ou vocation, relève de ce que nous souhaitons apporter au monde, des causes dont nous souhaitons manifester les effets. Ces dons de soi et de son temps, même s'ils sont gratifiés d'une rémunération, constituent la charpente fondamentale de l'action humaine. Et c'est sur cette charpente qu'il est possible de retrouver le lien qui unit l'individu à son travail, à sa mission, à son « service ». C'est en reconnaissant la nature et la forme de ce « service » en nous mêmes qu'il devient possible de changer notre situation et de quitter la position à la fois dépendante et inactive de "demandeur d'emploi" pour occuper à nouveau la position de membre actif de la communauté humaine. Encore faut-il que cette participation à la construction collective soit désirable... Mais nous verrons ce point un peu plus tard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La perte ou l'absence d'emploi transportent avec elles un cortège volumineux de problèmes et de réflexes négatifs pour soi comme pour les autres. Dans une société réglée sur la productivité et le profit, l'absence d'activité professionnelle et lucrative est généralement ressentie comme un manquement à la citoyenneté et comme une entorse à la vie en communauté. Si vous ne travaillez pas, vous ne contribuez pas. Vous n'avez pas de valeur. La sanction est sèche mais très réelle et d'une actualité brûlante. Combien de slogans politiques commencent par « se remettre au travail » comme si l'on avait choisit de sortir du travail, de subir un licenciement ou d'être remercier à la fin d'une longue période d'essai. L'absence de travail sonne alors comme une absence d'identité sociale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le travail règle la vie quotidienne et s'inscrit dans un cadre rigide difficile à contourner ou à tordre. On travaille le jour, la semaine, aux 35 heures ou peut-être plus, de 9 heures le matin à 18 heures le soir. On travaille ailleurs, hors du cadre familial, au bout de la ligne du métro, du tram, du bus, du train... Rapidement, il est étonnant de voir combien nous avons été capables de créer un mythologie du travail et de nous couper d'une profusion d'alternatives. Cette mythologie détruit la créativité pourtant nécessaire à la production de nouveaux espaces de travail, de nouvelles activités, de nouveaux marchés... comme si le travail ne pouvait se concevoir que dans le cadre conventionnel de l'emploi de bureau ou d'atelier dans une entreprise anonyme et monochrome. Cette vision contribue à nous enfermer dans une image irréelle du travail, tout comme le statut de demandeur d'emploi nous confine dans un rôle tout autant irréel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La France, qui connaît l'un des plus forts taux de chômage de l'Europe occidentale est aussi l'un des pays les moins prolifiques en matière de création d'activités et de nouveaux horizons professionnels. Peu d'études se consacrent à examiner cette pauvreté créative, ce manque notoire d'imagination laborieuse qui se double d'une législation des plus pesantes sur le travail, son coût et la création d'entreprises. Et je dis cela sans me faire le chantre du néo-libéralisme à l'américaine ou à l'anglaise. Essayez seulement d'ouvrir un compte en banque professionnel en France et vous verrez comment cela peut rapidement s'avérer aussi compliqué que de trouver un appartement en location ou de monter un dossier de formation...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc l'absence de travail conduit à une perte d'identité et une exclusion de la fiction sociale communautaire. Mais cela ne s'arrête pas là. L'impact de l'absence de travail et de la rémunération qu'il entraîne se conçoit comme une violence que l'on inflige non seulement au demandeur d'emploi mais aussi à ses proches, à sa famille (s'il ou elle en a une). Le « gagne-pain » reste l'une des motivations première de l'emploi dans notre société en pleine mutation. Il devient alors difficile de rester ouvert à la nouveauté et au changement qui président à la recherche d'un emploi. Les nécessités de la vie quotidienne prennent assez rapidement le dessus et noient les démarches dans une crise humaine permanente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour un pratiquant, comme pour un non-pratiquant, l'absence de travail équivaut à terme à une dégradation considérable de son existence même. Le défi à relever est multiple, le temps est compté et les ressources disponibles en quantité rapidement limitées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paradoxe est que la société ne tolère plus l'absence d'activité professionnelle, ni non plus une activité professionnelle trop peu ressemblante avec les représentations conventionnelles du travail. Mais que de l'autre côté, le travail que propose la société n'a rien de désirable au regard de nos aspirations humaines profondes. Où est l'idéal de construction ? Où trouver le principe de contribution à un grand projet ? Où retrouver cette sensation satisfaisante d'une mission accomplie ? Rien de tout cela ne fait partie de la philosophie actuelle de l'entreprise, ni du monde du travail. La compétition, les rivalités, l'agressivité commerciale et la technicité sont toutes mises au service de l'enrichissement d'un petit nombre au détriment de ceux-là même qui contribuent le plus à bâtir des fortunes et à créer des richesses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans tomber dans le marxisme le plus réducteur, le monde du travail est une nouvelle forme de servage élaboré et sophistiqué qui laisse croire à la plus grande partie de la population que ses efforts redoublés sont la promesse d'une situation de confort paradisiaque telle qu'elle peut en être témoin devant le petit écran ou dans les magazines "people". L'idéal du labeur, l'esprit même du travail, est perverti au profit d'une vision productiviste et purement lucrative de la force de travail. Dès lors c'est la foire d'empoigne. 500 lettres de motivation pleuvent sur la moindre annonce d'emploi dans la seule première journée de parution. Chacun rivalise de diplômes, de stages, de formations pour combler l'absence d'expérience réelle pour le poste. Car il y a toujours un décalage entre la demande et l'offre. Les employeurs veulent de la main d'œuvre qualifiée et disposant déjà d'une expérience. De l'autre côté la légion des demandeurs d'emplois ne sont que rarement formés et encore moins expérimentés dans ces secteurs toujours plus concurrentiels, en constante mutation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui, un professionnel qui reste plus de deux ans en dehors de sa branche a peu de chances de pouvoir recoller aux nouvelles réalités qui l'auront façonnée dans le même laps de temps. Il lui faut continuer de se former et de rester immergé dans son secteur d'activité par tous les moyens possibles s'il ne veut pas perdre pied. Et il est difficile de rester connecté lorsque l'on est au chômage, que l'allocation fond à l'allure de la banquise en été et que les ressources disponibles sont plutôt affectées à la famille et au logement plutôt qu'à l'entretien de la fonction professionnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le contexte est paradoxal et difficile pour les hommes de 30 à 50 ans, mais il devient tragique quand on examine avec soin le sort réservé au femmes, aux jeunes et à ceux que l'on appelle désormais les « seniors ». Les spécificités de ces catégories deviennent des handicaps dans la recherche d'emploi ou dans la simple embauche. La situation familiale, l'éventualité d'une grossesse, l'âge, l'inexpérience, le sexe sont devenus dans notre société post-industrielle d'authentiques tares, des stigmates qu'il vaut mieux gommer le plus possible afin de ne pas inquiéter les éventuels employeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment triompher de cette épreuve et renouer avec le travail ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons tous tendance à examiner les causes de la perte du travail ou les conditions qui empêchent le retour du travail. Jeter le blâme sur l'environnement, sur les conditions extérieures, sur les systèmes, la société ou simplement l'entreprise sont le recours le plus simple et souvent ce nous soulage immédiatement de l'angoisse qui accompagne l'absence de travail. Le nombre d'affaires menées aux Prud'hommes est en croissance si constante qu'il faut maintenant jusqu'à deux années entières de procédures pour aboutir à premier jugement qui est systématiquement renvoyé en appel par l'une des deux parties. Cette évolution en dit long sur l'état d'esprit qui règne autour de la perte de l'emploi et des ressorts qui nous poussent à travailler. Sortir de la plainte (procédurière ou simple expression de notre ressentiment) devient alors le premier de tous les combats. Le bouddhisme enseigne la responsabilité individuelle de la situation personnelle. Il ne s'agît pas de se charger de la culpabilité de la situation mais bel et bien de prendre en main cette dernière et de faire preuve d'initiative en permettant à sa propre situation de changer, d'évoluer, d'aller de l'avant. Loin de moi l'idée qu'il faille abandonner une situation d'abus lorsque l'on en connaît une. Si l'on subit un licenciement abusif ou des conditions de travail indignes, il est naturel et sain de se tourner vers des tribunaux compétents et de demander réparation. Telle est la base même du bien commun que nous partageons, le droit.&lt;br /&gt;Mais il s'agit également de poursuivre sa route et de ne pas rester en attente d'un éventuel jugement favorable comme l'on attendrait une reconnaissance ou une justice qui nous sortiraient de l'ornière. Rien de tel ne peux surgir du jugement des hommes. Quel que soit le verdict, tous les intervenants d'une action ou d'un recours en justice sont irrémédiablement transformés par la conclusion de celui-ci et il ne règle en rien et de manière fondamentale la situation nouvelle à laquelle nous serons confrontés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans sa lettre sur &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Les Huit vents&lt;/span&gt;, le moine Nichiren écrit : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Si l'on se présente devant les tribunaux, on peut aussi bien gagner son procès que le perdre, alors qu'il est tout aussi possible de régler les problèmes à l'amiable. J'ai réfléchi à la manière dont les gardiens de nuit pourraient gagner leur procès. J'ai ressenti une grande pitié pour eux ; ils étaient profondément atteints, car leurs terres et leurs maisons avaient été confisquées, simplement parce qu'ils étaient disciples de Nichiren. J'ai dit cependant que je prierais pour eux, à condition qu'ils ne portent pas plainte. Se rangeant à mon opinion, ils promirent de n'en rien faire. Lorsqu'ils entamèrent par la suite un procès, j'ai craint qu'aucun verdict ne soit rendu, tant sont nombreux les gens qui vont devant les tribunaux pour se retrouver pris dans d'interminables procédures. A ce jour, leur action n'a toujours pas eu de suite.&lt;/span&gt; » (&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Lettres et traités de Nichiren Daishonin&lt;/span&gt;, T1, 229, ACEP) Ainsi, il ne fait que décrire la réalité des tribunaux qu'ils soient du 13e siècle au Japon ou du 21e siècle en France. Le tribunal ne règle pas fondamentalement le sort des individus. Il ne fait que tenter de rétablir un équilibre entre deux points de vue divergents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut imaginer régler l'insurmontable souffrance du chômage par des recours en justice. Pas plus que la solution ne peut venir des institutions pourtant créées dans le but d'endiguer la perte des emplois et pour protéger les travailleurs des aléas de l'industrie. En fait à l'aube du 21e siècle, des phénomènes planétaires de concentrations à la fois de capitaux et de moyens de production ont conduit les institutions du siècle précédent à devenir complètement défaillantes dans leur règlement du chômage, de la protection sociale ou de l'autonomie professionnelle des individus. A l'ère de la mobilité et de la circulation sur l'ensemble du globe, les protections locales n'ont plus aucun pouvoir sinon celui de creuser davantage d'inégalités au cœur même des populations qu'elles sont censées sécuriser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le chômage de masse est un phénomène propice à un règlement bouddhique de la situation. L'action est individuelle et collective à la fois. En effet, le bouddhisme enseigne la responsabilité personnelle, donc l'autonomie de l'action et de l'initiative. Lorsque des groupes entiers de gens s'activent dans ce même esprit de responsabilité alors ils sont capables d'obtenir des résultats tout à fait étonnants. Le propos apparaît utopique mais j'en veux pour preuve l'action des ouvriers de Buenos Aires. Et ce n'est là qu'un exemple parmi de nombreuses autres initiatives similaires partout dans le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 2000, après l'effondrement des banques d'Argentine, plus du tiers de la population de Buenos Aires s'est retrouvé au chômage sans aucune perspective de travail pour des années. Les grandes industries avaient fermé leurs portes. Les industriels avaient pris la fuite avec leurs capitaux et le pays était dans une situation difficile à imaginer. Les gens avaient perdus toutes leurs économies, ne pouvaient retirer de l'argent à la banque faute de liquidité, faute de banques... Pourtant, certains ne se sont pas laissés démonter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le centre de la capitale, un groupe de femmes a décidé de reprendre le travail dans un atelier de couture alors fermé. Elles se sont appropriées l'endroit, l'ont occupé, puis se sont remises à travailler et à fournir des vêtements à des boutiques du coin. Sans argent, sans aide et sans employeurs, elles se sont appuyées sur le tissu social local et ont remis sur pied une activité professionnelle. Responsables et autonomes, elles se sont organisées en coopérative de manière démocratique et ont démarré un mouvement qui a vu fleurir plus de 500 coopératives du même type dans la région. Et quand les industriels sont revenus pour réclamer leurs propriétés, toutes ces coopératives ont résisté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette épopée humaine relatée dans le documentaire de Avi Lewis et Naomi Klein, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;The Take&lt;/span&gt;, fait une démonstration très claire de l'esprit de responsabilité et d'autonomie dont les individus peuvent faire preuve et cela en dehors de toute considération de statut, de classe, de naissance, de culture ou de religion. On y voit comment l'action individuelle de chacun, préalable obligatoire à la réussite, peut se fédérer dans un mouvement cohérent à visage humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Renouer avec le travail passe par une démarche personnelle, une introspection, un exercice spirituel. En opérant cet exercice, il nous faut surmonter les souffrances de la perte de l'identité, de l'exclusion de la communauté et déjouer la tentation de la plainte afin de découvrir notre lien authentique et unique avec le travail. Ce travail n'est plus ressentit comme un simple marchandage commode, mais comme une raison d'être qui dépasse les intérêts de ceux qui nous emploient ou nous exploitent. Ce travail devient une seconde nature et illustre alors parfaitement l'analogie de Nichiren entre la pratique du Sûtra du Lotus et le service envers son seigneur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En considérant le temps précieux que nous passons à travailler, il est crucial d'avoir une considération particulière pour le type, le lieu et la nature du travail, autant que pour les gens que nous serons amenés à y côtoyer. Nous ne donnons pas notre vie pour rien, alors nous devons avoir le plus grand soin de cette facette de notre vie quotidienne. Lorsqu'elle vient à manquer, nous avons la responsabilité personnelle de considérer le lien au travail à la lumière d'une représentation globale et universelle du travail. L'absence de travail n'est ni un châtiment ni une punition. Elle n'est pas la preuve de notre manquement ou de notre incompétence ou de notre incapacité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'absence du travail dans notre vie naît d'un déséquilibre entre soi et le monde en mouvement. Elle est le signal qu'il y a quelque chose à comprendre qui nous permettra non seulement de renouer le lien avec le travail et ses bienfaits multiples mais aussi à découvrir tout un aspect de notre propre personnalité qui serait resté dans l'ombre si le travail n'avait pas manqué. Car ce qui nous manque quand le travail fait défaut ce n'est pas le fruit de ce dernier. Ce qui nous manque véritablement c'est la graine qui donne ce fruit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi le travail n'est pas un moyen, un expédient ou un artifice pour obtenir des bénéfices, des bienfaits ou un quelconque profit. Le travail est une des nombreuses modalités d'expressions de soi, de sa sensibilité, de sa créativité, de sa valeur propre en tant qu'être humain dans une communauté d'autres êtres humains. Ce billet n'a pas pour objectif de donner une recette à ces deux millions d'êtres humains qui n'ont pas à ce jour pu exprimer pleinement qui ils et elles sont. A travers les nombreuses pistes de réflexion qui le jalonne, j'espère qu'ils et elles commenceront à se dire qu'ils ne sont pas seuls mais des millions à désirer renouer avec le travail. Une telle force humaine conjuguée peut produire des effets prodigieux, pourvu qu'un grand nombre aient le même cœur. Et que dans ce même cœur résonne la réalité fondamentale de toutes les activités humaines que j'ose déclarer de manière lapidaire en quelques mots : le travail, c'est nous. Le travail, c'est moi...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-6939713791406650964?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/6939713791406650964/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=6939713791406650964' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/6939713791406650964'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/6939713791406650964'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/05/renouer-avec-le-travail.html' title='| Renouer avec le travail |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-1255674626965722243</id><published>2008-05-03T04:02:00.008+02:00</published><updated>2008-06-03T23:02:51.622+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prière'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='mantra'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='illusions'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='daimoku'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='magie'/><title type='text'>| De la magie dans la pratique du bouddhisme |</title><content type='html'>Que l'on soit cérébral ou intuitif, raisonnable ou excentrique, déterministe ou inspiré, que l'on y croit ou que l'on n'y croit pas, le pouvoir de la Loi de Nam-Myoho-Renge-Kyo dépasse les mots et la pensée. La récitation du Daimoku du Sûtra du Lotus ne laisse personne indifférent et ne manque jamais de susciter des effets en nous, chez les autres et dans l'environnement, souvent de manière inattendue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arthur C. Clarke, l'auteur de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;2001 Odyssée de l'espace&lt;/span&gt; avait déclaré un jour que : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie.&lt;/span&gt; » En effet, cette magie fait partie de notre monde technologique dominé par les sciences dites exactes. Elle est partout, derrière chaque événement quotidien que nous sommes incapables d'expliquer. Comment la lumière naît-elle d'une ampoule ? Comment la fée électricité fait parvenir du courant dans toute la maison ? Comment l'eau courre-t-elle ? Comment l'essence explose-t-elle dans le moteur sans faire brûler la voiture ? Comment l'ordinateur fonctionne-t-il ? Ce n'est pas de la magie me direz-vous, car chacun de ces exemples a une explication rationnelle, scientifique, qu'il est possible de connaître si on s'en donne la peine ou bien que l'on reçoit une formation adéquate. Pourtant, malgré cette mythologie qui voudrait que les sciences seraient en mesure de tout expliquer, 90% des phénomènes de l'univers n'ont pas d'explications définitives. Nous devons nous contenter de théories, de modèles et d'hypothèses. Et il en va de même pour tous les phénomènes terrestres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur notre bonne vieille planète, les autorités de tous pays ont beau multiplier les rapports, alerter la population et produire une quantité incroyable d'informations sur les changements climatiques, il reste que personne ne sait aujourd'hui prévoir, dire ou expliquer comment ces changements climatiques affectent exactement la planète, sa faune, sa flore ou l'humanité qui la peuple. En fait, nous ne savons que très peu de choses et seulement des choses qui nous touchent directement comme, par exemple, que la fonte des glaces du Groenland risque de faire monter le niveau des mers et que c'est une menace pour les villes côtières du monde entier et par extension pour les zones portuaires et pour l'ensemble du dispositif économique maritime. Comme le disait de façon sarcastique le philosophe Bertrand Russel : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Ce que les hommes veulent en fait, ce n'est pas la connaissance, c'est la certitude.&lt;/span&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est bien ça le problème : la somme de nos connaissances, aussi colossale soit-elle, ne couvre que le savoir qui nous est utile et cela ne représente que très peu de choses. C'est ainsi que l'on a pollué l'atmosphère au dioxyde de carbone issu du charbon pendant deux siècles sans jamais se poser de questions sur les interactions avec l'environnement, ou à plus proprement parlé, l'écosystème qui nous maintient en vie. Encore aujourd'hui, nous jetons 438 kg de déchets de toutes sortes par personne et par an sans nous demander réellement comment ces 26 millions de tonnes d'ordures seront stockées, traités, recyclées et surtout quel genre d'impact cela aura sur notre qualité de vie. Mais la magie quotidienne est à l'œuvre. Il nous suffit de déposer le sac d'ordures dans la poubelle de l'immeuble et le lendemain il s'est volatilisé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien&lt;/span&gt; », disait le maître de Platon. La plupart des chercheurs s'accordent sur ce principe socratique que notre connaissance met en valeur toujours davantage notre ignorance du monde. Pourtant, la plupart des gens continuent de se représenter le monde comme fini, comme connu, comme domestiqué. Ces certitudes forment une sorte de croyance illusoire que l'univers est une formidable machinerie certes complexe mais parfaitement et complètement explicable. Rien n'est plus faux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est à ces certitudes sur le monde que se heurtent les expériences de pratique. En effet comment expliquer que la récitation d'un mantra du 13e siècle puisse avoir des effets aussi divers que trouver du travail, éviter un accident, survivre à une épreuve dramatique, rencontrer l'âme sœur, ou tout simplement régler quelque problème bassement matériel du quotidien ? Cette relation causale que nous percevons tous à un moment ou à un autre de notre propre itinéraire de pratiquant semble dévoiler un autre monde que celui expliqué par la science. Dans cet autre monde, il serait possible de contourner les limites ou les chemins tracés par les sciences et d'obtenir les effets voulus. A l'image de la lampe d'Alladin, le Gohonzon (objet de culte de la Soka Gakkai) et la récitation du Daimoku procureraient le moyen de réaliser des vœux, à condition bien sûr d'être clair dans l'énoncé afin de ne pas être trompé sur le résultat par le génie...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès lors s'opposent deux conceptions apparemment antagonistes, celle du pratiquant, ou plutôt du croyant, et celle de l'incroyant. Ce dernier est impuissant face aux événements qu'il doit subir avec bon cœur à défaut de bonne fortune. Le croyant, lui, détiendrait un pouvoir réellement magique, celui de réaliser ses vœux. Il n'aurait donc pas à souffrir les aléas de l'existence. Il pourrait dans une certaine mesure en devenir l'artisan et commander à ces mêmes événements. Malheureusement, ça ne marche pas à tous les coups. Si le génie s'active, souvent il pervertit les vœux ou tout simplement les annulent. On a beau prier, égrener les Daimokus, rien n'y fait, rien ne se passe. La magie devient alors inopérante et nous revoilà plongés dans le monde déterministe où il est impossible de dépasser les limites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nombre de croyants usent de stratégies multiples pour se donner le change lorsque la pratique (la récitation du Daimoku) ne se conclue pas par l'objectif qu'ils ou elles s'étaient donnés. Le premier de ses stratagèmes est la qualité insuffisante de la prière, que ce soit en quantité, en qualité ou en sincérité. « Je n'ai pas assez pratiqué » entend-on. Le deuxième, plus subtil, met en doute la validité ou la valeur du vœu, ou de l'objectif fixé. « Ce n'est pas ce que je voulais vraiment » devient la phrase rituelle. Un troisième stratagème relève de la fiction en émettant l'hypothèse que le vœu amenait avec lui un ou plusieurs effets négatifs invisibles. Cela donne quelque chose comme : « j'ai été protégé de mon propre désir » ou « en fait, si je n'obtiens rien, c'est une protection du Gohonzon... ». Bien souvent ces artifices remettent à plus tard la mise en évidence de la preuve manifeste de l'échec et que ce dernier était en fait une sorte de d'épreuve, de protection, ou de manque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que l'on soit croyant ou pas, la réalité est que la science ne nous dit que peu de choses exactes sur le monde dans lequel nous vivons. Et ce que la science nous dit est partiel, orienté et ne concerne que ce qui nous est utile dans l'immédiat. La science échoue à prédire l'histoire même si elle est capable de concevoir des scénarios. De l'autre côté, la spiritualité n'est pas une lampe d'Alladin qui permet d'obtenir tout ce que la logique nous dénie. L'efficacité de la science comme de la spiritualité reposent sur la perception que nous avons des choses qui nous entourent. La qualité de perception est l'un des traits majeurs de notre capacité à vivre pleinement et librement dans ce monde. Le deuxième trait majeur est la force vitale et la sagesse, qui sont constamment confondus avec la bonne fortune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Essentiellement, la récitation du Daimoku apporte deux bienfaits : la purification des six racines et la manifestation de la force vitale. La première, comme je l'ai ébauché, permet de raffiner la perception que nous avons du monde et ainsi de prendre des décisions les plus adaptées aux circonstances que nous rencontrons dans notre existence quotidienne. Cette purification permet également de construire une représentation du monde, de l'univers, qui tient compte de la réalité fondamentale et non simplement des conceptions que nous projetons sur lui. Ainsi la purification des six racines (les cinq sens et la conscience) permet de percevoir un seul et même monde dans lequel coexistent toutes les représentations de tous les individus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En réalisant cette purification des six racines, la conséquence manifeste est l'augmentation de la capacité de capter et d'employer la force vitale. Chacun d'entre nous, sans même pratiquer, est capable de capter et d'employer de la force vitale. Mais en tant que simple mortel, nous ne disposons que d'une quantité assez limitée de force vitale. Cette quantité dépend essentiellement de son ouverture d'esprit, de son assurance, de sa connaissance de soi-même et de ses ressorts intérieurs, de ses expériences et de sa capacité de réflexion. C'est John Locke, philosophe anglais du 17e siècle qui nous donne, dans son &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Essai philosophique sur l'entendement humain&lt;/span&gt;, la mesure de ces limites : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La connaissance de l'homme ne saurait s'étendre au-delà de sa propre expérience &lt;/span&gt;». Ainsi ce sont nos limites individuelles qui déterminent la quantité de force vitale que nous pouvons capter et employer. Et nous savons combien il est difficile à la plupart d'entre nous de dépasser nos limites individuelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est en purifiant les six racines qu'il nous est possible de manière détachée et sans contrôle de capter et d'employer une quantité considérable de force vitale afin de réaliser des objectifs, des souhaits, que nous avons à l'esprit. La foi soulève des montagnes, dit un autre adage. Il est clair qu'une personne résolue, animée d'une passion ou d'un but précis, qui met en action la pratique du Daimoku verra la quantité de force vitale dont elle a besoin augmenter en proportion. Cette expérience fonctionne d'autant mieux si l'on n'exerce aucune sorte de contrôle ou de manipulation.  « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L'harmonie n'exerce pas de contrôle &lt;/span&gt;» nous rappelle Daisaku Ikeda en citant le philosophe Bergson. En effet, la purification des sens et de la conscience a pour conséquence directe d'harmoniser nos sens, et par extension notre vie entière, avec la réalité complexe formée par toutes les vies. Cette harmonie échappe à la tentative de contrôle que peut exercer la pensée et il n'y a pas de mots qui puissent la cerner et la restituer dans son infinie complexité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A posteriori, quand le bienfait (jap. kudoku) se manifeste, notre analyse de simple mortel nous donne cette forte impression de magie. On décide, on pratique et le bienfait se matérialise. Cela ressemble drôlement à la lampe du génie. Mais il n'en est rien. Nichiren Daishonin dit dans le &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Recueil des enseignements oraux&lt;/span&gt; (Ongi Kuden) : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;le bienfait (kudoku) équivaut à la purification des six organes des sens. Moi et mes disciples, en récitant Nam Myoho Renge Kyo, nous obtenons la purification des six racines &lt;/span&gt;» (G.Z. p. 762). La purification des six racines est le véritable et seul bienfait. Le reste, les résultats matériels et immatériels de la pratique du Daimoku ne sont que la preuve de la purification des six racines. Nul besoin de lampe, nous sommes nous-mêmes le génie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nichiren Daishonin explique, toujours dans le &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Recueil des enseignements oraux&lt;/span&gt;, le sens fondamental de ce qu'est un bienfait (jap. kudoku) et de ce que représente la purification des six racines : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Ku signifie l'apparition du bonheur et la disparition du malheur. Toku (doku) signifie acquérir un mérite. Kudoku désigne l'atteinte de la boddhéité sans changer d'apparence, ou la purification des six organes des sens&lt;/span&gt; » (G.Z. p. 762). Par la récitation du Daimoku, le simple mortel ouvre sa propre vie à la vie et à la force vitale du bouddha qu'il est. Loin d'être un rituel ou une incantation magique, cette pratique concrète est en soi l'éveil et produit toutes sortes de résultats matériels et immatériels. Elle permet de faire personnellement l'expérience de l'état de bouddha, un état de bonheur absolu dans lequel aucun vœu ne reste sans réponse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Daisaku Ikeda définit ce concept d'absolu dans sa conversation autour du Sûtra du Lotus : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;On l'appelle "absolu" parce qu'une personne dans cet état de vie est capable de comprendre le sens de tout ce qui se produit, dans la vie comme dans la société ; on peut l'appeler également sagesse. Quoiqu'il advienne, l'esprit de cette personne demeure calme et inébranlable ; c'est sa force intérieure ; "absolu" aussi parce que l'on peut faire jaillir librement cette sagesse et cette force intérieure des profondeurs de sa vie lorsque cela devient nécessaire&lt;/span&gt; » (&lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Sagesse du sûtra du Lotus&lt;/span&gt;, vol. 4, p. 25, ACEP).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi la perspective magique est celle du simple mortel qui se laisse guider par ses sens limités et sa connaissance partielle du monde. La perspective bouddhique dépasse cette compréhension limitée pour permettre à l'individu de voir le monde tel qu'il est et non à travers du prisme de ce qu'il l'imagine ou de ce qu'il le projette. Cette qualité de perception engendre une capacité pour ainsi dire illimitée de sagesse et de force vitale. C'est grâce à cette nouvelle manière de percevoir le monde et nous-mêmes que nous sommes en mesure de procéder à une authentique révolution intérieure qui a des répercussions sur tout ce qui nous entoure de près ou de loin. L'éveil consiste alors à ne pas se laisser prendre par l'illusion de la magie. Dès lors, par notre pratique, nous devenons les acteurs enchantés devant les merveilles de notre univers.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-1255674626965722243?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/1255674626965722243/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=1255674626965722243' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1255674626965722243'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1255674626965722243'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/05/la-magie-de-la-pratique-bouddhique.html' title='| De la magie dans la pratique du bouddhisme |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-6980425635561601814</id><published>2008-05-02T20:24:00.004+02:00</published><updated>2008-05-04T10:29:18.646+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='éveil'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='psychologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bouddhisme'/><title type='text'>| Où se trouve l'état de bouddha ? |</title><content type='html'>Le bouddhisme décrit la réalité comme un état de transformations constantes et ininterrompues. Devenir est en soi la nature même des choses. Tout est en devenir, donc tout est. Ainsi, on ne devient pas bouddha, on l'est, puis on cesse de l'être, puis on l'est à nouveau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'état d'éveil (ou état de Bouddha) est une condition de vie, une phase dans le temps et dans l'espace durant laquelle on est éveillé et en prise au réel de façon complète, alors que les autres conditions de vie, aussi agréables ou stimulantes qu'elles peuvent être, ne sont que partielles, incomplètes au regard de l'immensité de l'existence universelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La condition de vie du bouddha, l'état d'éveil, pourrait être ressentie comme impraticable du point de vue strictement personnel de l'individu lambda. Comment concevoir quelque chose de l'ordre de l'universel sans se sentir instantanément diminué, voire anéanti par l'immensité de la réalité fondamentale ? Tant que l'on persiste à concevoir l'éveil d'un point de vue strictement individuel sur la seule base de ses conceptions limitées et de son expérience par définition partielle, il est pratiquement impossible de faire l'expérience de l'état de bouddha.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Les dix conditions de vie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Le bouddhisme structure les conditions de l'existence en dix états distincts, perméables entre eux, interactifs et surtout suffisamment fluides pour permettre la translation entre deux états. Cette translation s'effectue à la vitesse de la pensée. Ainsi, nous passons d'un état à l'autre au gré des événements intérieurs et des circonstances extérieures qui surviennent à chaque instant de notre vie. Ce rythme est si rapide que la plupart d'entre nous ne nous rendons pas compte de la succession des états de vie. Il est si rapide qu'il nous est difficile d'avoir conscience de la présence et de l'apparition des autres états tant nous sommes saturé par un état de vie que nous pouvons croire dominant. "C'est plus fort que moi" diront certains. "Je ne peux pas m'empêcher" diront d'autres. Tout le monde perçoit l'influence des différentes conditions de l'existence mais il est rare que les gens se penchent sur la nature de ces différents mondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les dix états de vie font partie d'un modèle assez complexe de représentation de l'existence dans lequel l'origine, l'action et les conséquences de chaque manifestation s'inscrivent dans une mécanique qui régit les rapports entre les innombrables éléments qui composent l'univers. Les dix états sont mutuellement inclusifs et pendant que l'un d'entre eux est manifeste, les neuf autres continuent d'exister à l'état latent, comme en sommeil, avant de surgir au moment prochain. Avant de voir comment les conditions de vie s'interpénètrent, attardons-nous sur ces dernières telles qu'elles sont définies par le bouddhisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les dix états sont divisés grossièrement en trois catégories : les états dit «inférieurs», source de souffrances et de frustrations aussi innombrables que variées, les états dit «supérieurs» dans lesquels nos désirs sont comblés apportant une satisfaction durable mais limitée dans le temps comme dans l'espace, et enfin les états que je qualifierai de «suprêmes» dans lesquels les désirs s'estompent devant des impératifs altruistes et immanents qui apaisent les pulsions et canalisent les besoins dans un rapport de totalité entre l'individu et le cosmos. Ces derniers états sont les plus rares et nécessitent de s'éveiller à la nature fondamentale tant de l'individu que de l'environnement phénoménal qui forme l'espace vital de tous les individus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;L'Enfer, la Faim, la Bestialité et la Haine&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Les quatre états inférieurs sont l'Enfer, la Faim, la Bestialité et la Haine. Cette terminologie, inhabituelle par rapport au vocabulaire classique, traduit plus clairement l'expérience vécue dans ces conditions de vie inférieures.&lt;br /&gt;L'Enfer est évidemment l'expérience de la souffrance et du désespoir dans laquelle plus aucune liberté d'action n'est possible. Cette expérience est souvent caractérisée par des pulsions irrépressibles de détruire aussi bien l'environnement que soi-même. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Faim se traduit par un appétit insatiable pour tout ce qui peut être consommé : nourriture, boisson, argent, pouvoir, sexualité, etc. Cet appétit est sans limites, ne supporte aucune contrainte et ignore l'extinction. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Bestialité est dominée par les instincts au sens propre du mot. La raison et le sens moral n'entrent pas en ligne de compte dans la capacité de jugement de nos actions. L'anticipation à moyen et long terme est purement ignorée et nous agissons en fonction de nos seules nécessités animales de prédation, de fuite, de survie et de reproduction... La Bestialité se caractérise par des relations entre individus régies par la loi du plus fort et la survie du plus apte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Haine se distingue des précédents états par l'émergence de l'ego. Mais ce dernier est entièrement égoïste, replié sur la satisfaction exclusive et personnelle, pervertie par une sensation aiguë de la menace que constituent les autres individus. L'ego est à lui seul la mesure de toute expérience plaçant tous le reste au second plan ou à un niveau inférieur. La reconnaissance de valeurs supérieures à soi est impossible et méprisée. La Haine ne connaît que l'oppression comme mode de relation et la domination comme seule façon de vivre. Les quatre états de vie qualifiés d'inférieurs sont des conditions d'existence prisonnières de schémas imposés par les circonstances, qu'elles soient culturelles ou biologiques. L'individu ne parvient à se soustraire à l'une qu'en tombant systématiquement dans l'autre. Les textes bouddhiques font référence à ces conditions de vie sous le terme de Quatre mauvaises voies, ou Quatre voies négatives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;La Tranquillité, le Ravissement, l'Apprentissage et l'Accomplissement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Les états de vie «supérieurs» se caractérisent tous par une tentative de mise en équilibre entre l'ego (la conscience de soi) et les autres composantes de l'existence, c'est-à-dire les autres individualités et l'environnement. Bien qu'étant des expériences plutôt positives de l'existence, ces conditions de vie sont contraintes à la fois par des limitations physiques (biologie, génétique, climat, écosystème) et des limitations abstraites (culture, langage, relations inter-individuelle, histoire, psychologie). Ces conditions de vie sont la Tranquillité, le Ravissement, l'Apprentissage et l'Accomplissement. Une fois de plus la terminologie employée échappe aux classifications conventionnelles pour traduire la nature de l'expérience existentielle.&lt;br /&gt;La Tranquillité est une expérience du point d'équilibre dans lequel l'ego n'est plus submergé par les quatre états de vie «inférieurs» mais trouve un moyen temporaire de les neutraliser. L'équilibre établi est précaire et menace toujours de basculer à nouveau dans les Quatre mauvaises voies, cependant l'individu expérimente le répit, et par extension une forme de tranquillité momentanée. Cette condition de vie est par nature extrêmement exposée aux influences extérieures.&lt;br /&gt;Le Ravissement est un moment de satisfaction pleine. L'intensité de la joie ressentie est suffisamment forte pour ne pas être gagné par l'influence négative des états de vie inférieurs. La satisfaction ainsi obtenue est éphémère et dépend d'un facteur extérieur. Elle créé l'illusion de s'exclure complètement des expériences douloureuses propres aux Quatre mauvaises voies et procure une sensation de stabilité en opposition à la Tranquillité toujours menacée par le déséquilibre. Si le facteur extérieur s'efface ou disparaît, l'individu expérimente une plongée dans l'un des cinq états de vie précédents. La force du plongeon dépend entièrement de l'intensité du bonheur qui l'a précédé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux conditions de vie, bien que marquant une distance avec la souffrance brutale des Quatre mauvaises voies, ne sont pas moins des expériences de souffrance d'une nature plus élaborée mais tout aussi douloureuse pour l'esprit comme pour le corps. Avec les quatre états «inférieurs», ces conditions de vie forment les six voies vulgaires dans lesquelles l'expérience de l'existence est purement passive, impermanente et initiées, pour tout ou partie, par les circonstances extérieures. Elles sont vulgaires sens propre du terme en ce qu'elles forment l'essentiel de l'existence de la plupart des êtres humains ordinaires.&lt;br /&gt;Les états de vie suivants diffèrent dans ce qu'ils naissent des efforts délibérés des individus à vivre une expérience formatrice en cherchant une certaine forme d'authenticité et de vérité de l'être. Ce sont des états actifs qui ont leurs limites mais où la décision de l'individu l'emporte sur les circonstances extérieures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Apprentissage est l'expérience de la recherche de la vérité au travers des enseignements ou des expériences des autres. Cette condition de vie fait appel à la mémoire individuelle et collective et place l'individu au cœur d'une démarche d'accumulation, d'analyse et de synthèse du savoir. Cet état de vie fait appel aux fonctions cognitives de l'individu. L'Accomplissement, de son côté, est une expérience intérieure dont l'objet est également la recherche de la vérité mais où le moyen passe par la perception intuitive et déductive de la réalité intérieure comme extérieure. Il s'agit d'une démarche proche de l'éveil dans sa définition classique mais plutôt que de s'éveiller à la réalité fondamentale de l'univers, cette recherche s'attache à élucider la nature fondamentale de l'individu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux états de vie, l'Apprentissage et l'Accomplissement sont appelés les Deux véhicules. Ils représentent la recherche de la vérité qui découle de l'éveil à l'impermanence des phénomènes. En faisant l'expérience de ces conditions de vie, les individus gagnent une certaine indépendance vis-à-vis des circonstances extérieures et se libèrent partiellement des contingences de la vie dans les six voies vulgaires. La discipline requise pour maintenir ces états de vie est importante et conduit parfois à la suffisance et à l'auto-satisfaction qui sont autant de freins pour un développement réel de l'être. Pendant longtemps, les Deux véhicules étaient les vecteurs principaux pour la recherche de l'illumination et la réalisation de l'éveil parfait, c'est-à-dire de la boddhéité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;La Dévotion et l'Eveil&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;La tradition du Grand véhicule du bouddhisme, aussi appelée Mahayana, a ouvert un troisième front dans cette recherche inlassable de la vérité fondamentale de la vie. Il est représenté par une expérience de recherche de la vérité par le désir de permettre à tous les êtres de réaliser l'éveil parfait. Il est le premier des états de vie «suprêmes» dans le sens où son expérience est en soi une forme très aboutie d'illumination dont la conclusion naturelle est l'éveil du dixième état de vie, la boddhéité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les deux états de vie «suprêmes» sont la Dévotion, représenté par la figure emblématique du Bodhisattva (littéralement celui qui se consacre à l'éveil) et l'Eveil, représenté par la figure, presque légendaire, du Bouddha (littéralement, celui qui s'est éveillé à la nature fondamentale de la vie universelle).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Dévotion est manifestée par le désir irrépressible de permettre à tous les être de réaliser l'éveil à la nature fondamentale de la vie universelle. En des termes plus classiques, le Bodhisattva recherche à partager le bienfait de la Loi merveilleuse de l'existence avec tous ceux qu'il rencontre. Cette recherche représente la seul et unique mission de sa propre vie et sous-tend l'ensemble de toutes les autres activités spirituelles ou temporelles. La Dévotion s'articule entièrement sur la perception du Bodhisattva du lien qu'il entretient avec tous les éléments constitutifs de la vie et du réseau de liens qui unissent tous les êtres dans une existence commune et inter-dépendante. Une telle perception implique que l'éveil ne peut qu'être collectif et que personne ne saurait en être exclut sans mettre en péril l'éveil des autres. Cette expérience se traduit par la satisfaction qu'apporte les actes altruistes et désintéressés pour soulager la souffrance sous toutes ses formes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A ce stade, l'enseignement du Sûtra du Lotus qualifie les neuf conditions de vie que nous venons de définir succinctement sous le terme de Neufs mondes. Cela permet de mettre en valeur le dernier des dix états, qui se distingue radicalement de tous les autres y compris le neuvième pourtant essentiellement porteur de valeurs éthiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Eveil, ou Boddhéité, est une expérience dynamique impossible à décrire ou à conceptualiser de manière complète. Cependant, il n'est pas faux de dire qu'il s'agit d'un état de liberté parfaite (et non totale) dans laquelle l'individu est capable de recevoir et d'employer tout phénomène qui l'affecte ou qui se présente à lui de quelque manière que ce soit. Mais cette qualité de liberté ne saurait définir à elle seule la condition de vie de l'éveil. La perception complète de la réalité fondamentale de la vie offre également la capacité de comprendre les mécanismes à l'œuvre et par extension de faire preuve d'une authentique sagesse et d'une bienveillance sans bornes. Dans cet état, l'individu peut définitivement résoudre toutes les problématiques sur lesquelles il butte dans les neuf autres états de vie. Dans les textes bouddhiques on trouve comme caractéristiques de l'expérience de la boddhéité : la véritable identité, une liberté parfaite vis-à-vis des liens du karma à travers l'éternité, une existence dépouillée de toute forme d'illusion et un bonheur sans limites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les dix conditions de vie ne suivent pas un schéma d'empilement linéaire. Il ne s'agit pas d'une graduation de l'expérience de la vie mais bel et bien d'une superposition de sphères de perception. Dans l'Enfer, tous les phénomènes sont perçus comme douleurs physiques et mentales, alors que dans la Haine, tout est question de menace, de contrôle et de terreur. Dans l'Apprentissage, tout ce qui survient est information et savoir, et dans la Dévotion, tout est bienveillance et opportunité de développement, d'épanouissement. Les dix états de vie sont comme un arc-en-ciel où les couleurs se mélangent sans pour autant se substituer les unes aux autres. Les neuf premiers états sont comme les nuances visibles et le dixième est la lumière elle-même qui produit toutes les teintes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On comprend à travers cette catégorisation des différents degrés d'expérience de l'existence que l'individu tente, au travers de sa pratique du bouddhisme, de faire en sorte que son état de vie dominant soit davantage dans les états «supérieurs», voire «suprêmes», plutôt que dans les affres des conditions négatives. L'objectif final du bouddhisme étant l'éveil (la boddhéité), le pratiquant recherche, par dessus tout, à expérimenté l'état d'Eveil (ou état de Bouddha) afin de se libérer des chaînes qui l'entraînent dans les cercles vicieux et répétés de son karma. Cette démarche de libération intérieure vis-à-vis de la souffrance constitue l'essentiel de la pratique du bouddhisme.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-6980425635561601814?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/6980425635561601814/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=6980425635561601814' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/6980425635561601814'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/6980425635561601814'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/05/o-se-trouve-donc-ltat-de-bouddha.html' title='| Où se trouve l&apos;état de bouddha ? |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-2769854791966266680</id><published>2008-05-02T20:21:00.004+02:00</published><updated>2008-08-19T19:11:49.645+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='compréhension'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='humanité'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sagesse'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='bouddha'/><title type='text'>| Qu'est-ce qu'un bouddha ? |</title><content type='html'>Bouddha est certainement le terme le plus utilisé et le plus mystérieux du vocabulaire bouddhique. Dans l'imaginaire des néophytes comme de beaucoup de pratiquants, le bouddha est une figure de légende, mythique, auréolée d'une connotation presque divine. Rien ne saurait être plus loin de la vérité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bouddha désigne une personne qui s'est éveillée au principe fondamental de la vie, qui perçoit la véritable nature de tous les phénomènes et qui contribue à permettre aux autres de réaliser un état d'éveil de même intensité que le sien. En Inde, le terme bouddha était à l'origine un nom commun pour désigner un "éveillé" ou un sage illuminé, alors qu'en bouddhisme le même terme désigne celui ou celle qui s'est éveillé au principe fondamental de la vie.&lt;br /&gt;Dans la tradition Hinayana, aussi intitulé "Petit véhicule", le terme désigne celui qui est entré dans le Nirvana, état dans lequel et le corps et l'esprit ont cessé d'être, ou plus précisément ont été éteints comme les braises d'un feu de foyer.&lt;br /&gt;Les principes de la tradition Mahayana, aussi appelée "Grand véhicule" enseignent généralement que l'on devient bouddha, que l'on s'éveille après avoir éradiqué les illusions de ce monde au bout d'une période immensément longue de pratiques austères et méritoires, et dont la progression est marquée par l'obtention des trente deux attributs caractéristiques des bouddhas.&lt;br /&gt;La tradition du Sûtra du lotus propose une définition du bouddha comme celui ou celle qui est doté des trois vertus de souverain, maître et parent, qui est éveillé à la véritable nature de tous les phénomène et qui enseigne cet éveil au gens afin de leur permettre de se libérer des souffrances endurées dans ce monde. Nichiren, moine du 13e siècle, propose une lecture du Sûtra du lotus qui décrit le bouddha des derniers jours de la loi, période de corruption spirituelle au cours de laquelle les enseignements du bouddha historique, Gautama, sage des Shakyas, n'ont plus aucune efficacité. Ce bouddha des derniers jours est le bouddha originel, dans le sens de modèle original, doté des trois propriétés (ou trois corps) du bouddha, manifestant les trois vertus (souverain, maître et parent) mais apparaissant sous forme humaine pour exposer la loi merveilleuse contenue dans le Sûtra du lotus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour simplifier le propos de Nichiren, le bouddha des derniers jours est un homme ordinaire capable de manifester la sagesse du Sûtra du lotus dans sa vie quotidienne afin de faire la démonstration que tout un chacun peut réaliser l'éveil au principe fondamental de la vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A travers l'évolution du bouddhisme en fonction des cultures et des époques qu'il a traversé, le concept de bouddha est passé d'un idéal symbolique et intellectuel presque inconcevable humainement à une réalité spirituelle manifeste articulée sur la foi et accessible à tous indépendamment de leur diversité. Cette extraordinaire proximité de l'éveil fait la singularité du bouddhisme de Nichiren et sa différence réelle avec la majeure partie des autres écoles issues de la tradition bouddhique indienne et chinoise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nichiren évoque cette proximité avec l'éveil dans sa lettre sur L'Atteinte de la boddhéité : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Ainsi le Sutra Jomyo révèle que l'Eveil du Bouddha se trouve dans la vie humaine, montrant que de simples mortels peuvent devenir bouddha et que les souffrances de la naissance et de la mort peuvent se changer en nirvana. Il y est dit encore que, si le cœur des hommes est impur, leur terre est impure, mais si leur cœur est pur, leur terre l'est également. Ainsi, il n'y a pas deux sortes de terres, pure et impure en elles-mêmes. Il n'y a que la pureté ou l'impureté de notre cœur.&lt;/span&gt; » (Lettres et traites de Nichiren Daishonin, T1, p.3, ACEP) Il ne s'agit pas ici de dire qu'être bouddha est une simple question de point de vue. Ce que Nichiren met en lumière dans ce court passage c'est notre propre capacité à produire les circonstances de la réalité quotidienne et la façon d'être et de percevoir cette réalité à la fois individuelle et collective.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est difficile de croire que nous chacun de nous puisse manifester la sagesse, ou la force vitale, ou la capacité d'action du bouddha dans sa vie de tous les jours. Pourtant, Nichiren ajoute, toujours dans la même lettre : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Il n'y a pas de différence entre un bouddha et un simple mortel. Dans l'illusion, on est simple mortel, mais, une fois éveillé, on est bouddha.&lt;/span&gt; » (Lettres et traites de Nichiren Daishonin, T1, p.3, ACEP) Il déclare ainsi que le bouddha n'est pas une créature supérieure ou extraordinaire. Il n'est pas un être doté de pouvoirs surnaturels ou de caractéristiques dignes d'un film hollywoodien. Le bouddha est un individu éveillé à la nature fondamentale de la vie et donc imperméable à la seule apparence des choses de l'existence. Il ou elle manifeste et expérimente, instant après instant, une condition de vie permettant de se libérer des illusions et de détruire les ténèbres de l'ignorance fondamentale qui engendre stupidité, voracité et violence. Cette condition de vie est appelée : état de bouddha.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-2769854791966266680?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/2769854791966266680/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=2769854791966266680' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/2769854791966266680'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/2769854791966266680'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/05/quest-ce-que-le-bouddha.html' title='| Qu&apos;est-ce qu&apos;un bouddha ? |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-2228287762696816970</id><published>2008-05-02T20:18:00.004+02:00</published><updated>2008-05-04T10:29:57.660+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='trésor'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='valeur'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='argent'/><title type='text'>| L'argent et ses petits tracas |</title><content type='html'>L'argent appartient à ces sujets qui, comme les oursins, sont difficiles à attraper sans s'y piquer. Alors qu'il s'agit, dans nos sociétés libérales et capitalistes, du nerf de la guerre comme de la paix, le sujet reste muet et personne n'ose vraiment répondre aux questions soulevées quant à la place de l'argent dans le bouddhisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bouddhisme considère le monde qui nous entoure selon une double perception. Celle du simple mortel ne voit que l'apparence des choses et la force des désirs. Celle de l'éveillé ne voit que la nature fondamentale des choses et la force de la croyance. L'argent (dont je parlerais dans un prochain article sur le Forum du bouddhisme Soka) est une affaire de croyance. On peut même dire que l'argent n'est que croyance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand vous donnez un billet de banque de cinq euros à votre boulanger contre une baguette de pain et des croissants (et la monnaie... merci !), il croit, à raison, que la banque acceptera le billet de banque et qu'ainsi elle créditera une ligne de compte portant son nom dans ses registres de la dite somme. D'un côté vous donnez du papier imprimé dont l'utilité première est indéfinissable, de l'autre vous recevez une baguette de pain et des croissants que vous pouvez manger et qui vous nourrissent. L'argent est donc une promesse commune (celle de la banque, celle de l'état, la vôtre et celle de toute la population du pays) que la valeur du vulgaire bout de papier sera respectée par tous. Tel est le pouvoir symbolique de l'argent...&lt;br /&gt;Cette vision simple et dénuée de subtilités est une vision «éveillée» de l'argent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, l'illusion est forte de croire que l'argent a un pouvoir particulier. Avec 5 euros, c'est la baguette et les croissants. Avec 50 euros, ce sera le bloc de foie gras et la bouteille de champagne. Avec 500 euros, ce sera une semaine à Marakesh. Et que dire de 5 000, de 50 000 ou de 500 000... La valeur symbolique se confond alors avec la valeur d'achat. L'argent n'est plus un moyen commode pour échanger des biens. Il devient une échelle de valeur, un mètre étalon, une référence matérielle. L'argent du simple mortel est la promesse de la liberté, de la libération des servitudes et des limites. En avoir ne signifie pas seulement être riche. En avoir donne la mesure du pouvoir personnel, de la liberté vis-à-vis des règles et des conventions, de l'indépendance par rapport aux autres et à l'environnement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vision du simple mortel fait de l'argent son maître, la force vive de sa vie et la cage dorée qui l'emprisonne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi l'argent n'est ni bon, ni mauvais. Tous ceux qui se savent condamnés par la médecine ou qui sont accablés par l'isolement et la misère du cœur savent bien que l'argent ne fait pas le bonheur pas plus qu'il n'y contribue. L'argent est un commodité intelligente et collective qui démontre notre génie humain et notre capacité à croire ensemble à un même principe symbolique. L'argent n'est pas chargé de peine, ni de mérite, ni d'autre vertu que celle d'être suffisamment léger et mobile pour faciliter la vie de tous et de toutes dans leurs relations d'échanges commerciaux. Le profit réside donc dans la qualité propre de l'argent et non dans ses quantités. La liberté provient alors de notre capacité à ne pas lui attribuer d'autre vertu et à en faire usage selon une ligne de conduite, une éthique, une conscience motivée par l'éveil et la bienveillance. La liberté repose également sur la responsabilité personnelle d'accepter les règles d'usage qui entourent l'argent : ne pas en déposséder autrui par la force ou par la ruse. Cela signifie d'accepter de jouer le jeu du monde du travail, des entreprises et de l'économie tant que ces dernières ne dérogent pas à ces mêmes règles communes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne tient qu'à chacun de nous que l'argent ait une valeur. Sans notre croyance, l'économie monétaire s'écroule. Sans notre adhésion, les systèmes bancaires disparaissent purement et simplement. Sans argent, ce qui se nourrit de l'argent meurt. Il convient donc d'apporter le plus grand soin aux activités commerciales, aux transactions, aux achats et aux ventes que nous faisons, si petites, si ridicules soient-elles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Nichiren recevait des dons, il ne manquait jamais de les mentionner en tête de lettre afin, à la fois, de confirmer leur livraison et de démontrer sa reconnaissance pour le don ainsi fait. Et lorsqu'il lui était demandé s'il fallait exiler ou massacrer les mauvais moines et les diffuseurs de croyances erronées, il répondait qu'il suffisait seulement de ne pas leur faire de dons d'argent. Cette leçon vaut pour les temps modernes et pour d'autres diffuseurs d'illusions et marchands de bonheurs improbables...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La relation à l'argent est terriblement compliquée et nécessite une constante remise en question. Elle est source de terribles angoisses et en des temps comme les nôtres, cette relation est une authentique et légitime souffrance. Il est donc important de la rendre la plus claire possible. Ni mépris, ni désir ne sont nécessaires vis-à-vis de l'argent. Comme l'électricité, l'argent est partout. Il dépend de chacun de nous d'en tirer bénéfice, mais dans une mesure humaine, sans excès. Des trois trésors, celui du grenier a moins de valeur que celui du corps, qui en a moins que celui du cœur. Mais il n'en demeure pas moins un trésor. Ce qui est donc important, ce n'est pas, à mon avis, le regard du bouddhiste sur l'argent, mais comment nous définissons un trésor...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-2228287762696816970?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/2228287762696816970/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=2228287762696816970' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/2228287762696816970'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/2228287762696816970'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/05/largent-et-ses-petits-tracas.html' title='| L&apos;argent et ses petits tracas |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-3423986951943037569</id><published>2008-05-02T20:14:00.004+02:00</published><updated>2008-05-04T10:30:14.555+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='psychologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='croyance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='comportement'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='foi'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='attitude'/><title type='text'>| La foi bouddhique : une façon d'être |</title><content type='html'>Le langage populaire considère généralement la foi comme une adhésion indéfectible et indiscutable à un ensemble rigide de dogmes et de rituels. La foi est ainsi perçue comme une confiance aveugle et déraisonnable, ne laissant place ni au doute, ni à l'autonomie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la langue française, le terme foi a deux sens proches mais subtilement différents. Le plus communément admis est celui de l'assentiment. On a foi dans quelqu'un ou quelque chose, c'est-à-dire que l'on accorde sa confiance à telle chose ou à telle personne. Par extension, cette idée dominante de l'assentiment conduit à la foi religieuse. La définition de la foi spécifiquement religieuse est la croyance aux dogmes de telle religion, ce qui signifie une adhésion ferme et entière à l'esprit de l'enseignement religieux ou bien à l'objet du culte religieux. L'assentiment est une idée philosophique complexe et ancienne qui veut dire à la fois : croire, partager l'avis ou le sentiment, adhérer et consentir. L'assentiment est un mouvement de l'esprit et pas toujours traduit en action. En fait, on peut donner la foi, donner son assentiment, sans pour autant faire suivre ce dernier par une action concrète ou manifeste. Ainsi la croyance est une activité ou une disposition spirituelle, intérieure, qui ne nécessite pas de preuves pour être ressentie. Par opposition, l'acte inverse de la foi est la négation de la confiance, la défiance, le rejet intellectuel de l'objet de la croyance et donc la mise en doute. A la bonne foi on oppose la mauvaise foi, une croyance défaillante dans laquelle le rationnel et la réflexion induisent des éléments discutables qui remettent en question l'ensemble des dogmes ou des objets du culte. En Occident, on oppose alors l'adhésion ferme et entière qui ne connaît pas le doute à l'examen systématique et objectif qui remet en question les termes de la confiance. Pour faire simple, d'un côté il y aurait la foi du charbonnier, de l'autre il y aurait le doute systématique du scientifique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sens second et plus ancien de la foi provient de la notion d'engagement. Foi signifie alors la promesse ou l'assurance de tenir un engagement. C'est ce sens particulier que l'on retrouve dans le serment des vassaux à leurs seigneurs au temps de la féodalité. Foi équivaut à la garantie, à l'assurance qui résulte d'un engagement personnel envers quelqu'un ou quelque cause. On retrouve cela dans le vocabulaire juridique moderne sous la forme de la déclaration sous la foi du serment ou encore le témoignage qui fait foi. Le serment est une notion encore plus ancienne dont les premières traces écrites remontent au Haut Moyen-Âge mais dont on présume qu'elle trouve son origine dans l'Antiquité la plus reculée. Il dérive du sagrament, une affirmation ou une promesse qui prend à témoin un être ou un objet sacré. Le terme provient lui-même du latin sacramentum, le sacrement. Le serment a donc un caractère sacré et met en jeu l'honneur et l'intégrité de celui ou de celle qui le prononce. C'est un acte manifeste et s'inscrit au cœur de la loi des hommes. Ainsi on retrouve nombre de corporations qui fondent leur exercice sur le serment : médecins, magistrats, fonctionnaires, prêtres, soldats, etc. A l'opposé de ce sens ancien de la foi, il y a le parjure et la trahison, le faux serment. Ce n'est plus la croyance, objet abstrait et intellectuel, qui est mise en doute, mais c'est l'honneur et l'intégrité de l'individu en tant que personne digne de foi. L'engagement que recouvre la notion antique de foi a la valeur d'un contrat moral et social qui lie l'individu aux autres de diverses façons. Contrevenir à ce contrat c'est donc contrevenir aux règles qui unissent les individus d'une même communauté. D'un côté, il y a l'honorable citoyen, de l'autre le criminel sans foi ni loi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre pensée est façonnée par notre langue et sa grammaire. Elle nous dit comment comprendre les mots et comment les interpréter dans leurs usages. Ainsi la foi a, pour nous francophones, ce double sens d'adhésion indivise et de contrat moral. Les traditions religieuses occidentales qui sont les nôtres reflètent parfaitement cette double contrainte. Elle est le ciment sur lequel se sont construites nos institutions civiles comme religieuses et forme le socle de notre législation et des règles sociales que nous avons adoptées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La foi bouddhique, ou plutôt la foi à la lumière du bouddhisme, procède d'une toute autre approche. Le terme de foi est difficile à associer au bouddhisme dans un contexte occidental. Pourtant la notion de foi est intrinsèque à l'enseignement bouddhique. En Pali, la langue parlée vernaculaire de la plupart des textes bouddhiques indiens, c'est le terme sadha qui se traduit par la foi. Mais le même terme traduit également les notions de confiance, de clarté ou de dévotion. Littéralement, sadha signifie placer son cœur sur quelque chose. Plus généralement, la foi bouddhique définit le moment qui précède l'expérience, ce moment où l'on se dit que cette expérience intime répond à une recherche plus profonde qui réside en nous depuis toujours. Nous sommes habités par cette sorte de foi à chaque instant du jour ou de la nuit. Suivant ce principe, sans elle, il serait vraiment difficile de tout simplement sortir de son lit et de vivre. C'est cette pulsion vitale que recouvre la notion de foi bouddhique. Elle est donc essentielle à toute forme de vie spirituelle. La foi bouddhique n'a pas de caractère de consentement, ni de subordination à une vérité extérieure, étrangère ou appartenant à quelqu'un d'autre. Il ne s'agit donc pas d'une adhésion aveugle à un ensemble de dogmes. Bien que la foi soit souvent ressentie par les individus comme un espace ou une disposition dans laquelle la censure est omniprésente. On ne peut pas s'affirmer, ni émettre de jugement ou de critique, ni exprimer de doutes. La foi bouddhique est aux antipodes de cette vision restrictive. La foi bouddhique commence par le courage d'avancer dans l'inconnu. Elle implique que nous acceptions le fait d'être ignorants : ignorants de l'avenir, de notre part d'inconscient, de la pauvreté de notre perception du monde... Elle s'oppose à notre envie irrépressible de tout contrôler et de chasser la peur viscérale que nous avons tous de ce qui nous est inconnu et surtout de ce qui pourrait nous apporter un changement quelconque. Surmonter cette ignorance et cette peur, se déterminer à avancer quand même et aller à la découverte de qui nous sommes en nous et dans le monde, c'est là que se construit la foi bouddhique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bouddhisme ne considère pas la foi comme une commodité, quelque chose que l'on a ou que l'on n'a pas, que l'on peut obtenir ou que l'on peut perdre. Il n'y a pas de foi partielle ou de telle ou telle sorte, la bonne, la mauvaise. La vision bouddhique est de percevoir la foi comme une aventure, un voyage, qui permet l'ouverture du cœur. Elle passe par la découverte de l'estime et de l'amour de soi, puis de sa propre capacité à aller vers les autres pour étendre cette estime à l'ensemble des êtres humains. La foi bouddhique s'appuie sur une représentation du monde élargie au maximum, faite de connexions entre les individus et toutes les choses qui composent l'univers. Pour reprendre la traduction littérale de sadha (foi), il s'agit dans la vision bouddhique de placer son cœur dans la vie. Cela suppose que chacun accepte d'avoir un cœur. Il n'est pas question ici du muscle cardiaque qui régule et pompe le flux sanguin dans le réseau extraordinaire de notre système vasculaire. Le cœur est synonyme de l'esprit. C'est le terme citta (Pali) qui traduit le cœur, mais aussi l'esprit ou la capacité de ressentir des les choses, de les percevoir. Cette terminologie commune du cœur et de l'esprit détermine le siège de la foi bouddhique. Il n'y a pas en bouddhisme de clivage entre le cœur et l'esprit, mais l'esprit ne se limite pas au seul périmètre intellectuel tel que le définit la culture philosophique occidentale. L'esprit est à la fois le siège de la perception, de la pensée et de la production des sentiments, des désirs, des émotions. L'esprit en bouddhisme est un ensemble complexe et délicat qui dépasse la représentation que nous avons généralement d'une machine à fabriquer les idées et les abstractions. Cette dernière représentation n'est qu'une partie infime de l'activité et des possibilités de l'esprit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La foi bouddhique est donc un mouvement intérieur dynamique qui tend à manifester dans le réel des résultats concrets. Elle se révèle souvent par phases successives. La première de ces phases est comparable à l'irruption de la lumière dans un endroit plongé dans les ténèbres. On pourrait l'appeler la phase brillante. La découverte de cette motivation intérieure ouvre un vaste champ de possibilités qui inonde l'esprit de perspectives encore inédites. Ces premiers pas dans la foi sont comme les premiers pas dans une relation amoureuse. Tout est beau. Tout est intense. Les moments, le temps, l'atmosphère, l'environnement ont une autre saveur. L'irruption de la foi bouddhique au cœur de notre individu est comme ce flot de sentiments irrépressibles que l'on a pour l'être aimé. Alimentée par la prière et par l'étude, par les rencontres d'autres pratiquants et de leurs témoignages personnels, la foi bouddhique gagne en profondeur et en brillance. Cette progression est traduite au travers de toutes les métaphores et les analogies que le bouddhisme propose pour décrire l'éveil : illumination, polissage d'un miroir, éclat du soleil, etc. Elle est, pour reprendre le parallèle avec la relation amoureuse, comme la découverte de l'autre et cette curiosité candide et émerveillée qui l'accompagne. A ce stade la foi bouddhique est essentiellement spontanée. L'adhésion se fait sans discussion ou pas du tout. Elle suit une sorte d'enchantement spirituel qui nous donne des ailes et nous donne l'impression que tout est possible. Les questionnements subsistent mais ils sont occultés par l'intensité et l'éclat de cette foi bouddhique toute neuve qui surgit des profondeurs de notre vie. Elle va évidemment être confrontée au réel et les questionnements vont alors se faire plus vifs à mesure que l'individu dessine les contours de sa nouvelle représentation du monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La phase suivante est celle de la preuve actuelle, ou manifeste. Tous les nouveaux pratiquants l'ont expérimenté à un point ou à une autre de leurs progressions dans la foi bouddhique, le réel offre une résistance plus ou moins forte à cette évolution intérieure. C'est pour cela que le bouddhisme enseigne de ne rien croire sur parole mais plutôt de tout expérimenter par soi-même et de vérifier la réalité de la foi bouddhique. Ainsi, nous entrons alors dans une phases ou consciemment nous posons des défis, formulons des projets, émettons des vœux et tentons de les réaliser. Cette phase est aussi l'encouragement du bouddha. Nichiren déclare ainsi : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Réciter le nom du Bouddha, lire le Sutra, ou simplement offrir des fleurs ou brûler de l'encens, tous ces actes seront source de bienfaits et de bonne fortune dans votre propre vie. Avec cette conviction, mettez votre foi en pratique. Ainsi le Sutra Jomyo révèle que l'Eveil du Bouddha se trouve dans la vie humaine, montrant que de simples mortels peuvent devenir bouddha et que les souffrances de la naissance et de la mort peuvent se changer en nirvana.&lt;/span&gt; » (Lettres et traités de Nichiren Daishonin, T1, p. 3, ACEP) Il encourage ainsi les pratiquants à mettre la foi en pratique, à l'éprouver au feu de la vie quotidienne. C'est dans cette phase de vérification de la validité de la foi bouddhique que nous nous éloignons de la vision strictement occidentale. Mettre la foi en pratique implique de mettre en doute l'enseignement, de mettre en doute ce qui nous a été transmit. Il nous faut alors le mettre en pratique, en faire l'expérience, pour vérifier par nous-mêmes le pouvoir de la foi dans notre vie quotidienne. Là où la mentalité occidentale oppose la foi et le doute, la pensée orientale fusionne les deux dans une démarche de lucidité et de recherche de la preuve. Cette remise en question est bien souvent quelque chose que nous détestons profondément, surtout à une époque de recherche du plaisir immédiat, de la réponse instantanée, du « tout et tout de suite ». Nous préférons de loin recevoir une vérité toute faite, ne pas avoir à y réfléchir ni à la valider par notre propre expérience. Notre vision occidentale de la foi nous conduit au consentement et à la fidélité, pas au questionnement et à la validation. Mais le message du bouddhisme est clair, comme le répète Daisaku Ikeda dans une phrase lapidaire et apparemment simpliste : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le bouddhisme est le combat contre les idées reçues.&lt;/span&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La phase de validation de la foi bouddhique ne s'arrête jamais. Pas plus que la phase de découverte qui la précède. Ces deux phases deviennent des facettes d'un mécanisme de mise en pratique de la foi. C'est ainsi qu'une troisième phase se met en place, celle du développement du cœur. Une fois de plus il ne s'agit pas de considérer le cœur séparé de l'esprit. Car cette troisième phase de la foi n'est plus confinée à sa propre personne mais s'étend à l'ensemble des autres êtres humains. La foi bouddhique rejoint et dépasse la notion d'engagement que l'on trouve dans la définition occidentale de la foi. Elle la rejoint en ce que la foi bouddhique implique un élan moral et social vers tous les êtres humains sous la forme de la bienveillance. Cette sorte de bienveillance considère tous les êtres humains à l'aune de l'état de bouddha inhérent en chacun d'eux. Elle implique donc une attitude de respect sans limites pour la dignité du moindre individu, mais aussi du moindre animal, de la moindre forme de vie. Elle dépasse la notion d'engagement car elle n'est pas articulée sur une contrainte de serment sacré, mais sur une perception éclairée de la réalité de la vie et de la mort. Cette expérience permet de se libérer des contraintes morales pour parvenir à une adhésion complète et indivise en vertu de la nature même de l'univers et du réseau infini de liens qui relient toutes formes de vie. Nul besoin de l'injonction ou de l'exercice d'une force ou d'un pouvoir en faveur du bonheur du plus grand nombre. Ainsi dans cette phase de développement, il ne s'agit plus seulement de sa propre construction individuelle mais bien de celle de tous ceux avec qui nous créons des liens, proches ou éloignés, fins ou puissants. Nous avons foi dans notre capacité à décider et à faire et nous avons foi dans la capacité des autres d'en faire de même, unis dans un même mouvement pour le bonheur du plus grand nombre. Cette capacité de diffusion, non plus par le prosélytisme du discours mais par l'engagement solidaire et humaniste est la caractéristique la plus distincte de la foi bouddhique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces trois étapes fonctionnent comme des mécanismes d'une machinerie bouddhique qui n'a qu'une seule application universelle : permettre à chacun d'expérimenter par lui-même et par elle-même la force vitale développée par l'état de bouddha. La quatrième et dernière étape de la foi bouddhique aboutit naturellement à la constitution, tout au long de la vie, d'une conviction profonde, vaste et indestructible. Profonde parce qu'elle s'enracine dans la manière d'être de l'individu. Vaste parce qu'elle est connectée à toute forme de vie et tout particulièrement aux autres êtres humains. Indestructible parce qu'elle est la matière dont sont faites les pensées, les paroles et les actions de chaque instant. Cette dernière phase n'est pas une destination finale, un point Omega où l'homme fusionne avec quelque chose de plus grand ou de plus fort. Ce n'est pas non plus un couronnement, une arrivée, la fin de la course. Cette phase est comme l'étage le plus haut d'une fusée, où se trouve la capsule qui embarque quelque astronaute vers une aventure sans fin. Car la constitution de cette conviction absolue se gagne au travers de toutes les aventures de la vie, de tous les combats intérieurs, de toutes les transformations invisibles, d'une existence au service de sa propre révolution humaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous traversons tous ces quatre phases au cours de notre pratique et de notre exercice de la foi bouddhique. Bien sûr, elles ne se présentent pas aussi simplement que ce que je viens de décrire, ni aussi simplement que Nichiren Daishonin les décrit dans son traité &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Sur les quatre étapes de la foi et les cinq étapes de la pratique&lt;/span&gt; (Lettres et traités de Nichiren Daishonin, T6, p. 233, ACEP). Mais ce qui est important c'est de se rappeler qu'il nous est difficile d'échapper à la manière dont nous percevons les mots et les notions qu'ils recèlent. Il nous faut faire l'effort de chercher les significations que ces notions avaient dans le contexte qui était le leur avant d'être importé dans nos propres courants de pensée. En soi, la foi bouddhique a été pensée et définie par les penseurs du bouddhisme comme une activité à niveau d'intervention multiple et non seulement comment une affinité spontanée et intérieure. Elle n'a pas été conçue comme le consentement à des règles et à une vérité extérieure, mais plutôt comme la manifestation de la force vitale à l'œuvre au cœur de chaque personne, animal, arbre, rocher... Je le répète : la foi bouddhique n'est pas quelque chose que l'on reçoit, que l'on obtient, que l'on possède ou que l'on peut perdre. Elle est une manière d'être dans le monde et d'interagir avec tout ce qui le compose. Au delà des dogmes et des règles religieuses, la foi bouddhique nous emmène sur un terrain plus vaste de transformations permanentes, de développements constants et d'une incroyable et prodigieuse diversité de situations. Son exercice nous permet d'écrire l'itinéraire singulier d'une vie capable de produire non seulement le bonheur personnel mais aussi de contribuer à l'épanouissement de la communauté humaine et de son environnement vital. Plus qu'une façon d'être soi, la foi bouddhique permet à chacun de nous d'être le monde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-3423986951943037569?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/3423986951943037569/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=3423986951943037569' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/3423986951943037569'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/3423986951943037569'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/05/la-foi-bouddhique-une-faon-dtre.html' title='| La foi bouddhique : une façon d&apos;être |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-1358671728857977622</id><published>2008-05-02T20:10:00.003+02:00</published><updated>2008-05-04T10:30:31.987+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='action'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='karma'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='révolution'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='décision'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='attitude'/><title type='text'>| Les hasards du Karma |</title><content type='html'>Le hasard, la chance, la fatalité, la providence... autant de notions étranges qui échappent à la raison et se substituent à l'existence d'une puissance divine supérieure pour ne laisser place qu'à des probabilités et des statistiques. Mais quelle est donc la place du hasard dans le bouddhisme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Hasard" est dérivé d'un mot arabe du Maghreb, az-zahr qui signifie en premier lieu, la chance.&lt;br /&gt;La définition dure et indigeste du hasard est : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Cause, jugée objectivement non nécessaire et imprévisible, d'événements qui peuvent cependant être subjectivement ressentis comme intentionnels.&lt;/span&gt; » (Trésors de la langue française). Dans le langage ordinaire cela exprime un manque manifeste de causes apparentes ou intelligibles à un phénomène ou à un ensemble de phénomènes. Les choses surviennent mais nous n'en comprenons pas l'origine, ni le mécanisme, ni parfois même les conséquences. Ainsi, on invoque le hasard lorsque l'on est incapable intellectuellement de comprendre ou d'expliquer un événement qui nous arrive de manière imprévue ou improbable. On l'invoque également lorsque l'on ne peut calculer ou anticiper ce qui va se dérouler ou survenir, et encore lorsque l'on ne veut ou ne peut pas entrer dans les détails de la causalité de tel ou tel événement... En bref, l'invocation du hasard exprime l'incertitude que nous ressentons au sujet des causes et des conséquences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis la nuit des temps, la philosophie, la religion et la science sont particulièrement fascinées par le hasard. D'un côté, l'expérience spirituelle individuelle et subjective tente de découvrir des raisons, des origines au hasard lui donnant les noms de providence, de destin, de fatalité, puis plus récemment de synchronicité ou de congruence. En Orient, c'est la notion de Karma qui est associée au hasard, mais d'une manière plus complexe que nous développerons tout à l'heure. La science, pour sa part, s'est efforcée de démystifier et de démythifier les "coups du sort", les "aléas" du hasard, en démontrant que nombre d'événements étaient déterminés par des causes jusque là ignorées ou invisibles. Ainsi les sciences sociales, la psychologie, la biologie, la physique, l'écologie, etc. ont permis de transformer des phénomènes apparemment anarchiques en événements "normaux", "prévisibles", voire "logiques".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi le combat commun de la science et de la spiritualité se feraient contre le hasard, symbolisant ici l'inconnu. Cette idée persistante est de plus en plus contestée par les recherches scientifiques les plus avancées et par de nouvelles représentations religieuses de la conception de l'univers. Dans ces dernières, la prodigieuse diversité du vivant, l'incroyable complexité de la matière et l'infinie variété des relations qu'entretiennent toutes les composantes de l'univers ne manquent pas de laisser penser qu'une intelligence supérieure préside à l'harmonie et à l'évolution de ce vaste ensemble spatio-temporel. Si la plupart des théories créationnistes sont complètement contestables et parfaitement ineptes pour certaines, cette nouvelle offensive ne se situe plus dans le champ de la vérité religieuse dogmatique. Les défenseur de l'intelligent design ne sont pas seulement des religieux, il sont aussi des scientifiques, des journalistes, des élus... Les enjeux ne sont plus d'offrir une alternative à la seule vérité scientifique, mais de replacer l'homme, le vivant et la création dans un ensemble spirituel dans lequel le hasard n'est rien d'autre que cette intelligence supérieure impalpable et transcendante à l'œuvre dans l'ensemble de l'univers. Le hasard, c'est le divin, ces "voies impénétrables" que l'intellect ne peut saisir, ni énoncer. C'est ce que traduit la boutade d'Albert Einstein : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito.&lt;/span&gt; »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De leurs côté, les scientifiques athées ne sont pas en reste et se sont emparé du hasard et de l'improbable pour en faire une partie majeure des représentations et des modèles de l'univers. Ils ressuscitent ainsi les travaux et les théories de nombreux antiques grecs déjà fascinés par les probabilités et les jeux. Le hasard n'est plus en science relégué à l'anomalie ou à l'accident dans les lois des séries. Il devient une composante intégrale de la recherche et de l'observation du monde. Il est les aléas de la mécanique quantique ou des la théorie cinétique des gaz, l'imprévisibilité des maladies multifactorielles de la médecine et de l'épidémiologie, la contingence de l'évolution du vivant dans la biologie et la zoologie, les méthodes aléatoires de la sociologie et de l'ethnologie, les probabilités de l'économie... L'incertitude est donc devenue partie de l'arsenal des mécanismes scientifiques afin de prédire les phénomènes. Jacques Monod, biologiste de renom et prix Nobel de Médecine pour ses travaux conjoints avec François Jacob et André Lwolf en génétique, résume ainsi le rôle du hasard dans le travail du scientifique : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Beaucoup d'esprits distingués, aujourd'hui encore, paraissent ne pas pouvoir accepter ni même comprendre que d'une source de bruit la sélection ait pu, à elle seule, tirer toutes les musiques de la biosphère. La sélection opère en effet sur les produits du hasard, et ne peut s'alimenter ailleurs; mais elle opère dans un domaine d'exigences rigoureuses dont le hasard est banni.&lt;/span&gt; » (J. Monod, Le Hasard et la nécessité, Paris, éd. du Seuil, 1970, p. 135.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que l'on soit scientifique ou bien religieux, le hasard semble désigner la part inconnue, encore incomprise par le premier et inconnaissable pour le second.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais qu'en dit le bouddhisme ? Existe-t-il une théorie du chaos ou bien un principe d'incertitude dans l'immense corpus théorique du bouddhisme, tous courants confondus ? A ma connaissance, il n'y en a pas. Ce qui ne veut pas dire que le bouddhisme rejette l'idée de hasard. Cela signifie seulement que le bouddhisme, la philosophie ou discipline de l'éveil ne consiste pas dans la démystification ou la résolution du hasard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bouddhisme s'articule sur une théorie centrale dans la philosophie orientale : la théorie de l'action ou dite du "Karma". Sans revenir longuement sur le principe (qui est décrit dans l'article en lien direct sur le Forum Soka), il est important de garder en mémoire que la théorie de l'action, le Karma, est un mécanisme existentiel et non un principe scientifique. Cela signifie que toute forme de pensée, d'expression et d'acte produit des conséquences physiques dans le réel et des conséquences psychosomatiques dans les êtres. Ces conséquences ont pour effet d'engendrer davantage de pensées, d'expressions et d'actes, produisant toujours plus de conséquences dans des proportions parfaitement incalculables. Il est donc pratiquement impossible de connaître ou de comprendre les ramifications du Karma, ou plus simplement de l'influence de toutes les vies sur notre propre vie. C'est sur cette notion d'ignorance rationnelle et intelligible que le bouddhisme construit son système philosophique. Il n'y a donc pas de chose inconnaissable. Il y a juste trop de choses à connaître en une seule vie pour un seul individu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dite ainsi cette déclaration est particulièrement déprimante. En effet, si je ne peux connaître les raisons de mes problèmes, souffrances et frustrations, il m'apparaît évident que je ne puisse pas m'en défaire et donc que j'en sois perpétuellement prisonnier. C'est ce constat que fait le bouddha et c'est sur ce cycle que travaille sa philosophie : sortir du cycle de la souffrance pour entrer dans un cycle du bonheur. Pour ce faire, le système de pensée philosophique bouddhique propose d'utiliser la même théorie du Karma qui pourtant nous maintient dans la souffrance. En dépit des habitudes, des probabilités contraires et des facteurs inconnus qui président à l'existence humaine, la démarche bouddhique propose de travailler à construire à partir de maintenant et sans rejeter le passé, une nouvelle réalité personnelle compatible avec la réalité du Karma.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beaucoup plus facile à dire qu'à faire, me direz-vous et vous aurez raison ! La démarche est une authentique discipline d'éveil. Il s'agit d'harmoniser la perception que nous avons du monde et de nous même avec les réalités manifestes de notre vie comme de celle de notre environnement. Cette harmonie passe par accepter le présent tel qu'il est et non à l'aune d'un éventuel passé glorieux ou d'un futur prometteur. Une fois cet état adopté et renforcé, il s'agit alors de produire un présent conforme à nos désirs de bonheur et non plus prisonniers des schémas douloureux du passé. Cette discipline se double d'un réel éveil aux liens qui rattachent notre vie individuelle à celle de tous les autres êtres humains, à celle de toute vie et plus généralement à l'ensemble des phénomènes de l'univers, y compris tout ceux que l'on ne pouvait évidemment pas prévoir ! Ainsi le système de pensée bouddhique n'accorde aucune sorte d'importance au hasard en tant que donnée inconnue ou en tant que mystère divin. La philosophie du Sûtra du Lotus, tout particulièrement, s'accorde sur le fait que le principe de vie est d'ordre mystique, mais l'élucidation de ce mystère n'est pas le moyen pour parvenir à l'éveil. Le véritable enjeu pour l'individu sur le chemin de la pratique du bouddhisme est de réformer les cycles et les séries désastreuses pour sa propre vie comme pour celle des autres, puis de produire toujours davantage de cycles et de séries créatives pour lui comme pour les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce processus, intitulé révolution humaine par Josei Toda et très largement développé par Daisaku Ikeda, forme la base essentielle du bouddhisme Soka tel qu'il est proposé par le mouvement Soka à travers le monde. Très distinct des pratiques ésotériques de nombreux courants bouddhiques et orientaux, le bouddhisme Soka se préoccupe de la transformation intérieure des individus afin de leur permettre d'éliminer la frustration et l'impuissance dans les cycles qui animent leurs vies personnelles. Ainsi libéré, l'individu est capable de mettre en action son potentiel créatif, quel qu'il soit, et de manifester une réalité positive tant pour lui-même que pour tous ceux avec lesquels il a des liens. Dans cette démarche philosophique et éthique, le hasard est compris comme un ensemble d'opportunités de développement de sa propre vie qui permettent davantage de créativité et de production de valeurs positives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la question : pourquoi moi ? Le bouddhisme répond qu'il s'agit d'une "chance" de se développer encore et toujours. Au "pourquoi" le bouddhisme substitue le "comment". Au hasard, le système de pensée bouddhique donne le sens de bonne fortune. Cette dernière connaît évidemment des revers, mais ils sont également des opportunités que l'on peut encore utiliser à bon escient et finalement transformer les échecs en éléments constitutifs de la victoire. La pratique du bouddhisme n'est donc pas une tentative de résistance aux hasards, ni un moyen d'influer sur le hasard. Elle est la discipline permettant de faire face à la réalité quelle qu'elle soit et d'en tirer le meilleur profit possible dans la situation qui est la nôtre à ce moment là sans subir l'influence d'un passé douloureux ou de fantasmes de lendemains meilleurs. Au final, le hasard c'est une autre manière de regarder la vie sans s'encombrer des causes multiples de ce qui nous arrive. Les situations sont là et maintenant il faut faire avec sans les nier, les ignorer ou simplement les masquer. René Barjavel a écrit ces mot extraordinaires qui résument la recherche vaine que nous avons de vouloir influer sur les innombrables détours d'une existence : « &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Les hommes croient choisir leur femme : c'est toujours la femme qui harponne. Mais sa décision n'est pas libre non plus. Elle est le résultat des rencontres, des humeurs, du milieu. On se marie par hasard. Il y a des hasards heureux. &lt;/span&gt;» (R. Barjavel, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Colomb de la Lune&lt;/span&gt;, Gallimard Folio, Paris, 1962)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous nous plaignons souvent des hasards malheureux, mais quand est-il de ces innombrables hasards heureux qui fourmillent dans nos existences ? Ne serait-il pas plus constructif de nous concentrer sur ceux-là plutôt que sur les autres...?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-1358671728857977622?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/1358671728857977622/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=1358671728857977622' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1358671728857977622'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/1358671728857977622'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2008/05/les-hasards-du-karma.html' title='| Les hasards du Karma |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-8813174301043872096</id><published>2007-11-27T11:52:00.003+01:00</published><updated>2008-05-04T10:30:47.887+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sociologie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='démocratie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='représentation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='politique'/><title type='text'>| Soka Gakkai et la tradition démocratique |</title><content type='html'>La question de la démocratie soulève de multiples interrogations. La confusion qui règne sur la notion même de démocratie est, en France (et ailleurs), l'une des principales sources de polémiques à l'intérieur et vis-à-vis du mouvement Soka. Mais Soka Gakkai est-elle une organisation démocratique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans sa définition, Soka Gakkai est une société, c'est-à-dire une association de personnes physiques ayant pour objet commun la création des valeurs telle qu'elle est comprise au travers de la Théorie des valeurs (Kachi Sozo), exposée et pensée par T. Makiguchi. Ce dernier l'avait pensée comme un club académique d'enseignants et de personnel du système pédagogique japonais. Mais très rapidement, Makiguchi va réunir la théorie de la création des valeurs et la pratique du bouddhisme de Nichiren Daishonin dans un seul et même mouvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entouré d'un groupe d'intellectuels et d'enseignants, il mène une action de prosélytisme assez forte mais localisée dans le Japon expansionniste des années 30. La soka (Kyoiku) Gakkai de l'époque n'a pas de structure politique et ne fonctionne pas selon un schéma de représentation démocratique. Le recrutement dans l'organisation académique procédant de l'adhésion au culte du bouddhisme de l'école Nichiren Shoshu, les responsabilités et les positions sont dépendantes du nombre de convertis, modéré par le niveau d'érudition religieuse. Le corps monastique conserve à cette époque un ascendant puissant hérité des structures médiévales de l'administration Tokugawa. il demeure le garant de l'orthodoxie religieuse et philosophique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De manière objective, on peut constater que tout au long de l'expansion agressive de l'empire japonais sur l'Asie (Chine, Corée, Birmanie, etc.), la Soka (Kyoiku) Gakkai ne s'inscrit en résistance ni à la militarisation du pays, ni à l'invention d'une fiction nationaliste et patriotique nippone, ni même à la subversion des institutions publiques au pouvoir fasciste de l'ère Meiji. Que ce soit dans la Révolution humaine (D. Ikeda), ou la Nouvelle révolution humaine (ibid.) ou même la Révolution de M. Gan (J. Toda), le détail des activités de M. Makiguchi et de la Soka (Kyoiku) Gakkai sont parcellaires et imprécis. Et pour ce qui est des opinions politiques ou des débats d'idées de l'époque, il n'y a quasiment aucune référence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela ne signifie pas que l'organisation d'éducateurs construite par le premier président du mouvement Soka collaborait avec le pouvoir militaire japonais. Cela ne signifie pas non plus que les centaines de membres de cette organisation académique adhéraient aux idéaux nationalistes et bellicistes du Japon en guerre. Dans le contexte historique d'une société sortant à peine du Moyen-Âge, culturellement féodale et dominée par un culte religieux de l'autocrate impérial, il est probable que les pionniers japonais, en majorité issus des couches éduquées, aient entretenu des débats et des discussions animées sur les réalités politiques et sociales de leur temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui reste de cette époque, ce sont des photos en noir et blanc, qui nous donnent un sentiment d'extrême éloignement dans l'histoire et entretiennent une vision mythologique de ce moment pionnier et contemporain. Il reste aussi l'opposition farouche du président Makiguchi à la soumission de toutes les institutions religieuses au Shinto, érigé en culte d'état. Ce ne sont pas les ingérences institutionnelles, ni les surveillances policières qui sortent Makiguchi et son disciple Toda de leur réserve. C'est l'obligation de remplacer le Gohonzon par l'amulette Shinto (Kamifuda) qui mettra en action la résistance de Makiguchi, la lâcheté et la trahison de la Nichiren Shoshu et finalement la répression militaire qui enverra l'ensemble des dirigeants de l'organisation en prison pour crime de lèse-majesté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première Soka (Kyoiku) Gakkai était une société de forme collégiale, assez informelle articulée sur les mécanismes traditionnels japonais, c'est-à-dire des mécanismes de castes féodales et de respect inconditionnel de l'autorité. Les principaux acteurs de cette organisation des débuts étaient à la fois passionnés par l'éducation et par le parallèle entre une certaine forme progressiste de pédagogie sociale et le bouddhisme traditionnel japonais. La construction de la culture Soka des origines n'a pas besoin du concept de démocratie puisqu'elle n'est pas une organisation à but politique mais plutôt une société savante ayant une forte composante sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Soka Gakkai de Josei Toda, au sortir de la capitulation japonaise, n'a rien à voir avec l'organisation de son mentor. Cette nouvelle Société pour la création des valeurs est un mouvement populaire à vocation sociale, construite sur un fond religieux traditionnel. La Soka Gakkai que rebâtit Toda s'apparente plus aux courants évangélistes ou aux associations d'entraide européennes. Ce n'est plus le rapprochement philosophique entre la pédagogie et le bouddhisme qui servait de socle à Makiguchi, mais la superposition du bouddhisme de Nichiren Daishonin et de la création de valeurs dans la société qui anime le discours énergique et inspiré de Josei Toda. Sa propre expérience mystique individuelle, dont il livrera les détails dans ses propres écrits, certains de ses discours et dans sa correspondance, lui sert de fil conducteur pour mettre sur pied cette nouvelle organisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La deuxième Soka Gakkai démontre une structure parfaitement pyramidale articulée sur la structure urbaine propre à la société japonaise. Les cellules locales sont agrégées en groupes de cellules représentées par des responsables désignés et non élus par l'échelon supérieur. Ces groupes sont eux-même agrégés en formation régionales, elles-mêmes rassemblées en formations nationales. A chaque échelon, les représentants sont désignés par les cercles de l'échelon supérieur. Cette structure est à l'image de l'organisation traditionnelle des entreprises japonaises, qui imite le système d'organisation traditionnel asiatique d'influence confucéenne. La Soka Gakkai de Josei Toda n'a rien d'une association collégiale et dispose d'une structure fortement hiérarchisée et fonctionnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La forme de démocratie qui s'exerce au sein de la Soka Gakkai japonaise des années 50 n'est ni participative, ni représentative, du moins pas au vrai sens du terme. Ce qu'elle a de particulier, c'est sa forme universelle d'expression. La démocratie s'exerce dans la participation motivée et individuelle de chaque pratiquant au travers de l'expérience du bouddhisme de Nichiren Daishonin sur le terrain de sa vie quotidienne. La démocratie s'exerce donc par le témoignage. C'est une démocratie testimoniale. Elle permet à chacun de faire pleinement l'expérience du bouddhisme de Nichiren à son niveau individuel par delà les échelons de l'organisation, l'ancienneté, le statut, l'origine, etc. C'est donc l'agrégation de toutes ces expériences personnelles qui forme la force motrice du mouvement depuis sa base jusqu'à son sommet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Successeur de Josei Toda à la tête d'une organisation déjà dynamique et pesant socialement assez lourd sur une partie de la société japonaise, Daisaku Ikeda va lui aussi transformer la Soka Gakkai en une institution organique à dimension internationale. Son objectif n'est pas de porter un message de type évangélique à travers le monde tel un missionnaire bouddhiste, mais plutôt de sortir le bouddhisme de Nichiren de son carcan culturel japonais. C'est à ce seul titre, l'une des expériences philosophiques et religieuses les plus extraordinaires de notre temps. C'est ce mobile qui va alimenter la transformation institutionnelle qui fabrique la troisième Soka Gakkai, celle de Daisaku Ikeda.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette Soka Gakkai quitte, entre le début des années 60 et le milieu des années 70, sa structure militante (et parfois militaire) proche des grandes fédérations syndicales ou des organisations paroissiales, pour devenir une véritable institution intégrée à tous les niveaux et toutes les couches de la société japonaise. C'est sous l'impulsion du président Ikeda que va se créer le Komeito (parti politique), les universités Soka, les diverses institutions culturelles et patrimoniales (Musées Fuji, Min-On), d'abord au Japon puis à l'extérieur. C'est aussi sous son impulsion que se tissent des liens académiques dans toutes les grandes universités du monde, ainsi qu'avec un nombre considérable d'institutions culturelles majeures. Cet effort intérieur et extérieur conjugué aura pour effet notable la création d'une nouvelle entité, la Soka Gakkai Internationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout au long de cette séquence relaté de façon assez romancée (mais plus excitante que cet exposé) dans la Nouvelle révolution humaine (D. Ikeda, ACEP), un clivage s'est creusé entre les partisans du conservatisme national essentiellement religieux et les défenseurs d'une institution sociale et politique en quête d'affirmation de son identité laïque. Bien que très éloigné de la conception de la laïcité à la française, le Japon a hérité, par sa constitution et par l'occupation étrangère, d'une laïcité à l'américaine. Cette influence majeure se ressent dans bien des discours et des textes de Daisaku Ikeda des années 80 et début des années 90. Cette opposition entre une vision traditionnelle et monastique et une perspective humaniste et laïque du bouddhisme de Nichiren conduit au divorce, puis à l'exclusion pure et simple de la Soka Gakkai du courant de la Nichiren Shoshu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Soka Gakkai de Daisaku Ikeda a conservé la démocratie testimoniale qui forme toujours le moteur organique de l'institution internationale. Une autre facette est venu enrichir ce type particulier de démocratie sous la forme de la responsabilité sociale individuelle. Jusqu'à la banqueroute personnelle de Josei Toda, au début des années 50, les pratiquants, ou plutôt les militants, ne participaient pas de manière pécuniaire à la gestion ou au fonctionnement financier de Soka Gakkai. Ce revers de fortune permit à Toda de comprendre qu'il ne pouvait endosser la mission de faire vivre le mouvement seul et surtout permit aux militants de participer activement à la construction de la Soka Gakkai. Cette pratique du don est à rapprocher de la pratique du don dans les religions de salut universel occidentales telles que l'Islam (où le don est l'un des cinq piliers de la foi) ou la tradition hébraïque où les synagogues sont exclusivement soutenue par les dons de la communauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Soka Gakkai de Daisaku Ikeda a non seulement encouragé le don comme pratique religieuse individuelle mais aussi valorisé ces dons par la construction de centres de pratique et de centres culturels, par l'édition d'une littérature abondante et diversifiée, de multiples organes de presse et par des actions culturelles efficaces et visibles. C'est cela qui a contribué à investir les pratiquants contemporains d'une véritable responsabilité sociale individuelle. Ainsi le pratiquant exprime son identité par son expérience personnelle du bouddhisme et aussi par son engagement personnel dans le développement de la société civile qui l'entoure. Cette forme subtile et non autoritaire de la démocratie se reflète dans le type d'expériences relatées dans les publications internationales de Soka Gakkai. Elles transparaissent également dans la multiplications des rubriques et des articles dans les organes de presse des associations étrangères au Japon et concernant tous les domaines de l'activité sociale des individus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui frappe de prime abord, c'est l'absence d'intérêt de la Soka Gakkai pour la démocratie représentative ou même une démocratie d'opinion. Parallèlement, il est étonnant de voir qu'une organisation aussi structurée laisse une marge d'action considérable à ses adhérents dans leur engagements personnels. Comme si à l'encontre de l'image de conformisme et d'homogénéité, la Soka Gakkai s'inscrivait en creux d'une société apparemment lisse et autoritaire. Son fonctionnement ne repose donc pas sur les mécanismes classiques des enjeux de pouvoirs et d'influence, même si ces derniers ne sont pas absents de la dynamique interne et de l'intégration au sein de la société. Le levier n'est donc plus la capacité à contraindre, mais la capacité à créer des valeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la perspective d'une institution organique, Soka Gakkai propose à ses pratiquants d'être les représentants d'un idéal philosophique tout en étant les acteurs autonomes de la construction d'une société basée sur la création des valeurs. La démocratie qu'elle propose ne s'appuie ni sur la force de pression du groupe, ni sur la force charismatique des élites. La démocratie Soka s'exerce par l'expérience personnelle concrète, l'engagement individuel dans la société et l'autonomie par rapport aux institutions. La recherche du pratiquant est donc celle de l'intermédiation, du dialogue et de l'exemplarité à opposer à la compétition, à la subordination et à l'affrontement qui est le lot usuel de l'homme ordinaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi de la définition de démocratie, c'est-à-dire le "pouvoir du peuple", la philosophie Soka donne une lecture inédite. Elle désigne l'individu comme cellule fondamentale et propose la responsabilité personnelle comme mode d'expression du pouvoir. Le pouvoir, c'est la création individuelle et volontaire des valeurs (beauté, bonté, bénéfice)... Le peuple, c'est moi, c'est toi, c'est chacun d'entre vous...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-8813174301043872096?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/8813174301043872096/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=8813174301043872096' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/8813174301043872096'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/8813174301043872096'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2007/11/soka-gakkai-et-la-tradition-dmocratique.html' title='| Soka Gakkai et la tradition démocratique |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5654503642492919417.post-2580062907875147974</id><published>2007-09-23T01:02:00.003+02:00</published><updated>2009-09-13T18:22:47.078+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='prière'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='mantra'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='croyance'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='magie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='foi'/><title type='text'>| Le miracle de la prière |</title><content type='html'>Bien que les concepts de Dieu et du divin soient particulièrement malmenés par le modernisme et le culte de la science, il n'en va pas de même pour la notion de miracle. Pourtant, le miracle est par essence l'œuvre du divin, la manifestation du décalage entre les hommes et Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tant du point de vue symbolique que du point de vue strictement philosophique, le Divin est ce qui nous dépasse et ce qui nous relègue au rang de créature... Sa créature, au même titre que Sa création. Albert Camus disait "Maudit soit ce monde qui nous relègue à Dieu..." A la fois provocation intellectuelle et cri du cœur, cette déclaration traduit l'incontournable tournure d'esprit occidentale qui continue de voir du Dieu partout et dans tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bouddhisme est par définition une philosophie athée. Et ce malgré la profusion de divinités dans l'imagerie, dans le statuaire, dans les concepts, dans le corpus de textes. Le bouddhisme classe les créatures divines au même rang que tout le reste des phénomènes. Elles ne sont pas ce qui nous engendre, nous les humains, mais une autre sorte de créatures aux limites et aux fonctions différentes. Il n'y a aucune filiation entre les dieux et nous. C'est le contraire absolu de la tradition judéo-chrétienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Loi fondamentale de la vie (voir l'actuel cours de gosho sur le sujet dans Troisième Civilisation) n'est pas un principe générateur, qui serait à la source de toute chose, tels le Dieu d'Abraham, celui de Moïse ou encore celui des Evangiles. La Loi merveilleuse n'est pas non plus la cause initiale, car en Bouddhisme, il n'y a pas de moment initial, pas de moment zéro, pas de temps mort. La Loi merveilleuse est le principe par lequel le monde des phénomènes se développe sans cesse passant de l'état manifeste à l'état latent et inversement : vie, mort, vie mort, vie, mort, vie...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Myoho Renge Kyo, le principe qui imprègne tous les phénomènes de l'univers, n'est pas une force transcendantale ou une énergie intelligente. Elle serait instantanément en dehors du champs de l'Homme, et donc dans le plan du divin. Le principe de Myoho Renge Kyo est le lien dynamique qui unit tout ce qui est dans la réalité absolue. Pas d'autres mondes, pas de dimensions parallèles, rien qu'une seule réalité infinie en perpétuel renouvellement, propulsée par les mouvements des êtres sensitifs et non-sensitifs qui la peuplent... Et nous sommes parmi ces êtres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'étonnement, la magie du miracle, provient de ce que nous sommes bien souvent incapables de recevoir le bienfait de la pratique de Nam Myoho Renge Kyo, c'est-à-dire la prière. Elle réoriente notre existence individuelle dans l'axe de la vie universelle. Nos sens s'ouvrent à de nouvelles réalités physiques et intellectuelles, intérieures et extérieures, dans le temps (passé, présent, futur) et dans l'espace (moi, les autres, l'univers). Par la prière, ma vie individuelle est en harmonie, en phase, avec l'univers et collabore de son plein gré avec tous les phénomènes, au delà de mes préférences personnelles. Mais ces dernières participent aussi à la construction, instant après instant, de la vie universelle. Par la prière, j'établis un lien permanent, jour après jour, avec la vie de tous les autres êtres sensitifs et non-sensitifs. Mon individualité et mes représentations du monde, nées de mes limites physiques et intellectuelles, cessent d'entraver ma capacité à participer, moi-aussi, à la farandole extraordinaire de la vie sous toutes ses formes. Ainsi, prier c'est vivre pleinement dans l'harmonie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais dès que la prière s'arrête, les sens reviennent à l'état normal. Cet état normal est construit sur des conceptions limitées et des représentations partielles. Cet état normal est mon obscurité fondamentale personnelle. Alors quand un désir émit pendant la prière voit sa réalisation, l'état sans limite que j'ai expérimenté pendant la prière surgit dans mon petit univers bien normal. Je suis soudainement submergé par ce souvenir et tout devient merveilleux tout au long du temps de la réalisation de mon désir. D'un seul coup mon petit univers individuel est bousculé par la puissance de l'univers sans limite. Le vertige, le décalage entre la vie de l'univers et la mienne, est tel, que je ne peux me résoudre à croire que je suis l'artisan de ce bonheur... Alors je cherche la réponse dans une réalité qui me dépasse, et donc Dieu, ou le divin, m'apparaissent comme une réponse satisfaisante et un soulagement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi cette diversion est-elle si simple ? Pourquoi cette réponse divine d'une réalité transcendantale nous vient-elle si naturellement ? Parce que nos conceptions limitées, nos représentations partielles, reposent sur notre volonté intérieure et inaltérable à vouloir contrôler notre environnement afin d'échapper à la souffrance sous toutes ses formes. Notre obscurité fondamentale, notre ignorance du monde, est entièrement nourrie par cette insatiable volonté de puissance. Et plus nous avançons, plus nous découvrons le monde, plus la volonté s'exerce car plus il y a de choses qui semblent incontrôlables et de souffrances qui nous menacent. Ainsi nous inventons du divin afin d'enfermer intellectuellement ce trop plein de l'univers qui nous choque, qui annule nos conceptions, qui nous poussent à nos limites, qui atomise notre représentation... Sans cesse, nous bataillons pour maintenir la réalité telle que nous la voulons, au lieu de l'accepter telle qu'elle est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette lutte, cette guerre permanente, se manifeste comme une tension continuelle dans notre vie quotidienne. Et bien souvent, nous cédons à cette tension en manifestant les trois poisons de l'existence : aveuglement, voracité, rage. Parfois nous portons le combat intérieur dans le champs extérieur de notre quotidien. Parfois, nous contenons la bataille à l'intérieur et elle nous consume et nous endommage au point de nous faire perdre la raison. Dans une telle obscurité, le moindre point de lumière, la moindre bonne nouvelle, est comme un éclair dans la nuit, soudain, inespéré, magique...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La prière apaise et dissout la tension du combat intérieur. Elle oblige l'ensemble des désirs et des conceptions qui nous habitent et nous définissent à s'orienter vers l'objet de culte. Tout ce qui nous fait en tant que personne s'organise selon un schéma pacifique et harmonieux qui n'oublie personne, n'élimine personne, ne cache rien. La prière est ce pouvoir tant attendu qui permet de remettre de l'ordre dans le chaos et de s'éveiller au fait que mon ordonnancement personnel participe aussi à la marche de l'univers. Quels que soient les motifs, la colère s'éteint, l'avidité s'étanche et la bêtise se dissipe pour laisser voir l'univers comme un incroyable réseau de liens, à la manière des oiseaux qui perçoivent des routes dans le ciel, où les pisteurs qui voient sur le sol nu des chemins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La prière est le moteur. La prière est l'instrument qui me guide dans l'infinie diversité de la vie. La prière n'est pas le résultat de la croyance, elle est la manifestation de la foi. En récitant Nam Myoho Renge Kyo, je m'entraîne chaque fois davantage dans l'harmonie avec le reste du monde. Ce chemin n'est pas immédiat. Il commence, il se poursuit. Parfois il s'arrête, pour recommencer plus tard, plus loin. Plus je m'entraîne, plus je découvre et plus je grandis. Si l'univers est sans limites, alors je le suis aussi. Et je n'ai plus peur. Car la prière abolit la peur, terrasse l'illusion et me libère du regard atrophié, mesquin et angoissé que je portais sur moi et sur le reste du monde. Et quand je m'arrête de prier, l'écho continue de faire résonner son œuvre tout au long de mon jour comme la vibration d'un gong qui ne diminuerait jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors nul besoin de Dieu ou de magie. Le miracle est là, et il est permanent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5654503642492919417-2580062907875147974?l=valeurs-humaines.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/feeds/2580062907875147974/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5654503642492919417&amp;postID=2580062907875147974' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/2580062907875147974'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5654503642492919417/posts/default/2580062907875147974'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://valeurs-humaines.blogspot.com/2007/09/le-miracle-de-la-prire.html' title='| Le miracle de la prière |'/><author><name>Pierre-Alexandre Xavier</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12312738675148862516</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='24' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/-5HBIkCbKfsw/Ts_ksx3PKeI/AAAAAAAAAKQ/Nn8XRntMD2g/s220/maton_pax.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry></feed>
